LIVRE SEIZIEME
BoQapaite, sakis résoiulîon arrêtée, ne s'explique point sur ce qu'ii Youlaît faire ; et le conseil se sépare.
Le aa juin, après beaucoup de pourparlers, d'objections et de répliques animées dans lesquelles Bonaparte ne sénaontraîl poîtat disposé à céder, il déclare enfin aux ministres assemblés, qu'il se déterminait à abdiquer, mais à donner son ab* dication dans les ternes suivans : «Français! en a commençant la guerre pour soutenir ^ndéff pendance nationale^, je comptais sur la réunion ce de tous les efforts , de toutes les volontés , et <K le concours dé toutes les autorités nationales. « J'étais fondé à en espérer le succès^ , et j'avais «c bravé toutes les déclarations des puissances « contre moi.
« Les drconstanoes pai^ssent changées : je a m'offre en sacrifice à la haine des ennemis de a la France ; puissent-ils être sincères dans leurs « déclarations^ et n'en avoir jamais voulu qu'à ce ma personne ! Ma vie politique est terminée ; « et je proclame mon fils , sous le titre de Napo- « léon n , empereur des Français^ Les ministres « actuels formeront le conseil de gouvernetnent : « l'intérêt que je porte à mon fils, m'engage à «( inviter les chambres à organiser sans déki la c< régence par une loi.
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• Unissez-vous tous pour le salut public, et « pour rester une nation indépendante.
a Napoléok. »
L'abdication est acceptée, par la chambre des représentans dans la séance du si3, et le président Lanjuinaîs est chaîné d'aller remercier Bonaparte qui témoigne le désir que son abdication profite à son fils; mais Lanjuinais ne lui répond rien de positif.
Il y avait une grande différence entre Fabdication de i8i4 et celle de i8i5. Lors de la première, Bonaparte était reconnu empereur par les puissances ; et lors de la seconde y il n'était à leurs yeux qu'un usurpateur, ou plutôt un prisonnier échappé de sa prison pour désoler l'Europe. Il n'avait plus sur les Français eux-mêmes, qu'un pouvoir de fait; sa réintégration n'ayant point été confirmée par des formes légales , n'était évidemment que l'œuvre de la force, et le succès d'un complot.
Le même jour où Bonaparte abandonnait de nouveau les rênes. du pouvoir, il y eut à sou occasion , une discussion des plus violentes entre ses partisans et ses adversaires. Le républicain Carnot ayant paru comme ministre de l'intérieur, dans la chambre des pairs, pour rendre compte
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des nouvelles militaires qu'il venait de recevoir, et dont la plus importante était ^ que Grouchj avait ramené saine et sauve la division qu'il commandait; et qu'il campait soûs les murs de Laon, à la tête de soixante mille hommes, tan» dis <|iie le maréchal Soult réunissait k Mézières vingt mille hommes de la vieille garde; Ney, qui connaissait mieux que personne l'état des forces présentes, s'écrie avec indignation que tout ce qu'dn vient d'exposer àja chambre est faux; que la garde impériale qu'il commandait luimême à Waterloo, est détruite; que Grouchy ne peut avoir sous ses ordres que vingt -cinq mille hommes tout au plus; et que l'ennemi, bien supérieur en nombre, s'avance avec une telle rapidité qu'il sera sous six jours peut-être à Pans. Il termine en déclarant qu'il ne reste d'autre voie que d'entamer une négociation, et de rappeler les Bourbons ; que quant à lui , il allait se retirer aux États-Unis. Flahaut, Lavalette, Camot et quelques autres parlent avec véhé» mence contre le maréchal Ney, qui dit que, dans les circonstances, il devait à sa patrie la vérité tout entière, quelque cruelle qu'elle fut, puisque le retour des Bourbonè ne lui laissait d'autre espoir que d'être fusillé pour crime de désertion. Une autre discussion non moins orageuse, s'éleva lors de la lecture de l'abdication de Bo-
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Tandis que Cambray ouvrait ses portes à Wel^lingtoiï , et que Xjouis XVIII arrivait dans cette ville, Blûcher se portait sur les lignes construites entre Vîncennes et Saint-Denis. Pour Bonaparte, il s'était retiré à la Malmaison y campagne à deux lieues de Paris : se résignant avec peine à •une destinée entourée de périls, il rêvait aux moyens d'y échapper. Il parlementait; mais la commission du gouvernement , convaincue que sa présence était un obstacle invincible à la paix, avait arrêté qu'il sortirait sans délai du territoire français. Cette mesure était peu conforme aux idées de ce personnage qui sollicitait la permission de se mettre à la tête dé l'armée, pour tenter de nouvelles aventures, et obtenir, par quelque succès, une meilleure composition. Il écrit à la commission « qu'il a offrait ses services comme général^ se regar* « dant comme le premier soldat de la patrie. * La commission lui répond : « Que te devoir de a ses membres envers la patrie, et les engage- « mens pris par ses plénipotentiaires avec les (( ministres étrangers, ne lui permettaient pas c( d'accepter ses offres. » Bonaparte avait déjà fait seller ses chevaux de bataille, et se disposait à aller joindre l'armée, quand le général Becker, qui devait l'accompagner jusqu'au lieu *de son embarquement , arrive avec la décision de la
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commission. Bonaparte, eu la lisant, s'écrie ": a J'en étais bien sûr! ces gens* là n'ont point <c d'énergie. £b bien ! général, puisque c'est « ainsi , partons , partons* » Telle n'était point là encore l'intention de Bonaparte. Il avsdt envoyé à Paris le général Flahaut , soùs le prétexte de a>ncerter son <lépart avec la commission, mais dans la pensée de la faire changer de résolution. Le ministre de la guerre, le maréchal Davoust, ayant rencontré Flahaut, lui dit avec colère : a Fotre Bonaparte ne veut point partir; mais il (f faudra bien qu'il nous débarrasse de lui; sa « présence nous gène, nous importune ; elle nuit « au succès des négociations. S'il espère que m nous le reprendrons , il se trompe ; nous ne (c voulons plus de lui. Dites-lui de ma part qu'il « faut qu'il s'en aille ; et que s'il ne part pas à « l'instant , je le ferai arrêter; je V arrêterai moia même, yi Malgré cette intimation sévère, l'usurpateur hésitait; il ne se décida que quand il vit que l'armée de Blûcher s'avançait toujours, et qu'il sut que ce général avait dit : . « Si je a puis attraper Bonaparte, ye le ferai pendre à fula tête de mes colonnes, y^
Wellington, à qui la commission avait denàandé un sauf-conduit pour l'usurpateur, l'ayant refusé; le ministre de la marine ,'^Decrès , vient lui signifier, le 29 juin, à la Malmaison, qu'il
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ait à partir pour Rocbefort dans la journée. Bonaparte s'éloigne enfin en tournant des regards douloureux vers Paris qu'il «'eut pas craint de Uyrer aux fiireurs de la guerre civile et étran-» gère, afin d'ajouter quelques anecdotes à sa sanglante mémoire.
Le quartier*général des empereurs d'Autriche" et de Ausste était eacùn k Ifeguenau s lorsque la cCMnmission du gouremeniênt songeant à éviter une guerre que la France ne pouvait soutenir , adressa à ces souverains, MM« La Fayette, La Foret , fiébastiani , d'Argenson et Pontécoulant, sous, le titre de plémpotentiaires. Le caractère de ces individus ne pouvait être reconnu^ puisqu'ils ne tenaient leurs pouvoirs que d'une autorité formée des débris de la puts^ sance usurpatrice^ Quoi qu*il en soit, les instructions de la commission du gouvernement leur enjoignaient de défendre l'indépendance natio<^ nale et l'intégrité du territoire français. On y raisonnait sur ce principe, que par l'abdica** tion de V empereur Napoléon , ses droits étaient dévolus à son fils. Cette fausse opinion était ap* puyée sur ce que l'Angleterre n'avait ratifié le traité de Vienne du ^5 mats» qu'avec la modification , 4c qu'eue n'entendait point poursuivre la (t guerre dans l'intention d^imposer à la France « un gouvernement particulier. » On supposait