LIVRE QUiiTORZliSME
server, soit pour la défense de la place, soit pour Futilité du commerce.
Dans la conférence du 24 mars qui termina le travail de la commission , on lut : 1^ les neuf articles sur la navigation des fleuves et rivières en général ; a" le rapport à faire au comité des Huit puissances sur les travaux de la commission; y les trente-deux articles arrêtés .touchant la navigation du Rhin ; 4^ les sept articles concernant la navigation du M ein , du Necker , de la Moselle, de la Meuse et de TEscaut. Ces rapports et articles obtinrent l'approbation du comité des huit puissances. C'était un grand pas vers la liberté générale de la navigation des fleuves et des rivières. La mise a exécution du système de navigation intérieure, qui offrait de si grandes difficultés, suffirait pour assurer au Congrès la reconnaissance des peuples appelés à jouir de tous les avantages du nouveau système fluvial.
Quelques personnes ont regretté que le Congrès n'eût pas établi une commission pour consacrer également les principes de la navigation maritime. Mais d'abord, un pareil travail ne pouvait se déduire d'aucun article du traité <le Paris , . et la légation anglaise n'eut pas consenti à ce qu'il fut entrepris. On doit se pénétrer du principe qu'il n'y a, et n'y aura jamais de similitude II. 19
txgO CONGMiS DE YIEMNk.
entre la navigation intérieure et la navigation dea mers. La première est susceptible de réglemens fixes, parce qu'U est aisé d'en snrveiller la police et de punir les délinquans^ tandis que sur mer, une foule de prévarications échappent à la surveillanoe : là les nations se trouvent , suivant iear position de paix ou de guerre, jetées danâ une conduite et des systèmes opposés. Entre les beliigérans et les neutres, tour à tour la sù-i reté et l'indépendance se combattent ; et tandis que celle-ci s'indigne de toute entrave, la pre-» mîère se croit obligée de les multiplier. C'est le 4;hoc altei^natif de ces deux principes qui em-** péchera qu'il puisse y avoir sur mer, une législation aussi précise et aussi régulière que celte adoptée sur terre pour lai navigation intérieure, d'autant plus que les opinions et Tintérét de la puissance dominante sur mer, ne seront jamais ceux des puissances inférieures.
Les descendans de ces fiers Germains, souvent recueil de la puissance romaine et de celle de Gharlemagne, avaient presque subi le joug au commencement: du dix-* neuvième siècle. La vio^ lence, l'artifice et l'erreur y contribuèrent beaue coup; mais il Êiut convenir* au&si que les armée» françaiftesne trouvèrent pas toujours de grands obstacles k leurs suocès. Plu^euirs états de l'empire, tels que la Prusse et l'Autriche^ avaient
LIVBB QUATORZIÈME. agi
bien un système de défense ; mais rAliemagne , comme état , n'en avait pas. Son principal rem* part était le Rhin. Une fois franchi ( et cette opération était devenue familière ), rien n'arrêtait plus la marche d'une armée supérieure en nom* bre et conduite par des généraux hardis. Le nouvel équilibre appliqué à l'Allemagne par le Congrès , donnait plus de concentration et d'adhésion à ses parties ; mais il lui manquait une frontière militaire et une enveloppe de forteresses qui servissent d'appui à la confé* dération, dans les guerres avec l'étranger. Dans cette vue , le prince de Hardenberg avait proposé , dans la séance du comité germanique du ao octobre , qu'il fût formé un conseil spécial d'hommes expérimentés dans la- guerre , pour discuter la constitution militaire de rAliemagne, et arrêter un système de défense.
Lé prince de Wrède se hâta de remettre le aa , au comité germanique , un projet concernant les objets sur lesquels le comité militaire aiwait à délibérer. Après avoir 'discuté quelques questions sur la formation de l'armée de la confédération , sur son chef, sur les rapports des forces des [difiFérens états ; et sur l'emploi des troupes et des forteresses dans une guerre offensive ou défensive , le prince de Wrède pensait qu'on ne pouvait disposer un système
complet de défense , avant d'avoir reçu des éçlaircissemens sur l.es rapports politiques de la conféoération allemande avec la Suisse et le royaume des Pays-Bas; qu'il convenait également de savoir quelles seraient les limites de l'état fédéral allemand au Nord , à l'Est et au Sud; et enfin quelles étaient les places fortes qui devaient entrer dans la ligne de défense et d'opérations, ou qui devraient être construites. Mais, comme ces diverses choses n'étaient pas assez avancées, pour pouvoir faire à cet égard des communications satisfaisantes au comité militaire, le prince de Wrède ne croyait pas qu'il pût être encore rassemblé. Cette opinion n'empêcha pas les plénipotentiaires de Hesse, des maisons de Saxe et de Nassau, d'adresser aux premiers plénipotentiaires d'Autriche et de Prusse, une note, en date du a 5 octobre, dans laquelle ils observaient que la ville de Mayence ayant été en 1 799 , î 8o5 et 1 809 , la principale place d'armes où s'était préparée l'invasion de l'Allemagne méridionale , ainsi qu'à d'autres époques connues , l'occupation de l'Allemagne septentrionale ; il s'ensuivait que la sûreté des états de la confédération , et de plusieurs états étrangers, exigeait que la ville de Mayence ue fut pas la propriété d'une seule puissance 4ont l'intérêt et les liaisons politiques pour-
tlVAE QUATORZIEME. ^93'
raient dans un tems de faiblesse intérieure ou extérieure, être contraire au système d'alliance de toute FAllemagne ;> et qu'il convenait en copséq^uence que Mayence fât déclarée place d'armes et forteresse de la future confédération du Rhin. C'est par suite de cette observation, que la garde de Mayence fut confiée aux. Autrichiens et aux Prussiens ; ce qui pourra produire des rixes entre eux. Il eût mieux valu peut-être y placer un corps formé du contingent de quatre ou cinq états de la confédération, parce que la grande variété de troupes eût atténué l'esprit de rivalité; Dans la séance du i^s février i8i5, du comité des cinq, puisanees ,. il fut aussi arrêté qu'outre 1» ville de Mayence^ Luxembourg, Ehrenbreistein et Philisbourg(i), ou un autre point sur leBhin^ seraient forteresses de la ligue germanique. La ville de Landau a été considérée depuis l'a* bandon fût par la France , et le transport fait à la Bavière, comme forteresse de la confédéra- ^ lion-. La défense de l'Allemagne a été améliorée encore par le traité de i8i5, qui stipule la démolition dHuningue, et la cession en faveur de
(i) Philisbourg et EhrenbreisteiD ayant été presque entièrement démolis par les Français, il a fallu en reconstruire les fortifications. La Prusse s'est occupée de celles d'Ehrenbreisteiii .
.294 CONGRÈS 1>£ YIEJXVE.
la Prusse , de Saarlouîs ; mais , sous Un autre point plus sérieux sans doute ^ la défense de l'Allemagne a été atténuée par l'extrême reculement de FAutriche qui ne couvre plus l'Allemagne méridionale par ses possessions.
Le premier plan défenstf contre là France, avait été de rapprocher d'elle l'Autriche, la Prusse et les grandes puissances du centré. Dans cette intention, on avait cédé à la cour de Vienne, des tat^itoires sur les deux rives du Rhin, et il avait été même question àe lui rendre le Brisgav^. Mais depuis, l'Autriche voyant les difficultés nombreuses qu'offbait la restitution de quelques-unes de ses anciennes provinces sur le Rhin > y a renoncé pour embrasser un système de concentration qui tend à rappro* cher toutes les parties de la monarchie du point principal qui est Tarchiduché d'Autriche; C*est ce même système qui a dirigé les échanges entre l'Autriche et la Bavière; échanges peu £aivorables au corps germanique; car, bien que la cour de Berlin se soit avancée sur les frontières de l'Allemagne à l'occident , elle ne peut remplacer l'Autriche dans une égale proportion de puissance.
Le clergé allemand, malgré les pertes éprouvées lors de la réforme dans la guerre de trente ans , et sous le règne de Joseph II ,
LITRE QD ATORSlàjfE. ag^
possédaîl eneore , loraqae la révolution éclata ^ trois électoFats, et beaucoup d'évécbés et ab* bayes 'qui jouîssaîent de grands privilèges , et même de la souveraineté. A Campo^Fonhiio avait été commencée la spoliation dnçlergéaUemandf et le recès de 1 8o3 lui avait porté le» derniers* coups. Ce corps songea^ lors de Ib temie du Congrès , à réclamer une partie des btens et des^ honneurs dout il avait été dépouillé. Dans un mémoire qui renfermait le tableau de sa déplo^ rable situation , il disait « que les sièges épiscopaux étaient presque tous vacans , les chapitres^ dissous , les prélats dispersés , affaiblis par l'âge^. ou morts; que la circonscription des diocèsesavait été arbitrairement changée ; que beaucoup* d'institutions religieuses pour Tun et l'autre sexe^ avaient été détruites , et leurs dotations dilapt* dées. En conséquence, le clergé allemand demandait c que, pour prévenir les maux dont le repos 'et même le salut de l'état étaient menacés , on s'occupât, avant toute (iiose, de nommer aux ^éges vacans et de compléter les chapitres; qu'on rétablit la discipline ecclésiastique ; qju'oti organisât les séminaires et autres laiaisons d'é* ducation ecclésiastique; que l'Église catholique lût néintégrée dans la jouissanoe de ses droits primitifs ; qu'on rendit aux diapitres le droit de choisir librement les évéques ; et que ,
ag6 CONGRÈS DE VIENIfE.
sans égard aux innovations qu'on s'était permises dans ces derniers tems, les rapports entre rÉglise et l'État fussent remis sur le même pied où ils étaient auparavant en Mlemagne ; enfin, que le principe de l'antique liberté de l'Église germanique, fut la base de tous les réglemens à faire [)our l'avenir.
Le clergé d'Allemagne réclamait toutes ses possessions non encore aliénées, et même ses possessions aliénées, en tant que, d'après les principes du droit , elles seraient rachetables ; et pour le surplus de ses propriétés, il s'en remettait à la justice des souverains dont il attendait , à titre d'indemnité , un supplément suffisant en biens-fonds, pour la dotation des évéchés , chapitres , séminaires , cures , et celle des établissemens de bienfaisance. L'empereur accueillit avec bienveillance les députés du clergé d'Allemagne, qui étaient le baron de Wamblod , doyen du chapitre de Worms, et l'abbé Heiffrich, prébendier de Spire, et leur promit sa protection. Le cardinal Consalvî remit aussi au nom du pape, au comité germanique, un mémoire pathétique dans lequel il in« tervenait en faveur du clergé allemand.
Dans l'acte fédératif de l'Allemagne, on arrêta, i^ le paiement des pensions accordées à des ecclésiastiques et à des membres des