‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 79 sur 180 · I.IVRE DOUXIÈME. CI î î · texte numérisé non relu

I.IVRE DOUXIÈME. CI î î

amènerait beaucoup de lenteur dans la marche des affaires; qu'ils devaient être convaincus que là principale force de l'Allemagne consistait à ne faire qu'une seule puissance, et que la di§* fiancé entre les ëtats qui la composaient, provoquerait sa ruine. »

Les plénipotentiaires wurtembergeôis remirent, le i6 novembre, au comité germanique, une note qui y jeta le trouble, et ameiià une longue suspension de ses délibérations. La noie portait : « Qu*à peine lés discussions sur le premier projet remis au conâitë, étaient commencées, que sous la forme de dëveloppemeîis nécessaires, on avait voulu lui substituer un autre projet diamétralement opposé , puis un second^ €t ensuite un troisième; que les points mêiries sur lesquels on avait été d'accord géqéralemétit , dés lé principe , avaient été écartés pour des Vues nouvelles, et que la multiplicité de ces projetis partiels contribuait toujours à éloigner de l'objet principal sur lequel il impoi^ait dé pe déterminer, soit pour un rejet, soit pour une ôcceptatioh;

« Que sur l'ensemble du projet il n a[vait jamais été déterminé d'une manière précise, de combien de membres se composerait la confédé-^ ration^ quelle serait la circonscription de leurs

îi|2 CONGRÈS DE VIENNE.

territoires et V étendue physique i^t politique de la confédération ;

«Que néanmoins, à la suite des propositions qui avaient été faites, on avait voulu imposer des obligations ; qu'il avait été demandé de renoncer à des droits qui ne pouvaient être contestés; ce à quoi cependant on ne pouvait se déterminer qu'en considération d'avantages clairement établis qui auraient été acquis d'un aur tre côté. )>

«La confédération, ajoutait la note, ne peut avoir d'autre but que d'établir l'ordre et la traor quillité dans l'intérieur, et, de pourvoir à la défense extérieure. Comment serait-il possible de juger si ce but sera atteint, tsint qu'on ne connaîtra pas de quelle manière cette confédération sera composée, les rapports de ses membres entre eux , les forces de chacun en particulier, et de l'ensemble de confédération; et enfin lorsqu'on ignore avec qui on se lie, et contre qui on prend dea engagemens ?

«Sa Majesté se trouve sur tous ces points, dans la plus parfaite ignorance; et quoique l'empressement avec lequel plusieurs membres de l'assemblée ont donné leur adhésion à divers articles de projets qui ne présentaient aucun rapport entre eux, et qui même se contredir

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saiient, pourrait lui faire croire quils ne sont pas dans la même ignorance sur les vues ultérieures ; Sa Majesté , par cette même raison , n a pas cru devoir suivre leur exemple. Elle a chargé , en conséquence, ses plénipotentiaires de déclarer aux plénipotentiaires des fuuiies puissances^ que, quelque ardent que fût son de* sir de concourir au but de la confédération^ elle ne pouvait considérer que comme contraire au bien de ses états et aux droits de sa maison, tout ce qui tendrait à lui faire émettre son opinion sur des parties séparées du projet, ou à luifaife prendre des engagemens avant que S. JU, ne connût tout l'ensemble du projet, et quelle eût obtenu les éclaircissemens désirables^ etc.»

Cette note oe parut pas aux ministres d'Autriche et de Prusse , renfermer des dispositions bien favorables à l'exécution des plans qu'ils avaient présentés. En conséquence , après s'être concertés, le premier plénipotentiaire autrichien , le prince de Metternich, adressa , le *2a novembre, aux plénipotentiaires de Wurtemberg une réponse de sa cour, dans laquelle il disait : « Que la déclaration que contenait leur note menaçait d'apporter de nouvelles et graves difficultés à la conclusion si désirable du projet d'un acte d'union pour l'Allemagne. »

«En présentant, observait le prince de Met*

Îl4 CONGRÈS. DB^VlEDrifË.

ternich, le plan d'un système de fédération |^r^ màniqoe, tes plénipotentiaires d'Autriche et de Pnisse n'ont pu perdre de vue jque Ton avait à considérer dc«x questions capitales : . savoir v i"" Yét^t tenitorial des puissances qui doiv^ent ibnnèr fùnion germanique; ti^ Ja conkiitutioh politique de 1 union elle*-ménie. Mats comme la .|^emière qùestk» rentoe dans lés «rangemens à prendre pour la • reeonstruttion de l'empire d'iAtitriGhe et dé la lûonarchte prtossienbe^ et pour la déi^enniifiltioR des frontière^ des autres état^ atleznands, il est incontestable que cette matitè^e 'appartenait aux grands travaux miro-^ péenè sur lesquels le cdnité-aUémand n'était point appelé à prononcer.

« Le désir exprimé d^ifs la n^te wurtekkibergeoise^ de vouloir remettre la décision de la question . politique après là fixation définitive des compensations territoriales, serait la même chose que de vouloir différer jusqu'à la fin du Congrès, l'important établissemetit de l'union germanique. Une pareille intisntion étonnerait d!a|itant plus les plénipotentiaires d'Autriche et de Prusse, qu'ils ne ipeuVent se dissimuler que là cdhclùsibn si desii^able des aifaires du «comité ftUemand, a été principalement arrêtée, (comme les protocoles des séances Je prouvent)^ pak* l'opposition . du Wurterobiferg à. la p1i9f>art des

pt^opositiotis faites, ou 'par ses perpétuelles ré^ serves; et qt»e «on seutem«nt ce retard pncrfcmgé a catJàé du iHécoiitenteiiient parmi les princes ailétuands , qui ne faisaient point partie du CO'^ mké, mais a maintenu dans beaucoup de con^' ttées de TAltemagnei, un état d'incertitude ^et d'i¥Htiation qui ne sautait plus se tolérer.»

On croyait tant du côté de rAntriche xpie idie celui de la Prusse^ disait M. de Metternich, quefai colitiai^tonGe détaillée des changemens territoriaux n'était pokit indis|>ensable à conni^n attitit la c«>nclusion de i'acte d'unécm, d'autant plus que les principaux rapports territoriaux étaient suffisamment connus du comité; qu'il y aurait d'autant moins de déviation tlans les rapports territoriaux convenus, que la réunion des états lédératifs formerait un tout plus solide; et qu^en&i, dans la rédaction de l'acte d'union même , on pourrait ajouter les cbangemeos qui sieiratent devenus nécessaires pendant la durée <id Congrès ; »

(k Que de légers diai^enœns avaient eu lieu , il est vrai, dans le premier plan, mais d'après les observations de la Bavière ^ de l'Hanovre et du Wurtemberg; que l'objet des délibérations étant 4i'approfondir les propositions présentées, il y aurait un juste reproche à faire aux puisivaiices qui en étaient les auteurs^ si eUes eus-

ai6 CONGRÈS DE VIENlff.

sent refusé de se rendre aux observations, et s'opposer à tout changement dans le plan. » .

Les plénipotentiaires d'Autriche et de Prusse pensaient « que la question de l'union germanique ne pouvait, en aucune manière, être regardée comme uniquement indépendante des états auxquels on avait procuré la paix; en sorte qu'il fiât libre à un prince allemand d'entrer ou non dans l'union, ou que les avantages qui résultent de l'union pour toute la nation allemande pussent être jugés insufiSsans pour déterminer aux sacrifices et ^ aux renonciations que le bien général exigeait ;

« Que le but de la grande alliance qui était de délivrer l'Europe d'un joug honteux, ayant été atteint complètement, avait été solennellement et officiellement proclamé par les puissances à l'égard de l'Allemagne , but qui était la dissolution de la confédération du Rhin et le rétablisse* ment de la liberté de l'Allemagne et de sa constitution, à quelques modiiicatious près; que c'était pour atteindre ce but que les peuples s'étaient armés, et que les états entrés dans l'alliance s'étaient déclarés agir vers le même but par le seul fait de leur adhésion;

« Qu'enfin le traité de Paris auquel toutes^ les puissances belligérantes avaient accédé, établissant qno l'Allemagne serait réunie par un lien

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fédératif, l'intérêt de TEorope exigeait que ce lieu existât y et s'opposait k ce que l'Europe permit qu'un état allemand pût par sa séparation d'avec l'union , combattre le bien général ; comme il s'opposait à une séparation indirecte, en rejetant les moyens qui seuls pouvaient conduire au but proposé. »

Les plénipotentiaires de Wurtemberg, dans une note du 249 en réplique à la précédente, après^ avoir témoigné qu'on n'avait pas envisagé leurs observations sous leur vrai point de vue, disaient en substance « que le roi de Wurtemberg, persuadé depuis long- temps de la nétes* site et de l'urgence d'une étroite union entre les états allemands, avait déclaré qu'il était prêt à entrer dans une fédération, qui, si on ne voulait point en changer la natinre , devait reposer sur un accord libre, et qu'il n'avait jamais cessé de montrer ces intentions;

«Qu'en conséquence, S. M. n'avait fait aucune difficulté d'accéder aux dispositions essentielles, proposées dans la séance du 16 octobre, mais que les autres dispositions devaient nécessairement être séparées des principes émis dans le projet soumis aux délibérations par l'Autriche, d'accord avec la Prusse ;

« Que S. M. avait ainsi donné une preuve irrécusable de son adhésion, et de l'admission des

3l8 COfTGKSS OB VIENNE.

bases da projet présenté, et que ies observa* tions ne pok*taient qiié sur des modifications également désirées par d'autres puissances ; « Que non sèuletnent les plénipotentiaires de >Yurtemberg ne s'étaient point éloigné.^ des dis^ positions essentielles de L'acte d'union ^ mats qu'ils avaient même présenté ^s vuesd'cMxlrë en par&it^. harmonie avec le projet d\tnk>ti;...

« Que dans la note wurtembergeoise du 1 6ti€H Membre f on avait témoigné te désir 4'avoir un aperçu . général du nouveau plan^, /d'apiés ies changemens £nts dans le premier, parce qu'on examen approfondi et une comparaison sévère avaient prouvé que ces changemens. modifiaient |usqu'aux parties essentielles du premief plan; q«i'aiiisi , on avait d'abord acconJé : arU premier conseil exclusivement comme pouvmr exécutif , ta décisio» de la paix et de la guerre^ et que àh division des états allemands avait eu lieu en cerctes; mais que le premier point avait été changé, et que le plénipotentiai^^ autrichien avait proposé une autre espèce de division qui n'avait pas même été encore discutée/; ^

« Qti^e ces divers changemens avaient fait uatui^Ileméht désirer qu?il £iit. communiqué un plan général contenant les nouvelles vues qpiii, énoncées par rapport à quelques articles, n'étaient que simt3lei<neiit •annoncées à VégAPd d'un

liiVRB DOUZiiME. ât^

antre; ce qui justifiait la déclâratioh ties pléni^^ potentiaibei .wuftennbergeois d'être hor» d'^tut àé pilendre uiierésôlutîon sur des dispositions tsi^iéee, ava^t qive i'ensemble des Aouvelles Toei He donnât le moyeu de juger de leur elicfaaiiie^ ment; -opinioii partagée ipar tous les membres du oottii€é'; de sOBte qu'il atait été obtérenu uvanîtainneat dans les ^douzième et trekhàTlie «léah* ces, de dresser uii tableau des projeta, décia^ rations et dispositions présetités jusqu'alors; que r-Autrkfaeet la Anisse s'étaient ocoiipées égaie* ment de tee travail , et q^e Wurtemberg avait eotrepHs d'en faire un dans te même bvt. » En oonséquetice^ kespFénipotentiaîresde cette puissance se croyaient bbKgés, autant par TimportaUcè de la chose que pour eult-nwétties;, tie repousser Tin-* cttipation dirigée contre eux dans la note antàrichiénnt», et ils x^nouvelaieM leur déoiàrànon du f6. . j

On ne peut niei^ la forbe des faisons allëgC|ées par ie plénipotentiaire autrichien sur la nécessité de poser tes bases du pacte fiédératif germanique a^ant la distribution définitive des territoires et la fixation nies nouvelles limites, puisque tous les états dé qaelfque importance admis à fce pacte, étaient déjà connus^ et ne- pouvaient ét^e que légèrement modifiés dans 4eur étendue et leur puisisairoe. Ne vouloir s'occuper

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du pacte fédératif , que quand toutes les distributions territoriales auraient été arrêtées^ équi*» valait à un ajournement indéfini de ce pacte. La Bavière et le Wurtemberg craignaient de. perdre des droits inhérens à la souveraineté , et demandaient quels avantages balançaient cette perte; mais ces avantages se trouvaient dans la sqreté et la garantie résultant du nouveau pacte. Le Wurtemberg, en particulier, n'ayant que i,3oo,ooo âmes, se trouvait à cette époque menacé par plus d'un ennemi à cause de ses accrois* semens subits. Voisin d'états plus puissans, il ne pouvait que gagner infiniment à être affilié à une confédération protectrice de son existence. . Peut-être le roi de Wurtemberg se flattait-il qu'il pourrait se soutenir par dei^ alliances particulières; mais de telles alliances ne sauraient avoir k solidité et la durée d'une fédération. Il peut arriver des crises où un état qui n'a que des rapports particuliers, et noii des liens généraux, soit même sacrifié par des alliés teniporaires.

Les plénipotentiaires wurtembergeois fondaient encore l'adhésion sur une entière liberté des contractans; ce qui semblait indiquer que leur souverain pouvaii^ à son gré, se séparer de ses co-états; prétention inconstitutionnelle. C'est ici que l'argument de la majorité contre la minorité se reproduit dans toute sa force. Il est vrai

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que Wurtemberg se défendait de vouloir faire schisme , et de mettre des entraves au pacte fédératif; mais les effets de sa conduite étaient plus clairs que ne l'était son attachement au pacte qui se négociait Aussi voit-on que par suite de la note wurtembergeoise du i6 novembre, les séances du comité germanique furent entièrement suspendues pendant plus de cinq mois ; tems qui eût suffi pour donner à la nouvelle constitution politique de l'Allemagne toute la perfection dont elle est susceptible; tandis que cette interruption échauffa les esprits, et prépara, par l'apparence d'une scission jgénérale , une partie des malheureux complots qui devaient rouvrir les plaies de l'Europe.

-aas CÔïTGRàS'DK VIRWHR.

LIVIVE XIII.

SOMMAIRE

Reprise des s^nces du comité ^nnaoicpie. — Notes à ce sii^ jet. — Cpnrérences. — Admission dans le comité germanique, des plëaipotentiaires des princes allemands du second rang. — - Discussion de Tacle fëdératif germanique. — Déclaration de TAutriclie. Acceptation de l'acte f^ératif. — Sop précis. — Considérations. — Des divers membres de la confédération germanique , de l'Autriche, de la Prusse, de la Bavière, de la Saxe, de l'Hanovre, de Bade, de Hésse- Darmstadt, Hesse-Cassel et Hesse-Hombourg , des branches ^ducales de Saxe, de Mecklembourg , de Nassau; des maisons de Schwartzbourg , de Hohenzollem , de Lichtenstein , de Reuss, de la Lippe, de Waldeck. — Des villes impériales et anséatiques. -r— Des rapports de l'Allemagne avec l'Europe.

JLje comité germanique ne s'était plus réuni depuis le 24 novembre, et la reprise de ses séances semblait ajournée jusiju à la décision des questions au sujet de la Pologne et de la Saxe , qui 9 par suite, devaient déterminer aussi le territoire

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