LIVRE DIX-HUITlàMS
dération envers la France dévouée sous le gouvernement précédent, non moins que sous ses rois ^ à uni système d'envahissement; si cette puissance n'était tenue qu'à restituer l'Alsace , la Lorraine , la Flandre et l'Artois, à leurs anciens maîtres.
La Prusse , par l'organe de son plénipotentiaire, baron de Humboldt, insistait non moins fortement sur des cessions de la part de la France, et pour qu'elle abandonnât différentes places, telles que Montmédi, Longwi, Metz, Thîon ville iet Sarre-Louis.
Le plénipotentiaire autrichien , prince de Mettérnich, à l'appui de cette opinion, disait « que la France, d'après un système constant, avait cherché à augmenter le nombre de ses forteresses ; et à diminuer par la démolition ou la Con* quête, le nombre des places fortes de ses voisins; que c'était à la faveur de ce système qui lui donnait tous les avantages de Toffensive et de la défensive, qu'elle avait eu ses principaux succès ; et qu'ainsi on pouvait raisonnablement exiger que la France renonçât au premier rang de ses places fortes, puisqu'elle avait trois rangs de places fortifiées; qu'il lui resterait encore deux rangs de forteresses qui la constitul^raient, malgré cette perte , la puissance la mieux défendue de l'Europe. Le prince de Metternich observait que dans l'état de gêne où se trouvaient la plu-
part des puissances voisines de la France , elles ne pourraient élever de places fortes dont les frais de construction sont en général énormes. Ce plénipotentiaire opinait pour que, dans tous les cas , la France fît la cession de Landau et de quelques autres forteresses. En somme, il pensait que les puissances alliées étaient auto^ risées, d'après tous les antécédens, à exiger de li^France, i® une indemnité territoriale; 2** une garantie réelle et permanente ; 3^ l'adoption par la nation, d'une forme de gouvernement conciliable avec celui des autres états de l'Europe; 4^ s^ soumission momentanée à des me^ sures de police militaire.
L'Anglet^re, qui n'était pas susceptible d'obtenir des portions de la Frarïce continentale, portait plus d'impartialité et de déâintéressement dans là question de l'indemnité territoriale : elle était d'avis que, des jmesures proposées par l'Au^triche, et plus particulièrement par la Prusse et les Pays-Bas , il résulterait un dérangement no- ' table dans la balance de l'Europe ; balance dans laquelle, de l'aveu de toutes les puissances, la France devait entrer pour un poids considérable ; que si la séparation de plusieurs provinces de ce royaume était favorable à ceux qui profiteraient de ses dépouilles, elle ne convenait pas à d'autres états; qu'il ne suffisait pas de détacher