‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 99 sur 180 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

nationales semblent donc devoir être restreintes en raison de l'effervescence naturelle d'un peuple, et être étendues en proportion de sa moralité et de son intelligence. C'est une institution purement locale et relative, qui ne doit pas être légèrement consentie.

. A l'extérieur, on observe que si la faculté était laissée aux représentans ^ de concourir par leur approbation , aux opérations du cabinet, cette faculté entraverait la politique qui ne se réduirait plus à des rapports discrets avec les autres états ; mais devrait encore se concerter avec les représentans de la nation, pourleur faire accepter ou comprendre les mesures négociées. Du reste, on ne peut se dissimuler que , bien que les opérations du cabinet soient soustraites aux regards des chambres pour la partie de la conduite, la nécessité d'obtenir dans certains cas, des subsides, obligera d'étudier l'esprit des chambres, pour disposer cet esprit à la coopération , ce qui est la principale science du gouvernement représentatif. .

L'histoire universelle apprend que les pays où la nation intervient dans les affaires publiques ^ ont plus fréquemment des guerres que ceux qui sont soumis au régime monarchique. L'exemple de Rome, de (^rthage, des républiques grecques et d'Italie, de la Pologne et même de l'oligarchique Angleterre, semble confirmer

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celte vérité dont la cause est facile à trouver. Les rois ont des teras de repos et de calme: les maladies, la vieillesse, l'incurie, ou un bon esprit peuvent les porter à la paix. Mais les nations n'éprouvant guère, même dans leur décadence , la caducité physique, sont toujours ardentes et animées dans leurs délibérations. Elles seront beaucoup plus susceptibles que les rois sur ]e point d'hon^ neur, plus acharnées au succès , et plus difficiles à ébranler dans les revers , parce qu'elles écoutent moins les conseils de la prudence. D'ailleurs, tandis que la politique de la cour se réduit à un système souvent très - simple , les représentans de^ la nation se font , de leur côté, un système d'intérêts compliqués et poursuivis avec chaleur, quoique souvent sans vues d'ensemble.

Le régime représentatif est tellement dans l'efprit du tems^ pour certains peuples, qu'il serait difficile de le supprimer, surtout aujourd'hui que cet esprit, au milieu de quelques écarts pour l'extension de la liberté , peut aussi , s'il est bien réglé, consolider le trône et ses légitimes droits. Toutefois , c'est une question fort difficile à résoudre que de savoir jusqu'à quel point on doit seconder Xesprit du tems. Avant tout, il faudrait bien démêler sa nature , sa tendance ; la moralité de ses moyens, et s'assurer s'il vise au bonheur du peuple , et

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