LIVRE XVIII
SOMMAIRE
Discussion sur les conditions dé la paix Intention du cabinet
(Vanoais. «^ Opinion des plénipotentiaires des Pays-Bas» de Prosse, d'Autriche et de Russie stnr les garanties à exiger de la France. — Projet de traité remis par la Russie. — Note des plénipotentiaires français. — Réponse des plénipotentiaires des alliés. — Retraite du ministre Talleyrand et de ses collègues. — Ministère du duc de llichelieu. — «
Modifications des conditions de paix Traité de Paris du
^o novembre i8i5. — Considérations. — Conventions diverses. — Traité de garantie entre TAutriche , l'Angleterre , la Prusse et la Russie. — De la Sainte-Alliance. — >De l'exécution des principales décisions du Congrès de Vienne. — Convention au sujet du duché de Parme. — Du fils de Bonaparte. — De la confédération germanique.
ijA France était de nouveau envahie par un million de soldats de tontes les nations , et leurs drapeaux flottaient sur les places de la capitale. Depuis les Romains qui guidés par le génie de
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César, avaient mis dix ans à conquérir les Gaules, jamais un pareil spectacle ne s'était offert aux regards de ses habitans. Les invasions des Sarrasins, des Goths, des Normands, avaient été de courte durée; et si les Anglais avaient sous Charles VI, paru dans Paris, ce n'était pas en qualité de vainqueurs, mais parce que ce roi dans un de ses accès de folie , avait transmis la couronne à un Plantagenet. C'était une union contre nature ; union bientôt rompue par les victoires des Dunois et des Dammartin.
La France encore bouillante d'ardeur, et plutôt envahie que vaincue, puisqu'une seule bataille^ n'avait pu anéantir ses forces, se trouvait dans une contraction violente qui pouvait appeler plus d'une catastrophe sur les alliés euxmêmes. Néanmoins, il était difficile qu'ils retournassent dans leurs foyers, avant qu'il eût été conclu un traité accompagné de garanties pour l'avenir. Mais de quelle nature devaient être ces garanties ? Il y avait paix sans doute entre Louis XVIII et les monarques ligués : il y avait même alliance par l'adhésion de ce prince au traité du a 5 mars; mais, d'un autre côté, il y avait eu une rupture effective entre la France et l'Europe; et les'ossemens des guerriers immolés à Waterloo , ne l'attestaient que trop. Aussi les
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ministres des alliéîs soutenaient l'état de guerre avec la nation française, comme ayant favorisé de ses efforts , les prétentions de l'usurpateur : doù lis concluaient à une satisfaction réelle. Envain Louis XVIII, plaidant pour ses sujets, disait, '«que la guerre n'avait eu lieu qu'avec une faction terrassée qui ne possédait rien légitimement ; et qu'ainsi on ne pouvait exercer sur la France, identifiée avec son roi, le droit de conquête. » Ce systènie de défense qui semblait aux autres cabinets une pure subtilité , n'avait pu affaiblir en eux l'opinion qu'il était nécessaire de se prémunir contre la possibilité d'un ti^oisième retour sur le territoire français; et la question agitée dans leurs coiiseils, se bornait à la mesure de l'indemnité soit territoriale , soit pécuniaire , qu'on pouvait exiger de la France.
Le plénipotentiaire des Pays-Bas, le baron de Gagern , consulté par les ministres des monarques alliés, à cause de l'intérêt majeur qu'avait son souverain , à procurer à ses états , une forte barrière contre la France, opinait pour la restitution par celle - ci , de toutes les acquisitions faites à son profit depuis deux siècles; attendu, suivant lui, qu* il était permis de recouvrer par la conquêtey ce qui avait été perdu par la conquête. Il croyait même qu'on userait de beaucoup de mo-