‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 151 sur 180 · LIVRE DIX-SEFTIÈME. l^'XÏ · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-SEFTIÈME. l^'XÏ

pérance d'échapper de son exil, et de iaire encore ce bruit qu'il appelait de lagloire? Ennemi du repos solitaire et philosophique qui est le bonheur du sage , il se piqua encore moins d'offrir le spectacle du souverain qui dépouillé de la pourpre et enveloppé dans le manteau de l'adversité, s'il ne donne plus d'ordres, présente encore de beaux exemples de conduite.

Le climat de Sainte -Hélène a été représenté par Bonaparte et les siens, comme malsain et fatal à sa santé, quoique depuis la découverte de cette île, les navigateurs qui ront fréquentée, aient tous attesté que sa salubrité est telle que les matelots atteints du scorbut dans le voyage aux grandes Indes ^ y étaient guéris au bout de quelques jours. Plusieurs r hautes montagnes encadrent d'agréables vallées dans lesquelles règne une température si égale et si douce, que diverses espèces d'arbres, tels que les cédrats, les orangers, les figuiers, les dattiers , offrent sans interruption des fleurs et des fruits ; et plusieurs particuliers aisés y ont fixé leur séjour. Certes , les prisons de Fenestrelles, de Joux, de Saumur et de Vincennes même, où fiirent enfermés tant d'hommes estimables, étaient moins agréables.

Bonaparte qui avait à sa disposition pour ses libres promenades^ un espace de huit milles,

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4^2 CONCRis DE VIENNE.

n'était gêné dans ses excursions au-delà, que par la présence d'un officier qui se tenait à une certaine distance , mais sans le perdre de vue. S'étant plaint de cette police comme vexatoire, l'amiralCockburn l'avait, parcomplaisance, exempté de cette sujétion, sur la parole d'honneur du prisonnier, qu'il n'aurait aucune relation avec les habitans. Mais, dès les, premiers jours de sa sortie, le Bonaparte ayant ouvertement violé sa parole, l'amiral avait été obligé de rétablir le règlement dans toute sa rigueur; et le détenu, au lieu de sentir que le gouvernement britannique eût pu le condamner à «ne prison effective , ne cessait de déclamer contre cette mesure. D'après le mépris des engagemens contractés en 1814^ les maux universels qui en étai^it résultés , et l'appréhension d'uhe nouvelle invasion, la raison d'état etiropéetme était autorisée à tout. I.a conduite de l'amiral Oockbum devint l'objet des sarcasmes amers de Bonaparte, qui ne le désignait dans sron intérietir, que par le surnom de Requin.

t>es débats plus vifk s'élevèrentau sujet des titres de Bonaparte qui, pour singer la royauté « avait un grand maréchal, Bertrand; un conseiller d'état, Las Cazes dont le fils était qualifié de page ; un chambellan, Montholon ; et un premier aide-de-camp, Gourgaud, Les dames de la cour

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