LIVRE DIX-HUITIÈME
tous les méconteptemens et à toutes les craintes, et par conséquent comme les seules et vérita' blés bases de tout arrangement solide et durable. Ce n'est absolument que sur ces deux prin* cipes que les cours alliées ont basé leurs propositions; et la rédaction même du projet que les soussignés ont eu l'honneur de remettre à MM. les plénipotentiaires de France, les énonce distinctement dans chacun de ses articles.
« MM. les plénipotentiaires de France reconnaissent eux-mêmes le premier de ces principes , tandis qu'ils gardent le silence sur le second. Il est cependant de toute évidence , que la nécessité des garanties pour l'avenir, est devenue plus sensible et plus urgente qu'elle ne l'était du tems de la signature du traité de Paris. Les derniers événemens ont porté la consternation et l'alarme dans toutes les parties de l'Europe. Dans un moment où les souverains et les peuples se flattaient de jouir enfin , après tant de tourmens , d'un long intervalle de paix, les événemens ont provoqué partout l'agitation, les charges et les sacrifices inséparables d'un nouvel armement gépéral. Il est impossible d'effacer de sitôt dans l'esprit des contemporains, le souvenir d'im bouleversement pareil. Ce qui a pu les satisfaire en i8i4, ne peut donc les contenter en i8i5. La ligne de démarcation qui seml^lait devoir rassuu. 3o
466 CONGRÈS DE VIEirNE.
rer les états voisins de la France, à l'époque du traité du 3o mai, ne peut pas répondre aux 'justes prétentions qu'ils forment aujourd'hui. La France doit de toute nécessité leur offrir quelque nouveau gage de sécurité. Elle doit s'y déterminer tout autant par un sentiment de justice et de convenance, que par son propre intérêt bien entendu; car, pour que les Français puissent être heureux et tranquilles, il faut absolument que leurs voisins le soient aussi.
(c Ce sont là les motifs puissans qui ont engagé les cours alliées à demander à la France quelques cessions territoriales. L'étendue peu considéra* ble de ces cessions^ le choix même des points sur lesquels elles portent, prouvent assez qu'elles n'oirt rien de commun avec des vues d'agrandissement et de conquête, et que la sûreté des états limitrophes est leur seul et unique objet. Ces cessions ne sont pas de nature à entamer l'intégrité substantielle de la France : elles n'embrassent que des terrains détachés, et des points très-avancés de son territoire ; elles ne sauraient réellement l'affaiblir sous aucun mpport administratif ou militaire, et son système défensif n'en sera point affecté. La France n'en restera pas moins un des états les mieux arrondis, les mieux fortifiés de l'Europe , et les plus riches eu