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res , le cabinet autrichien a des plans Çxes et des maximes d'état qui lui servent de boussole. On a prétendu que l'Autriche manquait de génies su^ périeurs ; ce qui est démontré faux par les faits , puisque les résultats ont été le plus souvent pour elle. Du reste , un pays où le bon jugement et la vertu dominent , fournira toujours au besoin des hoàimes de génie; car l'un et l'autre sont la source des grandes conceptions.
La puissance du roi de Sardaigne ayant été insuffisante pour arrêter les arniées françaises y on pensa que si l'état de Gènes avait été sous les lois de la cour de Turin, la résistance de celle-ci eut été plus efficace. La défense des Français dans Gènes, en 1800, avait fait con-^ naître l'importance de cette place , protégée par les montagnes et par la mer. On résolut donc de l'incorporer au Piémont, malgré le peu de penchant des Génois ; car rien n'humilie l'amour-* propre républicain comme la soumission à un état rival. Lorsque lord Bentinck eut, vers la fin d'ayril 1 8i4, arraché Gênes au joug de la France^ les habitans de cette ville témoignèrent de la manière la moins équivoque le désir de voir rétablir leur ancien gouvernement , au moins d'après Tes^ prit de la constitution de 1 676. Lord Bentinck avait, par politique, favorisé cet élan, et autorisé même la formation d'un gouvernement provi-*
go CONGRÈS DE ViEMIfE.
soire libre ; mais cette condescendance pour Topinion des Génois ne pouvait prévaloir contre le plan adopté par les puissances alliée^, pour la sûreté du nord de l'Italie. On observait d'ailleurs que le reste du territoire génois, et SaVone principalement , qui en est la seconde ville , désirait l'incorporation au Piémont Gènes ne s'était pas montrée très-disposée en faveur des alliés; pas une seule voix ne s'était élevée pour eux; et on n'avait remarqué dans le peuple qu'une haine forte contre Bonaparte; Gènes était donc une conquête dont le droit des gens permettait de disposer pour le bien général. C'est d'après ces motifs que le traité du 3o mai 1814 portait (art. II secret ) : « Que le roi de Sardaigne receuraU un a accroissement de territoire par l'état de Gênes; <c que le port de. Gènes resterait libre , et que « les puissances se réservaient de prendre à ce « sujet des arrangemens avec le roi de Sar- « daigne. »
La délibération ayant été entamée sur cet ar-* ticle, dans la séance du i3 novembre du comité des huit puissances^ le chevalier Labra* dor prétendit « que l'article II secret An traité de Paris stipulait uniquement en faveur du roi de Sardaigne , une compensation à prendre sur le territoire de Gênes, pour la portion de la Savoie cédée à la France; mais que, pour fixer
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cette compensation, il n'était pas nécessaire de disposer en faveur du roi de Sardaigne, de là totalité de Tétat de Gènes ; '
« Qu'ainsi, dans sa.^manière de voir, il s'agissait, avant tout, de former un comité pour les affaires gtoérales de l'Italie, comme il y en avait un pour les affaires générales d'Allemagne; et qu'il n'y avait pas de raison de s'occuper , dès à présent , de la question particulière des indemnités du roi de Sardaigne. »
Le prince de Metternich observa avec fondement, oc qu'il paraissaitnncontestable que les puissances avaient voulu indemniser la cour de Tu*" rin, non pas ^2ir le territoire, mais par le territoire de Gènes; et qu'à moins de vouloir réformer les dispositions du traité de Paris que le Congrès n'était appelé qu'à compléter, on n'avait à délibérer que sur les moyens d'exécuter ces dispositions; et, dans le cas présent, qu'à déterminer les mesures à prendre pour assurer à la ville de Gènes, les avantages que le traité de Paris tendait à lui réserver. »
Quant à la nécessité supposée de traiter d'abord les affaires générales de lltalie, le prince de Metternich la combattait , en disant « que les questions relatives à l'oi^anisation politique de l'Allemagne, différaient ess^itiellement (le celle de l'Italie, puisque l'Allemagne devait, d'après
g'J, COirORÈS DE VIENNK.
les dispositions même du traité de Paris , former un corps d'états unis par un lien fédératif , tandis que l'Italie n'étant point destinée à former un corps politique proprement dit, ne -présentait que des états indépendans, quoique compris sous la même dénomination. Le prince de IVïetternich concluait à ce que les questions^ relatives à l'Italie^ fussent traitées séparément et successivement, en commençant par celle de la réunion de Gênes au Piémont. »
Cet avis ayant prévalu, les plénipotentiaires sardes, le marquis de Saint-Marsan et le comte de Rossi, et le député de Gênes , le marquis de Brignole, furent invités à se concerter avec une commission chargée de concilier les intérêts de la cour de Turin avec les prétentions des Génois.
Les membres de cette commission furent , sur la présentation des premiers plénipotentiaires de chaque légation , le comte Alexis de Noailles, pour la France; lord Clancarty pour ^Angleterre; et le baron Binder pour l'Autriche. Le premier avait fait preuve de sagacité et d'un zèle non équivoque dans des missions dans l'intérêt des Bourbons ; le second était doué d'un esprit sage et lumineux; le troisième, ministre d'Autriche près la cour de Stuttgard, n'appartenait po ipt au Congrès.