LIVRE DlX-HTJITIÈnrE. ^'J i
traité ne xloit pas se borner à une exposition de maximes politiques ou religieuses ; il doit avoir uti objet déterminé et positif. Or, on ne voit dans le traité delà Sainte-Alliance , qu'une exacte profession de principes fondés siirles règles de la morale promulguée par l'évangile.
Le mot déclaration aurait mieux convenu j' observation qui ne diminue en rien le respect dû à cet acte célèbre qui n'en est pas moins un grand pas vers le perfectionnement de la politique extérieure qu'il ramène au principe sacré de la bienveillance universelle envers toutes les nations, quand la bienveillance semblait restreinte aux individus. Un motif aussi relevé et non encore proclamé, suffirait pour justifier l'épithète de sainte qm est jointe à l'aiite du 26 septembre 1 8 1 5 ; acte qui se présent edégagé d'ambition, cette rouille presque inséparable de la politique. L'amitié mutuelle des souverains de Russie 9 d'Autriche et de Prusse, circonstance aussi rare que précieuse, était le ciment de Ja Sainte-Alliance. Les principes les plus purs de-^ vaientétre confiés aux sentimens les plus délicats.
Sur l'invitation de l'empereur Alexandre, les pois de France, de Sardaigne,de Daneiùarck, de Suède, des Pays-Bas, de Wurtemberg, de Saxe, la confédération helvétique et la plupart
47^ CONGRÈS DE VIEHNE.
des états de l'Europe accédèrent au traité de la Sainte-Alliance , parce que , loin d'y voir <Jes dangers, ils n'y virent que leur conservation. Le prince-régent d'Angleterre ne put y donner son accession, à cause des formes strictes de la constitution anglaise qui e\ige que les traités soient contre-signes par un ministre, et soumis à la ratification du parlement; mais le prince-régent donna à connsdtre qu'il adoptait entièrement les principes de la Sainte^AUiance ; principes qui n'ayant pour] but que la conservation des états et l'ordre général , étaient favorables à la cause de Louis XVIII, et même à celle de la nation française.
Le ministre duc de Richelieu, convaincu de la nécessité de mettre une prompte fin aux maux causés par la prolongation du séjour des troupes étrangères, s'attachait à obtenir des adoucissemens aux conditions des alliés , puisqu'il était impossible de les repousser entièrement. L'estime générale dont ce seigneur jouissait auprès des monarques alliés et de leurs ministres, fit obtenir dans la conférence du 3 octobre, des modifications importantes. Ainsi d'abord, ils consentirent à réduire à sept cents millions, la contribution qui, dans ce premier projet de traité, devait être de huit cents ; et le séjour des trou-