‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 12 sur 214 · LIVRE HUITIÈME. 3l · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. 3l

a à la liberté de Napoléon relégué désormais , à « la merci de ses ennemis, loin de sa famille et « séparé de ses serviteurs , à Sainte - Lucie ou à « Sainte-Hélène, qu'on lui assignait pour prison. »

Ce tableau cause peu d'émotion, en le rapprochant de celui qui, pendant vingt ans, fit couler le sang et les larmes de l'Europe. Du reste , il n'y avait rien encore d'arrêté au Congrès, au sujet de la translation de Bonaparte dans un autre lieu; et il eût dépendu de lui d'en faire même perdre l'idée, en vivant paisiblement à l'île d'Elbe. Son débarquement a prouvé combien il eût été sage de l'en expulser plus tôt ; et c'est là le seul tort que le Congrès ait eu à se reprocher. Bonaparte ne tarda pas à voir que la Justice de la Proi^idence s'occupait de lui, dans un sens tout différent ; car sa réclusion h nie de Sainte-Hélène, a sans doute été exécutée par une vue de cette même Providence.

n faut donc tenir pour démontré, que la violation du traité du 1 1 avril était imputable à Bonaparte seul ; n'eût-il commis d'autre infraction que d'élever à 800 hommes sa garde, qui ne devait être que de 4^0. De plus, ses proclamations attestent qu'il n'avait jamais renoncé à l'espoir de recouvrer le pouvoir suprême, et qu'il n'avait fait, que pour un moment ^ le pénible sacrifice de la couronne. La base fonda-

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mentale du traité du 1 1 avril étant une renonciation complète à cette même couronne, son invasion était surtout une violation du traité du 1 1 avril , et l'annulait. Si c'était la nation qui eût rappelé Bonaparte, la violation eût été le fait de la nation ; mais la majeure partie était restée spectatrice immobile de ce malheureux événement préparé par les intrigues des agens de l'usurpateur.

On s'est Lorné à réfuter sommairement les allégations renfermées dans le rapport du conseiller d'état de Bonaparte, qui fut répandu avec profusion pour séduire le peuple et l'armée. A l'appui de cette pièce, Bonaparte avait adressé aux souverains, des lettres dans lesquelles il s'efforçait d'invalider la déclaration du i3 mars, devenue, suivant lui, sans application par les succès qu'il avait obtenus, et par l'offre qu'il faisait, de ratifier le traité de Paris du 3o mai.

Le comité des huit puissances nomma, une commission qui lui fit, trois jours après, sur les prétentions de l'usurpateur, un rapport dans lequel on discutait les deux questions suivantes: i° Si lai position 'de Bonaparte, visà-vis des puissances de l'Europe, avait changé par les premiers succès de son entreprise, ou par les événemens qui auraient eu lieu depuis son arrivée à Paris;

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