‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 131 sur 180 · LIVRE SEIZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIEME

commission. Bonaparte, eu la lisant , s écrie : «J'en étais bien sûr! ces gens -là n'ont point c< d'énergie. Eh bien ! général, puisque c'est « ainsi , partons , partons. » Telle n'était point là encore l'intention de Bonaparte. Il avait envoyé, à Paris le général Flahaut , sous le prétexta de concerter son départ avec la commission, mais dans la pensée de la faire changer de résolution. Le ministre de la guerre, le maréchal Davoust, ayant rencontré Flahaut , lui dit avec colère : « Fotre Bonaparte ne veut point partir; mais' il « faudra bien qu'il nous débarrasse de lui ; sa « présence nous géhe, nous importune ; elle nuit a au succès des négociations. S'il espère que « nous le reprendrons, il se trompe ; nous ne « voulons plus de lui. Dites-lui de ma part qu'il « faut , qu'il s'en aille ; et que s'il ne part pas à « l'instant , je le ferai arrêter; je V arrêterai moi- « /warwa. » Malgré celte intimation sévère, l'usurpateur hésitait; il ne se décida que quand il vit que Tarmée de Blùcher s'avançait toujours , et qu'il sut que ce général avait dit : « Si je « puiis attraper Bonaparte, y^ le ferai pendre à a'ia tête de mes colonnes. y>

Wellington, à qui la commi$sion avait demandé un sauf-conduit pour l'usurpateur, l'ayant refusé ; le ministre de la marine , Dècrès , vient lui signifier, le ag juin, à la Malmaison, qu'il

ait à partir pour Rochefort dans la journée. Bonaparte s'éloigne enfin en tournant des regards douloureux vers Paris qu'il n'eût pas craint de livrer aux fureurs de la guerre civile et étrangère , afin d'ajouter, quelques anecdotes à sa sanglante mémoire.

I^e quartier-général des empereurs d'Autriche et de Russie était encore à Haguenau , lorsque la commission du gouvernement songeant à éviter une guerre que la France ne pouvait soutenir , adressa à ces souverains, MM. La Fayette, La Foret , Sébastiani , d'Argenson et Pontécoulant, sous le titre de plénipotentiaires. Le caractère de ces individus ne pouvait être reconnu^ puisqu'ils ne tenaient leurs pouvoirs que d'une autorité formée des débris de la puissance usurpatrice. Quoi qu'il en soit, les instructions de la commission du gouvernement leur enjoignaient de défendre l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire français. On y raisonnait sur ce principe, que par l'abdication de V empereur Napoléon ^ ses droits étaient dévolus à son fils. Cette faussé opinion était appuyée sur ce que l'Angleterre n'avait ratifié le traité de Vienne du 2 5 mars^ qu'avec la modification , « qu'elle n'entendait point poursuivre la « guerre dans l'intention d'imposer à la France « un gouvernement particulier. » On supposait

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