LIVRE ITEUVIÈME
quelle sa cour consentait à la restitution de la Valteline et des comtés de Chfavenna et de Bormio, et à leur agrégation à la confédération, helvétique, sous la condition « Que les habitans « jouiraient de la même liberté et indépendance « que ceux des 19 cantons. » Cette déclaration, qui avait été acceptée par le comité de Suisse, ayant été connue, les députés de la Valteline témoignèrent i< Que le vœu de leurs commettans « était d'être réunis ^à la Lombardie autri- « chienne. » La cour de Vienne, flattée de ces sentimens , et réfléchissant sur l'importance de la Valteline, n'hésita pointa revenir sur la déclaration de son plénipotentiaire. Lord Stewart prenant la parole dans la séance du 1 3 niars,pour le baron de Vessenberg absent par indisposition, proposa d'ajouter au projet de déclaration concernant la Suisse, « Que les vallées de la Vaitea line, de Borraio et de Chiavenna resteraient « réunies au duché de Milan ; et que S. M. I. et R. « Apostolique céderait aux cantons des Grisons « la seigneurie de Razuns , etc. » ^
Les plénipotentiaires de Russie , de Prusse et d'Angleterre accédèrent à cette proposition ; mais celui de France dit, «-Que le prince de MetteriiHth étant convenu avec le prince de Talleyrand, que la possession de la Valteline serait discutée simultanément avec les arrangemens
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n&lati£s à l'Italie et aux prétentions du roi d'Étrurie et de l'archiduchesse Marie-Louise, il ae croyait pas que la proposition présente pût être décidée dans le comité suisse ; » et il demandait que la décision du sort de la Valteline fut renvoyée à une autre époque. On sent qu'il entrait *dans le système français, de ne point faire de concession à l'Autriche en Italie, avant qu'il eût été statué sur les réclamations du roi des Deux-Siciles et de la maison de Parme.
Dans la séance du i8 mars du comité des cinq puissances ^ le prince de Metternicb proposa au prince de Talleyrand de lui donner une décla^ ration portant : a Que LL. MM. l'empereur de (( toutes les Rqssies, le roi de la Grande- Bret^gue c( et le roi de Prusse étaient convenus avec S. M. « l'empereur d'Autriche , que les vallées de la «Valteline, de Chiavenna et de Bormio qui, a jusqu'à présent, avaient fait partie du royaume « d'Italie, sous la dénomination de département « de VAdda , seraient réunies aux états de S. M. <c Apostolique en Italie; que cependant, comme a ces territoires avaient été placés dans les négoce ciations particulières entre la coiu* de Vienne €( et celle des Tuileries, parmi les objets qui (c pourraient servir d'échange ou de cppipeasa- (c tion dans les arrangemens d'Italie , et nommé* ce n(ieut dans ceux concernant l'établi^s^ement fu-
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a \\xv. àeS. M. l'infaute Marie-Louise d'Espagne « et de spn fils, le premier plénipotentiaire d'Au- « triche était autorisé à donner à ce sujet,, la déa claration la plus précise que la réunion défini* a t^te desdîls territoires qui, dans ce mornent, or était devenue une mesure de nécessité près* « crile par les circonstances les plus impérieuses, « ne dérogerait en rien aux arrangemeus prévus, « i^t quils n'en seraient pas moins mis en ligne iL 4e compte ^dans V évaluation des objets qui dea fuient servir de cqmpensaiion pour rétablissetf m^nt réclamé par Vinfanfe Marie - Louise. » Cetibe déclaration ayant été acceptée par le prince die Xalleyr^nd, la réunion de la Yalteliue, de Chiaveûna et de Bormio au duché de IVIilan, fut adoptée. Jj'Autriche fit ainsi, ^ peu de ff^gis, une acquisition importante qui n'était pas e^tréfe dans ses premiers calculs.
PgrtQJ Jtejs réclamations adresi^ées au comité de SMssfe? une des plus dignes d'être accueillies, étftiti.^eUe de beaucoup de familles du pays des )Qfrt$f9P3f jetées daw la misère par renlèy.ement de tputeis leuir^ propriétés*; héritage dé leurs a^ietxx. Si rpn i-éfléchit à la valeur de^ propriétés ictir^kd dan? Un pays pauvre ^, isolé; j et où il n'y a porât dô.çQmmerce, on ne pouvait que prendre un vif intérêt a la spoliation 4c ces familles,
72 CONGRÈS DE VIKNNE.
dont plusieurs, telles que les Salis y jouissaient de beaucoup de considération.
Lorsqu'en 1797, yarmée française pénétra en Lombardie , les habitans de la Valteline, de Chiavenna et de Borinio, poussés par l'esprit d'in-' surrection, s'étaient détachés d'eux-mêmes de la domination des trois ligues grises, à laquelle ils avaient été soumis pendant près de trois siècles; et ces vallées avaient été incorporées par le directoire exécutif de France à la république cisalpine. Le général Bonaparte avait établi, dans ces pays, un comité composé de cinq personnes pour les gouverner; et ce comité digne d'un instituteur peu ami delà justice, avait .ordonné la confiscation immédiate de toutes les propriétés individuelles des Grisons qui se trouvaient enclavées dans le territoire de la Valteline, de Chiavenna et de Bormio, sous prétexte que ces vallées avaient des répétitions considérables à faire valoir contre l'état des Grisons, leur ancien maître. Cet acte d'autorité , quoique émané d'un pouvoir sans légitimité, avait néanmoins été exécuté avec une extrême rigueur. Les biens des particuliers grisons, situés dans les territoires des trois vallées, biens d%ne valeur de sept à huit millions de francs , avaient été vendus, et les fonds provenant de la vente avaient été