‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 92 sur 180 · LIVRE QUATORZIEME. uÔQ · texte numérisé non relu

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nombre de familles immédiates, telles que Lichtenstein , d'Aremberg, Isenbourg, Salm-Salm et la Leyen, avaient échappé à une ruine calculée avec perfidie par Napsiéon qui , sous prétexte de simplifier la nouvelle confédération, n'aspirait qu'à la dominer. Dès l'ouverture du Congrès, beaucoup de membres de la noblesse ci-devant immédiate, et désignée depuis sous le nom à^ états médiatises y étaient venus à Vienne, pour réclamer d'anciens droits dont l'abolition formelle de la confédération du Rhin avait paru leur garantir la restitution. Réunis en une assemblée, ils avaient élu pour président le prince de Metternich, père du ministre d'état autrichien, et pour secrétaire, le S^. Gartner qui était revêtu des pouvoirs des médiatisés.

Une députation d'entre eux, composée de la princesse de Furstemberg, veuve du prince de ce nom, tué à la bataille de Stokack, et tutrice du jeune landgrave son fils, du prince de Wied- Neuwied et du comte d'Erbach, ayant obtenu, le aa octobre 1814^ une audience de l'empereur d'Autriche ; la princesse de Furstemberg le harangua en ces termes : « Les états d'empire qui se présentent devant V. M. I. et leurs familles, ont depuis un tems immémorial, prouvé leur dévouement inébranlable à la constitution de l'empire et à l'auguste maison de ses

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empereurs. Leurs peuples, leurs aïeux et euxménlefr ont, dans la demièi'e campagne encore , scellé de leur sang cet attachement invariable. £û récompense d'une fidélité à toute épreuve , ils ont été privés de leurs droits et du patrimoine de leurs ancêtres. On les a réduits à une condition inférieure à celle de leurs anciens sujets. Ils attendent^ pleins de confiance, dans la justice et la. haute protection de V. M. L , la restitution des biens de leurs pères , et des droîts imprescriptibles de leurs maisons , des mains de monarques justes et éclairés, qui, non contens de rendre la tranquillité à l'Empire , veulent l'asseoir sur des bases inébranlables. En mettant aux pieds de V. M. I. le mémoire qui exprime nos vœux; il est permis de le dire, au nom de tantde fidèles états d'Allemagne : nousn'espéroils aqcune garantie constitutionnelle , si le msatre de tant de peuples divers ne consent à redevenir notre père , notre empereur. Que la grâce divine qui nous a secourus jusqu'ici, fléchisse le cœur de notre bon empereur, et l'engage à reprendre, pour le salut de l'Allemagne, ce qui, dans d'au* très mains serait nécessairement un germe dç déchiremens intérieurs, et pourrait même servir d'armeà contre lui. »

: L'empereur ému jusqu'aux larmes, répondit en substance, qu'il ne savait que trop e^'-qtw

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l'Allemagne avait souffert dans les derniers tems; et combien de maisons ci-devant grandes , et puissantes, avaient été opprimées ; et la vôtre, dit-il à la princesse de Furstemberg, en est un exemple vivant. « J'ai appris, continua l'empereur, à connaître mes chers Allemands, et je ^ suis infiniment touché et flatté de recevoir de nouveau l'assurance de leur attachement. J'ai déjà été pressé de différens côtés ,' de reprendre la. couronne impériale ; et c'est aussi mon désir, si je puis allier son accomplissement avec les intérêts de mon propre pays. Malgré l'émotion que votre discours me fait éprouver, je ne suis cependant point embarrassé pour vous répondre; car je ne désire et ne veux que ce qui est conforme ^u droit et à la justice, ,et c^ue l'on rende à chacun ce qui lui appartient. Vous verrez , par le cours des négociations , que telle a toujours été ma dernière volonté. » L'empereur prit avec sensibilité la main de la princesse de Furstemberg , et témoigna de nouveau combien il s'intéressait à sa cause. A la suite de cette audience, les comtes médiatisés ou leurs procureurs; fondés, furent autorisés à faire vérifier leurs? pou- .voirs, comme les autres plénipotentiaires^près du Congrès. .

]^eonragés par ce premier succès , le-s médiatisés adressèrent, le 7 décembre^ au comité des

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huit^ ainsi qu'au comité germanique, une note dans laquelle ils disaient « que si plusieurs états d'empire et souverains ci-devant membres de la confédération du Rhin, avaient cru devoir revendiquer des privilèges particuliers; ces privilèges étaient réclamés avec bien plus de fondement par les états médiatisés ; « que le 6* article « du traité de Paris ne nommait point les soute verains de la confédération du Rhin qui était « alors dissoute par les victoires dont la Provi- « dence avait couronné les armes des alliés et a par la ^renonciation subséquente et solennelle « de ses membres ; mais qu'on y désignait en « général les états d'Allemagne ; que l'ensemble « des pays médiatisés contenant une population m de plus d'un million d'amés, il était impos-» <f slble d'après cette proportion , de mécon- « naître le droit qu'ils avaient à une représen- « tation politique. » Les princes et comtes médiatisés rappelaient les droits qu'ils tiraient de l'ancienneté et de l'éclat de leurs maisons; et se fondaient principalement sur ce principe du droit des gens, qui veut « que les traités ne « puissent tourner au préjudice d'un tiers qui n'a v<pas été entendu^ et qui n'y a point acquiescé, » Les états médiatisés présentèrent, le 3o jan^vier, au Congrès un nouveau mémoire daps lequel ils réclamaient les droits personnels sui-

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