LIVRE QUATORZIÈME
Wurtemberg, moins porté que son père à l'absolutisme, autorisa les médiatisés à poursuivre, auprès de la diète de Francfort, le recouvrement de leurs droits légitimes. Par l'acte de la constitution fédérative de l'Allemagne, les^ états médiatisés, ont été placés vis-à-vis des souverains auxquels ils devaient rester soumis , dans une position dépendante, mais plus honorable; et ils sont rentrés dans certaines immunités pour leurs personnes et leurs domaines , ainsi que dans l'exercice de divers droits relatifs à la justice et à la police de leurs terres.
Touchés des efforts de leurs peuples dans la lutte contre la domination de Bonaparte, plu-r sieurs souverains se déterminèrent à leur accor* der, comme une récompense, le régime repré* SENTATiF, avec la participation directe à la législation , et le droit de contrôler les opérations ministérielles. Dans diverses contrées d'Allemagne, les souverains furent amenés à cette concession par la difficulté de mettre de nouveaux impôts, ou de donner sans le concours de leur peuple, des hypothèques suffisantes aux créanciers de l'état.
Les grands ducs de Saxe-Weymar, de Bade , et le duc de Nassau, s'empressèrent de donner à leurs sujets, nne constitution basée sur la représentation publique. Le roi de Bavière en accorda une qui consacrait l'égalité des impo-
sitions, et assurait l'entière liberté de conscience, comme de la presse , mais avec des restrictions. Toutefois , l'assemblée des états divisée en deux chambres, celle des sénateurs et celle des députés , ne devait être convoquée que tous les trois ans, et était obligée de voter les impôts pour six sans condition.
Le roi de Wurtemberg, Frédéric I , en arrivant de Vienne à Stuttgard, avait donné, le 10 janvier t8i5, un édit par lequel il annonçait à ses sujets une nouvelle constitution et des états annuellement assemblés, aussitôt que le congrès aurait complété son travail pour la paix générale et l'ordre de l'Europe. Le projet de constitution , adressé par ce monarque aux anciens états deWurtemberg, éprouva des contradictions dont ce monarque ne vit pas la fin. Ce prince était trop imbu de l'idée de sa nouvelle puissance ; et les états étaient trop pénétrés de l'opinion de leurs anciens droits; mais un rapprochement a eu lieu depuis sa mort avec son successeur.
Le roi de Prusse, témoin du dévouement héroïque de ses sujets dans la guerre de 181 3, avait promis de les en récompenser par une constitution conforme k F esprit du tems^ c'est-à-dire, fondée sur le système représentatif. La multitude des événemens et l'attention particulière qu'exigeait la politique extérieure, ayant empêché Frédéric- Guillaume de* s'occuper de la nouvelle constitu-