LIVRE THKIZiÈME: a4V
ratif, en garantissant à chaque souverain ses possessions, détruit toute idée d'invasion de pore convenance.
Le roi de Bavière est devenu le troisième souvtôrain de rÂlleiBagne pai* Tétendue de ses états ^ ainsi que par la bravoure et la bonne tenue de son armée qui, dans les campagnes de f^ï3 et i8ï4, s'est acquis une 'brillante réputation sous la conduite du maréchal Wrède^ guerrier rempli de talent et d'énergie. Le cabinet bavarois prit ime part très-active aux opérations du Congrès de Vienne. Dans la question de la Saxe , le roi de Bavière plaida hautement pour le roi Frédéric-Auguste , son beau-frère ; et sa politique 5e trouvait en ce point d'accord avec ses affections. La Bavière a réglé tous ses intérêts et terminé ses litiges avec l'Autriche, par le traité de Munich du iZi avril 1816. Il ne peut plus exister de querelle sérieuse entre les deux états. La Bavière touchant à la fois à la France, à la Prusse et à l'Autriche , offre un intermédiaire propre à prévenir deà guerres, ou à en faciliter le succès en faveiw de ses alliés ; et sa coopération peut dans plusieurs circonstances , être d'un poids considérable.
On connaît la situation présente de la Saxe. Ce royaume ^ sous l'abri de la garantie générale, et par la sagesse de son gouvernement , est
a4B» CONGRES DE VIEICNE.
susceptible de se maintenir avec dignité parmi les états qui n'aspirent ni à doniirler ni à influencer leurs voisins , mais seulement à ej^ister.
L'Hanovre devenue royaume est bien moins puissante par elle-même que par ses rapports intimes avec l'Angleterre, autant de tems du ^loins, que la maison de Brunswick portera le sceptre britannique. L'Hanovre , par les debouchés'maritimes que lui a procurés la munificence du Congrès, est appelé à une plus grande prospérité.
Le souverain du Wurtemberg, qui, jusqu'à la distribution des indemnités en i8o3, n'avait que 400,000 sujets, porta, par suite des événemens, la population de son pays à i,3oo,ooo âmes. Frédéric I, fondateur de la monarchie wur- • tembergeoise , manifesta . un caractère dur et porté au despotisme militaire; mais il était vigilant, appliqué, et faisait lui-même la plus grande partie des travaux de son cabinet. Ses censeurs lui reconnaissaient beaucoup de talent, et un esprit d'ordre et de justice. Son successeur a par sa conduite dans la guerre, par ses alliances politiques et de famille, et la modération de son taractère , affermi sa puissance £igitée par les débats de son père avec les états du pays. iLe souverain du Wurtemberg pè peut guère espérer de s'étendre : il suivra
par nécessité, la politique de circonstance qui est celle des rois faibles, et qu'adopta utilement son père dans les malheurs de rAllemagne.
Après les têtes couronnées qui sont essentiellement allemandes , viennent deux autres mo* narques admis partiellement dans la nouvelle fédération germanique ; ce sont les rois de Danemarck et des Pays-Bas : le premier pour le Holstein; et le second pour le grand-duché de Luxembourg, pays important pour la défensive.
Parmi les princes souverains composant la confédération présente, il faut comprendre, le grand -duc de Ba.df, qui n'avait guère ^n 1792, que 200,000 sujets, et qui aujourd'hui en a 900,000 sous ses lois;
Le grand -duc de Hesset dont le territoire contient près de 800,000 sujets, et qui jouit d'un pays fertile, et bien situé pour le commerce intérieur;
L'électeur de Hesse-Ca^ssel qui réintégré dans la presque totalité de ses anciens domaines , se trouve dès-lors un des princes allemands du second rang les plus considérés; et le landgrave de Hesse-Hombourg, rendu à l'immédiateté par le comité des cinq-, pour le récompenser du zèle qu'il montra pour la cause générale.
A ces souverains du second rang, il faut ajou* ter, le duc de Brunswick, les branches ducales de
'>5o COI^GRÈS DK VIENNE.
la maison deSAXE et les ducs de Mecklemdoitrg lesquels offrent des forces dont la réunion ne serait point sans importance.
Il est d'autres fhaisons princières y lesquelles ont été adjointes dans la confédération aux prin* ces d'ancienne création, soit à cause de leurs richesses, soit à cause de leur territoire. Telles sont Nassau, Schwarlzbourg , HohenzoUern, Lichtenstein, Reuss, la Lippe, la Lippe-Schaumbourg et Waldeck. Ces maisons étant moins connues que les précédentes, quelques détails serviront à faire juger de quel point elles sont parties pour arriver à la haute considération dont elles jouissent.
La maison de Nassau remonte à Othon I**^, comte de Nassau , mort à Nuremberg en 1)72. L'illustration et le pouvoir de cette maison se sont singulièrement accrus depuis le i6* siècle, surtout par l'avènement de Guillaume III, prince de Nassau et d'Orange-, à la couronne d'Angleterre. Les quatre branches de Nassau obtinrent de l'empereur Ferdinand III, la qualité de princes de l'empire.
Les comtes de Schwartzbourg reçurent en 1677 , de l'empereur Léopold I, le titte de princes : ils appartiennent à la plus haute antiquité. En 1349, un comte de Schwartzbourg fut compétiteur de l'empereur Charles IV.