‹ Histoire du Congrès de ParisChapitre 40 sur 43 · SOS HISTOIRE · texte numérisé non relu

SOS HISTOIRE

pendantes, le Gouvernement ^ œainliendra dans la résBr^ qu*il s'est imposée, et qu'aucune eotreprise donnant lieu à une émission t!e valeurs nouvelles ne sera autorisée pendant le

cours de celle année. »

Eiièi produii. Celle dorlaration du (i ivememenl fui asf^oz bien arcucillie. Le monde (mander s'en émut quelque peu cependant, et de nombreuses entreprises, qui étaient alors en irole de préparation, crurent y trouver des sujets d'alarmes sérieux.

Ui soirées Le UK^mc jouF, 11 T eut soirée et spectacle aux Tuik-i n^. Au- Détails, cun des Plénipolenliaires n'avail dîne au château, mais le soir ils se trouvèrent tous réunis dans la galerie de Diane. La troupe du Vaudeville joua un proverbe, et la féte se termina par un divertissement musical.

Ce soir-là. le preiriier Pléni[)oienliaire Russe et M. de Bu* 4» loin de s'éviter, causèrent longtemps ensemble avec une certaine animation, mais aussi avec cordialité. Les deux diplomates, pour être plus libres, s'étaient tenus un peu à Técari derrière les spectalears. Ils n'en furent pas moins très-remar-

qués.

Pendant l'intermède, le Baron de Bruimow s'approcha dus interlocuteurs, et prit part à l'entretien. Un peu plus tard^ le Comte Orloff échangea quelques paroles avec l'Empereur, qui s'entretint aussi avec le Comte Walewski en présence du Plénipotiiiluiire lUisse. 11 va sans dire que ces petits détails étaient le lendemain le sujet de toutes les conversations du monde polit i (pie. On était, du reste, au beau ûie.

Selon le correspondant d'un journal, le Comte Orioff, malgré sa réserve habituelle, avait laissé entrevoir, dans une des dernières soirées, (jue les choses étaient fort avancées et qu'il n'était pas impossible « qu'on en eût bientôt lini. » Lord Clarendon, de son côté , ne cachait pas qu'il était content de ia situation, et laissait espérer, conmse le Comte Orloff, un prompt dénoûment. c Personne, dans les salons, ajoutait le cbroni-

queur, n'adresse de queslious aux Pléiiipolenliaires sur ce qui s'esl passé dans le sein du Ck)iigrès. Ce serait presque leur Hure une iiy ure que de les interroger, après rengagement qu'ils ont pris et qui est connu de tout le monde. Mats on ofoserre avec une alleu i un. um v uiiositL' et une sollicitude extrêmes leur ligure, leur altitude, leur langage, leur air de |)rcocci]patien ou de satisfaction, et parfois quelques personnes, autorisées parleur position ou par leurs relations avec quelqu'un d*entre eux, lui demandent s*i1 est content de la marfhe et de réUit lies choses. On reiiiai([uo ffue, à ces solliciia lions d'une curiosité bien légitime, les Plénipotentiaires répondent d'autant plus facilement et de bonne grâce, que la réponse doit être très-favorable. La privation absolue de renseignements dirais et positifs fait rechercher avec empressement ces vagues indications, et les fait accutiliir partout avec une vive satisfaction quand il est permis d'y apercevoir de nouvelles apparences d*un bon résultat* o

Au point oîi en étaient les travaux du Congrès, la question L'admission de l'admission de la Prusse, tenue jusque-là en suspens, de- '^^'rcIoi'M? vait être résolue. Elle le fut afiirmativement sur la propo- ^J^^^^ sillon de la France.

Dans la séance du 28 février, lors de la discussion destinée à fixer la marche de la négociation générale , H. le Comte Walewski avait fait remarquer qu'il y aurait lieu, quand les Plénipotentiaires alH^rderaieul ia discusMoii du i»araprapl!e relatif au renouveliement de la convention des détroits, de s'enquérir des Puissances qui suaient appelées à y concourir* Le Comte Orloff, ainsi que le Comte de Buol, ajoutèrent que la Prusse serait naturellement invitée à y prendre part, et le Comte de Clarendon adhéra à cet avis, suUï» la réserve que la Prusse ne devait être invitée à juirliciper à la négociation que lorsque les principales clauses du traité général seraient arrêtées.

Dans la séance du 10 mars, quand M. le Comte Walewski émit Topinion que le moment lui paraissait venu d'inviter la

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Prusse à se faire représenter au Congrès» on ne fit donc au-

runo ôljjiMiion sérieuse conlre la luoposition; seuleoiont, il était facile de voir qu'elle n'était pas également agréable à tous les membres de rassemblée.

Cette décision, prise dans un pareil moment, c*est^-dire lorsque le Congrès ayait déjà vidé toutes les questions qui impliquaient l<i jiai\ ou la guerre, ne pouvait plus, cependant, préseiiler que tics avantages i>uur l'œuvre à laquelle les Plénipotentiaires mettaient la dernière main. La Prusse allait à son tour donner son adhésion aux conditions d'une paix glorieuse pour nous, et consommer la dissolution de la Sainte-Alliance.

Le Roi (le Prusse recul avec une vive salisfaclion rinvii.iiiaii adressée à son Gouvernement, et Jkl. de Manleulïel, qui s'empressa de se rendre à Paris pour assister aux Conférences comme premier Plénipotentiaire, eut le bon goût de laisser entrevoir, sans cliercher à diminuer l'importance du service rendu, que la Prusse savait l^^s-bien à quelle liauie iiUer\ention elle devait la place qu'elle venait occuper au Congrès.

Cette décision importante ne fut connue à Paris que le 13, mais dès le 12 on en parlait comme d'ime chose plus que probable, et la Bourse, vivement impressionnée, saluait la nouvelle par un rnouveinenl (1(^ hausse tn^s-nrononré. Le 13, on apprenait que le ministre plénipotentiaire de France près la cour de Berlin avait remis la veille à M. de Manteuffél une dépêche de M. le Comte Watewsld invitant la Prusse à se faire représenter au Congrî»s de Paris ^ Plusieurs journaux firent oiïserver assez judicieusement que l'invitation adressée à la Prusse étant motivée sur cette circonstance que la Conférence en était arrivée à la discussion du traité de 1841, — traité signé t>ar la Prusse, — et l'objet de cette discussion ne consti-

1 L'invitation exprimait confidentiellement le désir des Puissances contractantes de voir la Prusse représentée par le ministre président du Conseil.

tuant i»as une des clauses di* la paix, il v av.-iil liou «le tiuirc que les hases do la pai\ étaient déjà délinilivenienl arrèlées.

En attendant ramvée des Plénipotentiaires Prussiens, le ^n'^^- Gongrès poursulrail ses travaux. La huitième séance eut lieu en caosrès. le 12 mars. Ia veillo. le Comte Walewski dminail un grand diuer auquel a^>l^UlM'ld les Plénipotenliains oi luub les membres <lu Corps diplomatique. Après le dîner, les sommités du monde ofGciel et beaucoup de dames se réunissaient dans les salons de l'hôtel des affaires étrangères, où il y avait concert par les |)reraiers snjels de l'Opéra et du Théâtre-Italien.

Les ié« ('[»iions iiuiii>léiielles se sucri-ilaioiil saii> iiilejuiil- Lc» tence. Cliaque jour amenait une invitation nouvelle aux Fié- niiuistéricîic» nipotenUaires. C'était à qui les aurait. £n une seule semaine, ils avaient dtné chez le prince Jérôme Napoléon, à la légation d'Autriche et chez les ministres d*État, de la marine, de la justice, de> travaux luililics cl des air,iire> élraiigèies. Tous les honorables diplomates no supportèrent pas également hion cette existence. Quelques estomacs prolestèrent et durent se reposer pendant un ou deux jours.

Le jour de la neuvième séance, le Mmiteur publia la note suivante relative à 1 admission delà Prusse :

« Le Con£^r^s ayant invité la Prusse, signalairc du traité du mm. da 15 juillet 1841, à envoyer des Plénipotentiaires à Paris, Sa eiaeHaufcidi Majesté le Roi de Prusse a désigné à cet effet M. le Baron de ^'tT.^"~ Manteuffel et M. le Comte de Hatzfeldt. prossiei».

I) M. le Baron de Manteuffel doit quiUer Berlin demam pour se rendre h Paris.»

Les 15, 16 et 17, il n'y eut pas de séance, mais les Plénipotentiaires n*en avaient travaillé que plus activement dans les commissions.

Le 16 mars, à trois heures un quart du matin, un grand NaUsaoce événement s était accompli, qui détourna un instant l'atten- ^^^^^

tion publique des travaux du Congrès : un lils venait de naître à FEmpereur; TEmpire avait un héritier direct.

La veille, à quatre hcuK s du inritin, Sa Majesté Tlmpéra- Irice avait resseati les premières douleurs de renlanlement. A neuf heures, les membres du Sénat, du Corps législatif, du CkmseU d*État et de la Commission munici|iale avaient été oonroqués à domicile, et ils étaient restés en perm^ence, attendant la nouvelle ofliciclle do la délivrance do Sa Majesté.

Tous les hauts fonctionnaires de l'État désignes dans le cérémonial pour assister à raccouchement de Timpératrice s'é* taient réunis au palais des Tuileries à la même heure ^

Le 16, à quatre heures du matin, le Sénat, le C<>r[>s législatif, le Conseil d'État et la Commissiim municipale recevaient, par Tenlremise des ofliders d'ordonnance de riùiipereur, la nouvelle^de révénement. A huit heures, les membres de ces différents corps se réunissaient de nouveau dans le lieu ordinaire de leurs séances, pour entendre la communication officielle de coUe heureuse non voile.

Dès le malin , une foule nombreuse stationnait aux. abords du palais des Tuileries, témoignant toiit haut de sa sollici' tude, questionnant avec avidité toutes les personnes qui sortaient du château. En un instant, Paris s'était pavoisé de inilliois de drapeaux; des pitparatifs d'illuminalita» >e faisaient à toutes les fenêtres; de gracieuses décorations s'improvisaient sur les principaux points des plus riches quartiefs de Paris. C'était un jour de féte pour la population tout entière.

Confurniément au cérémonial adopté, rEm[)ereur, Madame la ConUesse de iMontijo, mère de Tlmpératrice; Madame la Princesse d'Essling, grande maîtresse do la maison de Sa Majesté; Madame Tamirale Bruat, gouvernante des enfants de

' Ce Jour^lày samedi 15 mars^ les PlénlpotentialTes faisaient leur éousième étner officiel, chez M. Barocbe, président du Conseil d*État Le soir, il y eut grand concert à rbdtèl de Tessé. Les honneun en tarent fkitspar Madame Barocha, en rabeence de son mari qui avait été appelé aux Tuileries.

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Trnm i , et la «lame d'Iionnoiir de Sa Majesté s'élaionl tenus seuls dans la chambre de l'Impératrice jusqu'au iiinnient des dernières douleurs. A trois heures, le ministre d'État et le garde des sceaux, qui se trouvaient dans le salon de rimpératrice, avaient été appelés.

A trois iieures un quart, Sa Majesté avait mis au monde le Prince lmi»érial, qui était i)rébeuté par Madame l'amirale Bniat à TËmpereur d*abord et à Sa Majesté rimpérathce, et ensuite au ministre d*État et au garde des sceaux. Ces deux ministres, après avoir reconnu Tenfant, s*étaient rendus dans le salon où se trou \ ail le président du Conseil d*Élat, pour prtM éder immédiatement à la rédaction du procès-verbal constatant la naissance.

Le matin, à dix heures, le Prince Impérial avait été ondoyé dans la chapelle du palais par le premier aumônier de PEmpert^-ui , en présence des Princes et des Princesses de la laiiulle im|>ériale, des grands oiiiciers de la Couromie et des dignitaires lie l'État.

Le 18 était le jour fixé pour les félicitations ofiicielles des Félicilatiuiis grands corps de l'État. La réception eut lieu aux Tuileries,

dans la salle des Maréchaux. L'Empereur, placé un peu en avani du trône, avait à sa droite le Prince Napoléon. Les niinislres et les personnes de la maison impériale entouraient Sa Majesté. Les députations, conduites dans les appartements du Prince, défilaient devant le berceau, où l'enfant impérial paraissait profondément endormi.

Le président du Sénat, le président du Corps l«''^nslalif et le président du Conseil d'État adressèrent chacun un discours de félicitation à Ffimpereur. Sa Majesté, visiblement émue» y répondit avec effusion.

Le programme de la cérémonie n'avait pas parié de la ré« ('ei)tion des PI* iiipotenliaires au Congrès de Paris. L'Empereur les reçut cependant à midi et demi, ainsi que les attachés à leur mission. L*Kurope se trouvait représentée en cette occa-

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sien soleonelle pav les personnages les plus éuimeQts de leur pays, tous présidents du Conseil ou ministies des affaires étrangères et jouissant de la pleine confiance de leurs Souverains.

DUcoars M. le Comfo Wiilowski, L'iiargé par ses collègues de porter waiewski la paiole, s exprima en ces termes :

aoiu»

docmigrèt. ^ Plénipotentiaires au Congrès ont bien voulu me

charger d*étre, en cette circonstance solennelle, leur organe I auprès de Votre Majesté.

» Je suis licureuv el fier, Sire, de me trouver appel»'» à exprimer à Voire Majostc, au nom do l'Europe, les espérances et la joie qu*inspire riieureui événement qui, en assurant, en consolidant la dynastie Napoléonienne, est pour le monde entier un nouveau gage de sécurité et de confiance. »

Réponse • L'Empereur, viveuieiit louché du caractère solennel de derEnperciir ^^^^ démarche, répondit :

(c Jo remercie le Congrès des vœux et des félicitations qu'il m'adresse par votre oi^ano.

i Je suis heureux que la Providence m*ait envoyé un fils au

moment où uno ère de réconciliation générale s'annonce pour rKuinpe. Je réli'Ncrai dans ce senliiiient que les peuples ne doivent pas ^tre égoïstes et que le repos de l'Europe dépend de la prospérité de chaque nation, i»

EObi pradoiu L'Empereur s'étant approché des nénipotentialres, adressa ensuite h chacun d*eux quelques mots de remercimeut. La

satisfaction était sui t(ms le> vidages.

Dès ce mumeut, la lâche des négocialeurs fut considérée par beaucoup de personnes comme à peu près accomplie. L'Empereur lui-même, disait-on, semblait Tannoncer au monde en

signalant la concordance de la naissance de son lils avec le rétablissement prochaui de la paix.

ISéaiimoilis, ks paroles de Sa Majesté ne parurent pas assex précises aux spéculateurs pour dissiper tous leurs doutes, et

les fon«!s resl front st«itionnaires h la Bourse. On s'étonna un peu lit" celle réserve cxUèine dans un pareil lieu. Les uns l'expliquèrent par le malaise de la place; les autres afiirmèrent que la paix était déjà escomptée par la situation. Le 19 mars, la rente 3 pour 100 fermait à 72 fr. 73 c.

M. le Baron de Manleuffel, lUénipolentiaire désigné par la Prusse pour prendre part aux Conférences conjoinlenient avec M* le Comte de Hatzfeldt, était arrivé à Paris le 17. Le lende* main, le Congrès se réunit deux fois, ou plutôt la séance de ce jour fut divisée en deux parties, sur la demande des Plénipo» tentiaires Prussiens, qui, n'ayant pas été admis au commcncernenl de la séance, désirrrenl que le procès-ver liai nr i»Mnoignàt pas qu'ils avaient été tenus à l'écart pendant une partie du débat. Cette circonstance ne fut pas connue, et plus tard, quand le traité fut publié, on ne s'expliqua [m le motif des deux protocoles du 18.

L'întruduction des IMénipoleuUaires Prussiens, au nionient de s'accomplir, avait fait l'objet de pourparlers fort vifs. MM. de Manteuffel et de Hatzfeldt, rendus au ministère des affaires étrangères, attendaient dans une pièce voisine * que les dernières portes s'ouvrissent devant eux, tandis que Ton délibérait autour de la fameuse taî)le sur la nature et la portée de leur participation aux travaux du Congrès. Cette délibération, dont aucune trace matérielle ne subsiste, lut très-orageuse. Un ou deux membres parlèrent im instant de se retirer. Les Plénipotentiaires Anglais insistaient pour que la Prusse, signataire de la convention du 13 juillet 18il, ne iïu aiiuiise à prendre la parole que sur la question des détroits. D'autres Plénipotentiaires trouvaient cette rigueur excessive. M. le Comte

1 Le cabinet mâme du ministre. Ils y restèrent seuls environ une 4emi-heure.

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