LIVRE DIXIÈME. I I
que <le plus, d'après lopinion de Wattel, lorsqu'un état est détruit ou subjugué par un conquérant, tous les traités qu'il a conclus périssent avec lui. »
Le plénipotentiaire du pape soutenait que, la cour de Rome n'ayant point conclu de traité avec la France, depuis celui de Tolentino, ce dernier traité était abrogé ^ et que les droits du souverain pontife sur les pays qu'il avait, alors cédés, étaient maintenus eUventier; que les puissances alliées, en assurant à la France, par le traité du 3o mai , Avignon et le comtat Venaissin , avaient indiqué qu'elles ne regardaient pas le traité de Tolentioo comme un titre suffisant pour conserver ces pays, et qu'enfin l'assemblée constituante avait promis pour ces pays une indemnité qui n'avait pas encore été acquittée.
^Ces réclamations indiquent quelles étaient les inquiétudes du saint-siége au sujet de ses possessions; et, en effet, il y éùt de l'hésitation sur leur destination finale. Il convient toutefois d'observer que la situation de Louis 3J.V11I ne lui permettait point de restituer le comtat Yenaissin et Avignon , ni même de donner au pape une indemnité; mais l'appui qu'il lui accorda, dans le Congrès , pourrait être censé en tenir lieu. La France par. sa recommandation, contribua à lui faire rendre les trois légations de B<^ogne„
IQO CONGRCS DE VtENITE.
Ferrare et RaTenne, dans leM|ueIles h Prusnf avait d'abord proposé de tran§fél'er le roi d^ Saxe. . L'opinion la plus génél*al« dans le Cou» grès, à l'égard de ces provinces, était que, |Mr droit de conquête, elles étaient toi^bée^ à la disposition des alliés. I^ principe de Vindivisi" Mité du territoire rejeté à l'égard de la France, n'était pas plus admis pour lès domaines du saint-* sîége, par la raison que tout ce qui est snseoptiUe d'aocix>i5sementlenporel, peut, dans ceir-' tains cas , être sosœptîbie de décreisseknenL
-iiie càiidinal Oonsalvi adro^ssa aussi au prince de Metteraîchy le 17 novembre, une note au sujet des pertes immenses «[n'avait éprouvées, en i8o3, le clergé d'Allemagne* il solHfcttait lafli monarques et leurs ministres an Congrès, d'apporter s *dans letir sagesse et lenr justice, le remède *à '<:es maqx. Mais le Congrès ne se crut point atppelé à statuer sur le sent du eiengé d'^^^ temagne, ni sur la restitution de sesbietffs, dont ufiie partie considérable ^était tombée dans les mains des princes prètrâtans; det >objet apipar*ienant à 'râdmimstration fïitérieurè de chaque état, ou'étanft dans ie <»s d^âire traité séparément e^tre les" diverses cours 'd'Attemagne. Lorè<de la fixation dès rangs diplomatiqims , 4e cardinal Consahî avait fait 'réclamer au nom desacôur; et 'Oe fïÂï^ auquel elle attkebkit beaucoup d'itn*»
LtVKE DlXitMC:. lit
portance , avait été régté conformément à ses désirs , mais pst pure courtoisie.
Le roi de Naples, Murât, aérant résolu , en mars i8t$, de tenter par là guerre tme révélutipn en Italie, îsMtait adressé au pape pour le passage de ses troupes à travers les terres de ITÉgHse; mais Pie VII n'avait pas cru tievoir accorder une demanide qui l'arrachait à la neutralité; ce qui n'avait point empêché Murât de violer le territoire du saint-siège. Le pape avait protesté, et ne se croyant pas en sûreté à Rome , il en était sorti, le 2a mars, après avoir établi une junte d'état ; et il était allé chercher un asile à Gènes, au milieu<les troupes anglaises. Depuis, Pie Vil, protégé par les armes autrichiennes, était rentré dans Rome; et le sort du saint-siége fut fixé définitivement et d'une manière honorable. Le traité général du 9 juin 18 15 lui restituait la totalité de ses anciens domaines, à l'exception du comtat Venaissin , de la ville d'Avignon et de la partie de la légation de Ferrare, située sur la rive gauche du Pô; sacrifices légers, si Ton considère les pays recouvrés par le saintsiége, et qu'en dernier résultat, il lui reste une population de 2,3549000 âmes. S'il a perdu, dans la révolution, une partie des droits utiles pour l'expédition des bulles des évéchés et autres bénéfices, il a ouvert des rapports particuliers
laa cosTGRàs de vienne.
avec la Russie,, l'Angleterre, la Prusse, le Wurtemberg, le royaume des Pays-Bas et autres états dissidens, dont les ministres résident aujourd'hui à Rome; et le grand projet de réunion des diverses communions semble réalisé , sinon pour une entière croyance, du moins pour la fraternité et la tolérance.
LIVRK ONZIÈME. i^l