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56 CONGUÈS DK VIENNE.
tralité perpétuelle ; » c'est'k^dire^ que le Q>ngrès se eoiistitiierait , en quelque sorte, arbitre forcé des cantons.
Sur la réclamation de la légation française, son second plénipotentiaire, le duc de Dalberg, fut admis dans la séance du comité suisse du 3o novembre. A cette séancç parut aussi M. de Zerleder , député de Berne. Ce canton avait plus souffert qu'un autre, parce qu'étant plus puissant et plus considéré , il avait eu des titres plus certains à la haine de l'ancien gouvernement français qui s'était plu à le dépouiller, à l'humilier et à le calomnier : la tyrannie française se croyait plus pure que la sage aristocratie bernoise. L'acte de médiation avait détaché de Berne, le pays de Vaud et la majeure partie de l'Argovîe , pour les wiger .en cantons. C'était toujours le système de réduire et de partager, afin de dominer. Berne réclajnait la restitution de ses aiiciennes possessions ou des indemnités. Cette demande était appuyée par plusieurs cabinets , comme propre à donner plus de consistance à la nation helvétique , et à maintenir danB le gouvernement, l'esprit des maximes d'état qui l'avaient jfait fleurir si long*tems.
M. de Zerleder dit au comité : «r Que le canton de Berne formait presque autrefois le tiers de la Suisse ; qu'il passait, aux yeux de l'étranger.
-^ LIVRE rTElJVlÈME. S']
pour un pays bien gouverné, heureux et prospère ; qu'en effet , il n'y existait pas d'impôts ; que la justice y était distribuée avec impartialité, et que l'humanité souffrante y était libéralement soulagée; mais que l'invasion française avait détruit cette opinion; que plusieurs cantons, animés d'une injuste jalousie, avaient abandonné Berne dans le moment du danger; qu'un gouvernement établi par la France, avait dissipé les ressources , fruit de longues économies ; et que depuis, par l'effet de l'acte de médiation dont le but était <\e détruire l'esprit national, Berne avait été partagé en trois cantons;
a Que, lors de l'entrée des alliés en Suisse, on s'était flatté du rétablissement de l'ancienne constitution, et que toutes les publications, surtout la proclamation du prince de Schwartzeraberg, avaient confirmé cette opinion et ces espérances ; mais que , depuis , les souverains alliés avaient paru changer de système, et qu'on avait ratifié. la séparation des deux cantons de Vaud et d'Argovie; ce qui avait occasionné au canton de Berne une perte de 120,000 âmes, pour laquelle on lui avait promis ime indemnité; que Berne toutefois ne réclamait pas ces deux pays pour les faire rentrer dans l'état de sujets, mais pour les admettre à partager ses propres droits.
« L'Argovie , disait M. de Zerleder, est un ter» ritoire qui nous a été uni près d'un siècle de plus que le pays de Vaud ': il existe entre nous toutes sortes de rapports et de similitudes; et nous y avons dei amis plus nombreux qu'on ne le croit. »
Au reproclie que Ton faisait à Berne, d'être trop dévoué à la France, ce député répondait : « Qu*il était vrai que son canton était attaché à cette maison^ rajrale qui lui avait témoigné tant dé bienveillance, dont les malheurs avaient été contemporains des siens et la source de ceux qu'avait éprouvés sa patrie; mais que la France conquérante , celle qui voudrait asservir les autres, nations; cette France qui ne p^rt pas revenir, ne trouverait à Berne que le souvenir des outrages éprouvés, du pillage de ses trésors, des contributions excessives imposées, et de ranéan* tissëment de son bonheur. Autrefois même, ajoutait le député, Berne a-t-elle donc été outre-mesure dans les intérêts de la France? S'estelle jamais laissée aller à agir contre la maison d*Autriche, ou à convoiter ses possessions? N'at-eïle pas confié ses économies à la loyauté de la nation anglaise? Lorsque la souveraineté de Neuchâtel ftit réclamée par une maison française et la dynastie qui vient d'y rentrer glorieusement, n'employa -t- elle pas son influence