LIVRE ONZIÈME
nand, tandis que, par son adhésion au traité du 1 1 janvier, elle l'avait (effectivement garanti au roi Murât. Les mêmes plénipotentiaires sollicitaient lord Castlereagh de ménager un rapprochement entre les cours de Naples et de Sicile ; la première étant prête à concourir à procurer à la seconde, une indemnité convenable sur les états laissés à la disposition du Congrès ; offre qui ne comportait aucun sacrifice de la part de Tintrus.
La cour des Tuileries continuant à manifester de Téloignement pour celui qu'elle regardait comme un usurpateur, les plénipotentiaires de Murât, au lieu dcs respecter des sentimens difficiles à vaincre , s'adressèrent au prince de Metternicfa pour qu'il pressât la France de remplir les eng^gemens qu'ils déduisaient du traité du 3o mai, en laveur des alliés de l'Autriche ^ au nombre desquels se plaçait leur maître. Cette démarche communiquée aii prince de Talleyrand, n'ayant produit aucun changement dans la conduite du cabinet français. Murât blessé* se livra à des menaces , chercha à se ménager des intelligences dans l'armée française , et enfin, chargea le duc de Campo-Chiaro, au mois de février i8i 5, de solliciter de la cour de Vienne le passage à travers le Milanais, de quatre-vingt
l36 CONGRES DE VIENNE, v
mille hommes; armée qui ne pouvait avoir en vue que la France.
Instruit de ces préparatifs que la renommée grossissait encore , le prince de Talleyrand avait écrit, à Louis XVIII, « que, d'après l'agitation qui régnait en Italie, il conviendrait qu'un corps de 3o,ooo hommes fût réuni entre Lyon et Chambéry , pour être prêt à agir, mais que le mouvement devait se faire avec le moins d'éclat possible, afin de ne pas donner d'ombrage à l'Autriche et au roi de Sardaîgne. » En même tems, le' général français Ricard, qui était venu à Vienne peu avant la signature du traité d'alliance, du 3 janvier i8i5, avait écrit, le ^3 février, par ordre du prince de Talleyrand , au ministre de la guerre, Soult, r< que de nouveaux aperçus et « des changemens survenus dans les relations « politiques,faisaient désirer qu'on usât de tinoins <c de circonspection dans la réunion des 3o,ooo
« hommes ; qu'il serait bon au contraire que
« ce mouvement fut remarqué au defiors, afin « de prévenir l'opinion que M. de Metternich « affectait de répandre sur là nullité des forces « de la France. » Ces mpuvemens militaires dans ces circonstances présentes, ne pouvaient regarder que Murât, surtout si Ton considère qu'à l'époque du ^3 février, tous les différens au sujet de la Saxe et de la Pologne , étaient réglés