‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 123 sur 214 · LIVRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIÈME

peaux du prince de Condé y s'était mis à la tête de quelques régimens, et avait débuté par obtenir quelques succès sur les bords de la Drôme; mais , abandonné par la majeure partie de ses soldats et enveloppé de toutes parts , le prince avait été contraint de signer une capitulation qui lui laissait la faculté de sortir librement du territoire français. Moins par générosité que par politique^ Bonaparte avait ratifié cette capitulation : il voulait faire oublier le m^irtre du duc d'Enghien. La duchesse d'Angouleme, toujours digne d'elle-même et de son époux , û'ayant pu , malgré l'énergie de ses discours, ramener ta garnison de Bordeaux dans le chemin de l'hontieur , et lui faire crier : Vive le Roi ! était passée en Angleterre, pour invoquer l'appui du princerégent , et elle l'avait retrouvé dans les sentimens qui l'avaienttoujotirs animépour la mafison de Bourbon.

La Vendée, persévérant dans son «incienne et immuable fidélité', était rentrée dans I-arène des combats , quoique avec des moyens fort inférieurs à ceux qui l'avaient tant illustrée sous les Bonchamp , les d'Elbée., les Lescure , les La Roche-Jacquelin. Le fils de ce deitaier , aussi vail- Ifitnt, mais aussi malheureux que sdn père, avait été frappé de hiort en se signalant contre les troupes de l'usurpateur. Si quelques généraux

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vendéens écrasés par le norabre déposèrent les armes, d'autres s'y refusèrent.

Bonaparte , avec une activité qu'augmentait le danger de sa position, avait réorganisé plus de îioo,ooo hommes. Grades , décorations , traitemens , il avait tout prodigué ; sûr avec de pareils moyens , d'ébranler les faibles, et de gagner les ambitieux. Son plan était de prévenir ses ennemis sur lesquels il n'avait encore que des données fort inexactes. Ainsi il croyait que les Russes étaient sur le Niémen , quand ils avaient déjà franchi la Vistule, et s'avançaient à marches forcées ; que l'armée autrichienne avait été mise sur le pied de paix,tandis qu'elle n'avait pas licencié un soldat. Il croyait que l'armée prussienne était dispersée , que le duc de Wellington s'oubliait à Bruxelles dans les dissipations , et qu'il serait facile de battre en détail les Prussiens et les Anglais, pour de là, marcher contre les armées russes et autrichiennes dont la défaite qui lui paraissait infaillible , aurait pour résultat une paix qui lui eut garanti la couronne. Ces folles espérances attestent que les promenades solitaires de l'île d'Elbe n'avaient pas mûri le jugement de l'homme aux chimères; ce qu'attestait encore plus la proclamation du i4 juin, dans laquelle l'usurpateur disait , en parlant des alliés : « Les « insensés !.... un moment de prospérité les aveu-

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