‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 88 sur 180 · LIVRE TREIZIÈME. tiSi · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME. tiSi

La famille de , È[ohenzolliîrn prétend venir des Guelfes. Elle est la branche aînée; et la ca^ dette a formé ceHe des margraves de Brandebourg, depuis rois de Prusse. Le feld-maréchal comte de Hohenzoliern-Hechingen fut décoré en 1692, de la qualité de prince de l'empire. Les princes de HohenzoUern sont appelés à succéder à la maison royale de Prusse.

La maison de Lichîenstein croit descendre d'Ozo, de la maison d'Est. Les trois frères, Charles, Maximiiien et Gundacar, comtes de Lichtenstein , furent fiaits princes de l'empire en 1608 et en i6a3. Cette famille a produit plu» sieurs personnages illustres dans la guerre.

Rruss remonte au dixième siècle. La branche de cette famille qui était burgrave de Misnie, fut élevée au rang de prince de l'empire, en 1426, parM'empereur Sigismond. Le dernier de cette branche étant mort en 1572, et la dignité princière étant tombée avec lui, elle a été renouvelée depuis, en faveur de la dynastie régnante (i).

L'origine de la maison de la Lippe se rattache

(1) Les individus de la familie de Reuss et des diverses branches, portent le nom patronimique de Henri , accompagné du nombre ordinal , et le prince de Reuss d'anjourd'hui est Henri LU.

aSa CONGRÈS D1Î VIENNK.

/ au comte Bernard , général des armées de l'empereur Lolhaire. Elle se partage en plusieurs rameaux, dont les principauxsant de la Lippe- Detmold et la Lippe-Schaumbourg.

La maison de Waldeck se prétend issue du fameux Saxon Witikind. L'empereur Ijéopold promut, en 1682, à la dignité de prince, Georges-Frédéric comte de Waldeck, feld-maréchal de ses armées et de celles de l'empire.

Un grand nombre de .vUles d'Allemagne, connues sous le nom ûe villes impériales, jouissaient de l'indépendance. Elles étaient au nombre de cinquante-deux, distribuées en deux bans, celui de Souabe et du Rhin. Leur liberté cons^s-^ tait en ce qu'elles relevaient immédiatement de l'empereur et de l'empire, sans dépendance d'aucun souverain ; et leur collège possédait une voix délibérative dans les diètes. Elles exerr çaient sur elles - mêmes leur juridiction, ne reur daient compte à personne de leur administration , jouissaient du droit jde régale , de celui de conclure des traités, et d'envoyer des ambassadeurs : enfin eltes n'avaient d'autre législation que celle émanée de leurs propres citoyens. Tous les cultes y étaient exercés sans rivalité et sans aigreur. Les arts et le commerce , amis de la tolérance , y florissaient; et quelques-unes

' d'entré elles , telles que Francfort, Cologne

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et Jlahibourg principalement, avaient acquis un« existence coilsid^^rabk. Déjà, par le traité de Westphalie, dix villes impériales d'Alsace avaient été réunies à la France; et Strasbourg lui avait été cédé par la paix de Ryswick. La faiblesse de beaucoup "de ces vi)les les présentait comme une proie facile.

La paix de Lùnéville, et bientôt après, l'acte de confédération du Bbin de i8o6, anéantirent l'indépendance de toutes les villes impériales: elles furent réparties entre les princes leurs voisins. Bade, .Wirtemberg et la Bavière, qui en avaient acquis le plus grand nombre ^ n'eurent point de ménagemens pour elles. Ces villes soupiraient après leur indépendance, et supportaient impatiemment le joug que leur avait imposé la violence. Mais leur situation n'était guère susceptible de changement, parce que des traités aivaient garanti . à leurs nouveaux souverains , l'intégrité de leurs domaines. Il eût fallu trouver ailleurs des indemnités; et déjà elles manquaient pour des princes, tels que le roi de Danemarck, l'électeur de Hesse-Cassel, et autres auxquels il en était dû. Ce fut cette circonstance qui empêcha même de mettre en délibération , le rétablissement des villes impéria- 4cs ou immédiates.

Les villes ^ites anséatiques, Lubeck, Brème

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et Hambourg , après avoir été réunies à la France en 1810, et avoir recouvré leur liberté, étaieut de nouveau menacées dans leur existence politique, par la nécessité de satisfaire Les prétentions de divers états du nord de TÂUemagne; mais l'intérêt du commerce européen,, el: de puissantes recommandations l'emportèrent. On reconnut dans le Congrès, qu'il était avantageux que, dans les guerres qui pourraient affliger encore l'Europe et l'Allemagne en particulier, il y eût des villes où le commerce pût continuer à former des opérations utiles aux neutres et aux belligérans» L'Angleterre surtout ayant à craindre par l'exemple du passé, qu'on ne vînt à lui interdire les ports de l'AUemagne septentrionale , , favorisa de tout son pouvoir, l'indépendance de Brème, Lubeck et Hambourg qui furent admises dans la confédération geraianiquie, avec Voix délibérative pour chacune d'elles^

La ville de Francfort , l'une des premières places du continent et précédemment siège ide l'assemblée des neuf Princes-Électeurs, devait nécessairement , comn^ lieu de résidence de la nouvelle confédération germanique , rentrer dans son indépendance. £Ue lui fut rendue avec les prérogatives qu'elle possédait en 1 8o3, et avec voix délibérative.

Quelques politiques auraient voulu qtie les

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villes anséatiques et Francfort n'étant que de grandes foires ^ fussent restées sujettes. Sans doute ces villes sont de grandes foires, et le eentre d'un immense commerce dans la paix comme dans la guerre; mais c'est par ce motif qu'elles méritaient d'être rétablies dans leur indépendance qui est une source de prospérité pour toute l'Allemagne. Des politiques spéculatifs, au mot de liberté y mêlent toujours le cliquetis des chaînes; et si dans quelques lieux, ils élèvent des autels à l'indépendance , c'est pour la reiryerser dans d'autres pays. Ils veulent de grandes puissances , non pour avoir de fortes garanties, mais pour porter des coups violens. Tout chez eux se rapporte à la force, à la domination, à l'oppression des faibles; et un état paisible mais industrieux, et qui ne peut nuire ou envahir, leur parait une superfétation, quoique l'histoire apprenne que les petits états n'ont jamais ravagé la terre, et que les habitans y sont plus heureux que dans ceux d'une vaste étendue.

La grande attention des principaux états d'Allemagne, est de soustraire désormais leurs peuples à l'influence étrangère, comme la pensée des états de la seconde classe, est de se soustraire à ceux de la première. Xa réalisation des espérances sous ces deux points de vue importans, dépendra surtout de l'union qui existera entre

aSÔ' CONGRÈS DE VIENNE.

l'Autriche et la Prusse. Puisse rémulation du bonheur public succéder à la rivalité du pouvoir! La cour de Berlin a senti ce qu'elle avait perdu pour n'avoir pas été au secours du vrai protecteur de l'Allemagne; et, d'un autre côté, elle a dû être touchée de la magnanimité de la cour de Vienne qui oubliant bien des traverses hostiles, a secondé, autant que la politique générale le lui permettait , la restauration de la monarchie prussienne. L'Allemagne ne peut retomber sous le joug de l'étranger, que dans le cas où l'esprit de faction, qui n'est que l'intérêt personnel et exclusif, l'emporterait sur le bien-être de la confédération* La France qui, sous Napoléon, abusa tant de son pouvoir, n'a plus droit désormais de se mêler du sort de ce pays, que par suite de traités avec lâ confédération , ou avec des puissanceji d'Allemagne prises séparément. Dans l'un et l'autre cas, la politique lui conseille de n'avoir en vue que le maintien de l'ordre général, la défense de l'état opprimé, et de dédaigner tout ce qui n'appartiendrait qu'à la vanité d'une influence qui blesse ou humilie. Les grandes cours se disputent à tort la petite gloire de dominer dans les conseils de l'étranger, domination moins fructueuse qu'orageuse.

C'est sans réfléchir qu'on représente la Russie comme capable d'envahir l'Allemagne. Le

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