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ÎEaire qui fût contraire à ce droit; mais non pas celle de combattre pour sa défense. »
Le prince de Talleyrand pensait « qu'une déclaration franche et unanime des puissances de YEm^ rope contre Murât, rendrait inutile tout emploi de forces; mais que si le contraire arrivait, le. roi Ferdinand n'aurait besoin que de celles de ses alliés qui jugeraient devoir lui prêter leur secours. » «Craindrait-oiî, ajoutait le premier pléni- « potentiaire français , que dans ce cas, la guerre c( ne s'étendît au-delà des limites du royaume de « Naples , et que la tran(|uillité de l'Italie ne fut « de nouveau troublée w^ Craindrait • ofa que les « troupes étrangères ne dussent de nouveau tra- « verser l'Italie? On peut obvier à ces craintes, a en stipulant que le royaume de Naples ne a pourrait être attaqué par le continent italien, 'c II paraît que l'Autriche s'est engagée envers c< celui qui gouverne à Naples , à la garantie de a toute attaque de ce côté. Si , comme on nous « l'assure, l'Autriche n'a pris que cet engage- « ment, ( et comment pourrait-on supposer que a l'empereur eût donné sa garantie contre les a droits d'un prince qui est à la fois son oncle et « son beau-père, à la possession d'un royaume « qu'il a perdu, en faisant cause commune avec « l'Autriche ); elle ne peut être embarrassée <c pour concilier avec la justice et ses sentimens n. 9
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« naturels d'affection , les engagemens que des « circonstances extraordinaires lui ont fait force raer. » En conséquence, le prince de Talleyrand demandait qu'il fût déclaré : « Que l'Europe , « réunie en congrès , reconnaissait S. M. Ferdi- « nand IV comme roi de Naples; que toutes les ft puissances s'engageaient, mutuellement les unes a envers les autres, de n'appuyer directement ni « indirectement aucune prétention opposée au « droit qu'il a de prendre ce titre ; mais que les « troupes que les puissances étrangères à l'Italie « et alliées de S. M. , jugeraient à propos de met- « tre en mouvement pour le soutien de sa cause , « ne pourraient traverser l'Italie. » Lord Castlereagh qui ne croyait pas qu'on pût faire encore une démarche aussi décisive , et qui n'avait pas un parti définitivement arrêté sur le fond de la question napolitaine^ se refusa aux désirs du premier plénipotentiaire français très -ardent pour le succès d'une cause qui était le point capital de ses instructions.
Après le départ de lord Castlereagh , son successeur, le duc de Wellington, avoua au duc de Serra-Gapriola, que l'Angleterre , guidée par des considérations que partageaient d'autres puissances , ne jugeait pas que le royaume de Naples et la Sicile dussent être réunis sur la même tête; et que sa cour, dans cette vue , avait promis
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one indemnité à Ferdinandw Le duc de Serra- Capriola ayant observé qu'il n'était pas possible de lui trouver une indemnité pour cinq raillions d'âmes, le duc de Wellington répliqua que Ferdinand était maître de tenter la conquête du royaume de Naples avec ses propres forces; mais qu'étant insuffisantes , il devait attendre , et craindre de gâter par trop dé chaleur l'intérêt que plusieurs puissances prenaient à sa cause. Cependant, d'après les démarches du commandeur Ruffo, le cabinet des Tuileries, en vue de faire revenir les cours de Vienne et de Londres sur le compte de Murât, s'était attaché à démontrer que ce dernier n'avait jamais coopéré sincèrement avec les alliés, dans la campagne de i8i4; et le comte de Blacàs avait envoyé de Paris, différentes pièces à l'appui de cette insinuation « Au nombre de ces pièces étaient, i ° une lettre du vice-roi, Eugène Beauharnais ^ à Napoléon , en date du ^o février t8i4> portant : « Que le roi « de Naples qui paraissait avoir l'intention de te marcher contre les Français , et de se rendre « aux sollicitations des Autrichiens, s'était arec rêté dès qu*il avait connu les victoires de Na- « poléori des io, it et 12 février (i). w
(1) Ces victoires étaient les combats de Cbampaubert, de Montmirail et de Château-Tbierry.
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2** Le. consul français, à Ancône, avait mandé que Murât, pendant qu'il faisait le siège de cette ville, lui avait dit, « que la nécessité seule l'avait contraint à se réunif aux princes coalisés , Que ses intentions étaient d'autant plus
pures à cet égard, qu'il était convenu que son armée ne se battrait jamais contre les Français; qu'il se rappellerait constamment qu'il l'était lui-même^ et tout ce qu'il devait à son illustre beau-frère. » Dans la même lettre , le roi Murat invitait le consul d' Ancône à rester sans inquiétude à son poste , et à continuer ses fonctions, l'assurant, « que sa correspondance sec( rait libre, puisqu'il n'était point en guerre a aVec la France. »
3° Lord Castlereagh ayant demandé à lord Bentinck de lui faire connaître son opinion touchant les vrais sentimens de Murât, lord Bentinck avait répondu, le 7 janvier 181 5, «qu'il pouvait, sans hésiter, affirmer que Murât n'avait pas rempli ses çngagemens , et que sa conduite avait eu un caractère négatif beaucoup plus avantageux à l'ennemi qu'à la cause commune ; que partout il y avait une intelligeiice manifeste entre les troupes françaises et napolitaines; qu'on permettait aux garnisons françaises d'évacuer les forteresses, et d'aller renforcer le vice-roi dans le nord de l'Italie.» Ainsi
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toutes les notions recueillies sur Murât ^ ébranlaient la couronne placée sur sa tète.- Qui pouvait , en effet , douter que ce personnage ne fut au fond de son ame , dévoué sinon à la personne, du moins à la cause de Bonaparte ; et que , si celui-ci eût été victorieux , il ne lui eût remis à l'instant TÉtat romain et les autres provinces envahies par lui , en disant qu'il n'avait songé qu'à les défendre contre les Autrichiens ? On devine sans peine le double rôle que dut jouer Murât dans la campagiie de i8i4-
Ses envoyés au Congrès, Campo-Ghiaro et Cariati, s'efforçaient de soutenir la réputation de leur inaitre , en publiant dans des écrits tantôt signés et tantôt anonymes, « qiie Murât avait commencé à agir contre Bonaparte, avant que le traité de janvier i8i4 eut été même ratifié par l'Autriche , ^ans attendre l'accession des autres puissances 9 et qu'il avait seul conquis sur l'armée française, toute l'Italie méridionale jusqu'au Pô; « Que s'il n'avait pu obtenir des- succès plus décisifs , il fallait l'attribuer au retard inattendu qu'avait éprouvé la ratification du traité d'al^ liance avec l'Autriche, à la conduite de lord Bentinck , et aux lenteurs du feld-maréchal de Bellegarde ;
« Que le traité conclu avec l'Autriche , était
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devenu comaïun aux autres puissances alliées , en vertu de la convention existante entre elles , laquelle portait ; Que rallié de tune le serait aussi de Vautre; que l'Angleterre, outre l'engagement résultant de cette convention, avait accédé particulièrement au traité conclu entre les cours de Vienne et de Naples, en vertu de la déclaration ofifîcielle du i**^ avril, donnée par lord Bentinck au nom et par ordre du gouvernement anglais ;
« Que Murât enfin avait donné la preuve la plus convaincante de sa modération et de la sincérité de ses sentimens , en remettant , avant la paix générale, la Toscane au grand -duc, les légations et les paj^s situés sur la rive droite du Pô aux troupes autrichiennes, et les États romains au pape», etc.
Les plénipotentiaires de Murât transmirent , le 29 décembre 1814^ à lord Castlereagh, une note dans laquelle, après avoif récapitulé les rapports que la cour de Naples avait eus avec celle de Londres , depuis le traité du 1 1 janvier 18149 ils la sollicitaient de vouloir bien procéder à la prompte conclusion d'un traité définitif entre les deux couronnes, lequel fixerait les relations politiques et commerciales, d'autant plus que l'Angleterre n'avait jamais garanti par aucun acte , le royaume de Naples au roi Ferdi-