‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 132 sur 214 · LIVRE SEIZIÈME. ^'jB · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIÈME. ^'jB

souverains l'invitaient à presser les opérations de la guerre, et lui déclaraient que, si quelque ar* mistice était accordé par lui ou par le maréchal Blucher, les mêmes souverains ne le regarderaient pas comme devant suspendre la marche de leurs armées. Wellington témoigna aussi aux. commissaires, que le maréchal Blucher avait un grand éloignement pour tout ce qui arrêterait ses opérations; et que s'il ne pouvait l'amener à partager son opinion pour un armistice , il ne saurait se dispenser d'appuyer ses mouvemens. La demande pour Bonaparte, de sa libre sortie de France, avec transmission du trône à son fils, ayant été présentée k Wellington comme moyen de conciliation; ce général dit aux commissaires « que comme individu , mais croyant cependant que son opinion pourrait être prise en considération , il pensait que , sous le règne de Napoléon II , l'Europe ne pourrait jouir d'aucune

sécurité, et la France d'aucun calme; Que si

pourtant le souverain choisi était dans le cas par la nature même de sa situation , d'alarmer la tranquillité de l'Europe, en mettant en problème celle delà France,, il était indispensable que les puissances alliées cherchassent des garanties dans des cessions de territoire ; qu'une seule personne, Ix>uis XVIII., lui semblait réunir toutes les conditions qui empêcheraient l'Europe

de demander de semblables garanties ; que déjà il se trouvait à Cambrai ; que le Quesnoy lui avait ouvert ses portes > et que d autres villes étaient en son pouvoir. »

Les commissaires, et plus particulièrement Valence et Flaugergues, ayant témoigné qu'ils préféreraient un autre prince français , bien que celui dont ils parlaient, eût témoigné ne vouloir rien faire de contraire aux droits.de la légitimité ; ' le duc de Wellington répartit « que ce ce prince ne serait tout au plus qu'un usurpa- (c teur bien né » ; et il finit par déclarer que les alliés ne pouvaient reconnaître d'autre roi que Louis XVIII; que l'indécision qui régnait même à cet égard parmi les commissaires, justifiait l'emploi de la force armée; que d'ailleurs le maréchal Blucher paraissait décidé à ne point suspendre les hostilités.

Les commissaires étant retournés à Paris , sans avoir pu remplir l'objet de leur mission, Fouché écrivit , tant au duc de Wellington , qu'au maréchal Blucher, la lettre suivante qui met à découvert le but qu'il se proposait : « Je dois parler « franchement à Votre Akesse. Notre état légal « quia la double sanction du peuple et des deux « chambres, est celui d'un gouvernement où le ^^ petit-fils de V empereur d'Autriche est le chef «c de Vétat. Nous ne pouvons songer à changer

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