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gardé : ils sont enveloppés, et faits prisonniers. Bientôt une terreur panique frappe les grands corps de l'armée qui se confondent dans une fuite précipitée. Ttois cents canons, les bagages, la voiture niénne de Bonaparte , dans laquelle se trouvaient son épée, son chapeau, son linge, et une épaisse liasse de proclamations invitant les Belges à s'insurger : tels sont les premiers fruits de la victoire de Tennemi. Les Français ont 35,000 hommes tués ou faits prisonniers; les Anglais y 1 5,ooo tués ou blessés ; et les Prussiens, un nombre bien moindre, parce qu'ils n'avaient paru que pour décider l'action.
La bataille de Waterloo , une des plus mémorables du siècle , renversait le pouvoir de l'usurpateur ; et ce qui blessait non moins son orgueil, cette éclatante défaite le plaçait dans une infériorité marquée vis-à-vis de son vainqueur. Celui-ci triomphait dans l'offensive, genre de succès auquel Bonaparte aspirait le plus. En causant de la bataille de Waterloo, Wellington dit : a Que Bonaparte i était jeté sur lui^ avec K une force ^ri/^^;» expression qui caractérise la Sérocité comme le mauvais ordre de l'attaque. Trop vain pour avouer sa défaite , après avoir compté sur un succès presque assuré , Bonaparte l'attribua à des circonstances étrangères : il larejeta surtout sur Grouchy qui commandait
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35,000 hommes , et ne vint pas le joindre parce qu'il était contenu par une division prussienne. Mais la véritable cause de la déroute de Tarmée française, se découvre dans rhéroîque immobî"» Hté des bataillons anglais qui, tels qu'un mur d'airain, rendirent vains tous les efforts dirigés contre eux^ jusqu'à l'arrivée dès Prussiens qui leur permit de s'élancer de leurs positions. Bonaparte eût<-îl été victorieux à Waterloo , aurait eu bientôt à combattre les Russes et les Autrichiens ; et la guerre un peu plus prolongée, se fut toujours terminée en faveur de l'Europe conjurée. L'usurpat^ir qui, à trois heures de l'après'» midi, avait expédié en toute hâte à Paris, un courrier annonçant une victoire signalée , y arrive lui-même précipitamment dan^ une espèce d'incognito^ indice de son embarras, et il apporte la certitude d'une défaite aussi complète qu'irréparatble. Ainsi une campagne de trois jours est le (lénoûraent de l'usurpation. Jamais châtiment ne fut plus prompt , ni plus lïlérité. Que la. flatterie s'efforce maintenant de retrouver le plus grand homme de guerre qui ait jamais existé j dans le vaincu de Leipsick et de Waterloo, dans celui qui perdic en peu d'années , les conquêtes de l'héroïsme français dans vingt ans de guerres fameuses !... Lies généraux qui observèrent Bonaparte dans ses dernières campagnes,
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avaient reconnu que l'esprit de combinaison avait dégénéré en Un, et qu'il n'avait plus, quoique dans l'âge de la force physique et morale, que ia fureur des combats et U soif du sang V penchans qui ne le quittèrent jamais (i).
Accablé sous le poids d'une douleur concentrée , Bonaparte dit à Caulaincùurt, en poussant un long soupir : k L'armée a fait des prodiges^mais , tt une terreur panique l'a saisie ; tout a été perdu. (c Ney s'est conduit comme un fou : il m'a fait ce masâacrer ma cavalerie. » Puis sortant d'un premiét* abattement , il fait appeler le ministre de l'intérieur , Carnot , et lui demande 3oo,ooo hommes. Le ministre déclare qu'il lui est impossible de les trouver.
Dans cette crise, les deux chambres sont convoquées. I^e député La Fayette invite celle
(i) Ce sera à la postérité , à juger Bonaparte comme général; mais il faut dès ce moment reconnaître, que s*il a gagné bêaiiGonp de batailles, il en a perdu de bien nsémorables. On peut encore observer qu'il méconnut, les règles de Tart, en faisjjint des pointes téméraires; et qu'il négligea souvent ce qu'il y a de plus essentiel dans la stratégie , la base d'opération et les lignes de communication. Bonaparte ne fît en chef, dans sa longue carrière militaire , que deux sièges, celui de Mantoue qu'il prit par famine au bout de quatre ou cfnq mois , et celui de Saint-Jean-d*Acre où il édioua complètement.