LIVRE SEIZIEME
« cet état de choses que dans le cas où la na- (( tion aurait acquis la certitude que les puis* « sances révoqueraient leurs promesses, et que <c leur vœu commun s'opposerait à la conservaa tion de notre gouvernement actuel...
« Il n'échappera point à V. A. que déjà une « grande puissance trouve dans notre état de <c possession , un droit personnel d'intervenir a pour ses propres intérêts, dans nos affaires « intérieures. Aussi long-tems que cet état de a possession ne sera pas changé , il en résulte « une obligation de plus pour les deux cham- « bres, de ne pouvoir consentir aujourd'hui à « aucune condition capable d'altérer notre pos- « session. »
Fouché voulait faire accroire que l'Autriche s'intéressait pour son propre avantage, à l'état présent de la France, et qu'elle était disposée à rentrer dans son alliance.
IP L'état de possession réclamé par le président de la commission de gouvernement, en faveur de Napoléon II, ne pouvait émaner que de la révolte qui avait forcé Louis XVIII à se retirer dans l'étranger, et de la prétention nouvelle des chambres de disposer de la couronne ; mais les déclarations répétées des alliés avaient déjà fait suffisamment connaître que leur intention irrévocable était de maintenir le diadème
sur le front de Louis XVIII, sans consulter des autorités atteintes de félonie. Quant à l'intervention d'une grande puissance en faveur du gouvernement présent de la France, cette insinuation n'était qu'un artifice. L'empereur d'Autriche, depuis l'abdication de Bonaparte au profit de son fils, n'avait pas témoigné le plus léger intérêt pour cet enfant né, ou supposé né d'une union consentie par François I, dans le seul espoir d'une longue paix; espoir déçu par les guerres où l'Autriche avait été forcée de prendre part. La lettre de Fouché ne convainquit nullement le duc de Wellington , ni le maréchal Blûcher, et n'eut d'autre avantage que d'entretenir les négociations.
Cependant , les troupes revenues de Waterloo, après s'être ralliées à Laon, s'étaient repliées sur Paris, et présentaient encore une masse de soixante mille hommes sous le commandement du maréchal Davoust. De plus, onfll comptait dans Paris dix-sept vaWXçi fédérés , espèce de volontaires tirés de la classe ouvrière. Ces forces étaient réparties dans les lignes de Saint-Denis, sur les hauteurs de Montmartre, de Saint-Chaumont et à Montrouge, qu'on avait garni de trois cents pièces de canon. Quelques généraux étaient d'avis de défendre Paris; mais la vaste étendue de son enceinte, la difficulté de