LIVRE TREIZIÈME
tîon geriiwinique. Toutefois, ce ne fut que phisieui^ mois après, que Wurtemberg accédar formellement à Tacte fédéral.
On a dû voir que l'organisation de la constitution fédérative de l'Allemagne exigeait une double discussion : l'une relative à l'état territorial des pays qui devaient y entrer; Tautre, et c'était la plus épineuse, embrassait les droits politiqu:es des membres de l'union. Les propositions faites par l'Autriche et la Prusse, parurent aux cours de Munich et de Stuttgard, porter atteinte aux droits de la souveraineté, et en particulier au droit de paix et de guerre, le plus éminent sans doute; mais, dans toute association, les individus ne doivent-ils pas faire des* sacrifices pour fortifier la masse ? Quant à la discussion sur l'étendue des territoires des princes de la confédération , ce n'était dans le fond qn'une question incidente qui se suivait par la voie des négociations (ordinaires ^dans le comité des cinq.
IjC comité germanique jeta les bases de la grande union fédérative; et renonçant à l'idée de créer un empire, il réunit des membres égaux sous la présidence purement honorifique ou de simple confiance de l'empereur d'Autriche. Iht oioment où ce monarque eut refusé l'empire, on ne pouvait faire mieux. Par cette
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confédération , la iiatioki allemande forme corps, et ses princes redeviennent alliés. L'équilibre est rétabli entre l'Autriche et la Prusse, et une garantie existe en faveur des faibles. Y aura- 1- il autant d'unité d'action que dans l'organisation impériale-germanique; ou plutôt le défaut d'ensemble et d'énergie dans la défense qu'on reprochait à celle-ci, ne sera-t*il pas encore plus sensible? La division d'opinion qui se manifesta dans le comité allemand, et amena une espèce de scission, se renouvellera-t-elle? C'est ce que le tems apprendra. Toutefois la nouvelle confédération •]germanique a un avantage éminent; c'est qu'elle est composée de dix-sept voix seulement : or, l'harmonie politique sera toujours en raison inverse du nombre des délibérans; principe dont on s'éloigne trop fréquemment dans le système représentatif, qui pour ce motif, est souvent orageux et sans résultat avantageux. La /sagesse des résotiitious ne sort presque jamais du tumulte des réunions nombreuses.
* La maison d'Autriche est la protectrice naturelle de l'Allemagne. Par élévation d'ame et de sen-' timens, elle stîntéresse au sort d'un peup^.quî lui décerna si Idiig^teros le diadème impéria^ïiiés princes autrichieite, et particulièrement Frà«i.çois I , ont toujours eU le cœur allemaii^* D'ail-
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leurs, la domination de l'Autriche est aujourd'hui si vaste, si complète, si bien délimitée, si adhérente dans toutes ses parties ; et la cour de Vienne est tellement satisfaite de son existence , qu elle ne peut plus songer à s'étendre en Allemagne. L'idée de certains politiques qu'on . jurait dû exclure l'Autriche de la confédération germanique, est aussi fausse qu'injuste; car quel avantage y aurait-il eu d'éloigner de cette association, la puissance qui, par ses rapports anciens et présens, par son influence, ses forces et sa réputation, est la plus capable de garantir l'intégrité et le repos de l'Allemagne; et qui aujourd'hui se montre assez désintéressée pour se contenter de l'égalité a(vec lés états auxquels , pendant six siècles, elle intima des ordres, en qualité de chef constitutionnel ? A-t-on pu se dissimuler que l'Autriche est même en population allemande, la première puissance de l'Allemagne, et que, par la Bohême , elle unit le nord et le midi de ce vastç pays ? Il y a dans la pensée de l'exclusion de FAutriche de la confédération germanique, autant d'ignorance que d'ingratitude. On a dit que l'Autriche était portée pour le pouvoir absolu. Que ceux qui parlent ainsi, aillent à Vienne ! Partout ils verront un gouvernement fondé sur la justice, la bonté et l'économie. On a ajouté que les
lumières étateut peu répandues dans la monarchie autrichienne. Ce serait le cas de demander ce qu'on entend par ce mot : si c'est l'esprit de nouveauté si dangereux; oui,%ii y est peu connu. Si c'est la connaissance des sciences, des arts nécessaires au bonheur et aux besoins de la société; elle est suffîsanoment répandue à YieniK^, à Prague, à Milan, Ce qui déplaît aux novateurs, c'est la marche lente et réfléchie de la cour de Vienne , et son respect pour plusieurs institutions anciennes. Us craignent de rencontrer dans le flegme et le grand sens de cette puissance, des obstacles invincibles à leurs projets éversifs et surtout à l'extension du système de représentation générale.
La cour de Berlin a sans doute aussi des sentimens bienveillans poiir l'Allemagne ; mais elle est dans une situation différente de l'Autriche. Son défaut de conformation régulière fait qu'elle pourrait être plus tentée de chercher à s'étendre aux dépens de ses voisins, pour remplir des lacunes ou fortifier des parties faibles : et les ministres prussiens en ont fait eux-mêmes l'aveu dans les discussions au sujet de la Saxe. Cette situation incomplète a donné de l'inquiétude à quelques princes de l'Allemagne septentrionale; inquiétude facile à dissiper; car le nouvel acte fédé*