‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 128 sur 180 · LIVRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIÈME

avaient reconnu que l'esprit de combinaison avait dégénéré en lui, et qu'il n'avait plu&, quoique dans l'âge de la force physique et morale, que la fureur des combats et la soif du sang, penchans qui ne le quittèrent jamais (i).

Accablé sous le poids d'une douleur concentrée 9 BonapartQ dit à Caulaincourt, en poussant un long soupir : a L'armée a fait des prodiges,mais « une terreur panique la saisie ; tout a été perdu. « Ney s'est conduit comme un fou : ij m'a fait tf massacrer ma cavalerie. » Puis sortant d'un premier abattement , il fait appeler le ministre de l'intérieur , Carnot , et lui demande 3oo,ooo hommes. Le ministre déclare qu'il lui est impossible de les trouver.

Dans cette crise , les deux chambres sont convoquées. Le député La Fayette invite celle

(i) Ce sera à la postérité , à juger Bonaparte comme général; mais il faut dès ce moment reconnaître , que s'il a gagné beaucoup de batailles, il en a perdu de bien mémorables. On peut'encore observer qu'il méconnut les règles de Tart, en faisant dés pointes téméraires; et qu'il négligea souvent ce qu'il y a de plus essentiel dans la stratégie, la base d'opération et les lignes de communication, Bonaparte ne fit en chef, dans sa longue carrière militaire , que deux sièges, celui de Mantoue qu'il prit par famine au bout de quatre ou cinq mois , et celui de Saint-Jean-d'Acre où il échoua complètement.

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354 COIVGRÈS DE VIENNE.

(les représentans à se rallier autour de l'étendard tricolore , et à déclarer « que l'indépendance de la nation est en péril; que les chambres se constituent en permanence, et que toute tentative pour les dissoudre, sera considérée comme crime de haute trahison; que les troupes ont bien mérité de la patrie; que la garde nationale sera rassemiblée , et que les ministres seront nlandés à l'instant pour rendre compte de la situation de la chose publique. »

Toutes ces propositions sont adoptées , à l'exception de celle concernant la garde nationale , qui fut regardée comme pouvant être un instrument dangereux dans les mains de son ancien commandant. Regnault , dit de Saint-Jean-d AngeU^ Tun des courtisans de Bonaparte, ayant tenté de tromper la chambre par un faux récit de la bataille de Waterloo , les cris de tous les membres de l'assemblée lui ferment la bouche. Les ministres arrivent ; vivement interpellés, ils sont forcés de dire la vérité tout entière ; mais ils cherchent à rassurer, en annonçant que Bonaparte vient de nommer trois d'entre eux , Caulaincourt, Carnot et Fouché, pour négocier de la paix avecJes ciliés. On observe que Bonaparte étant proscrit par les puissances étrangères, ne peut traiter de la paix , et que sa seule intervention y met un obstacle invincible. Lucien

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