‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 135 sur 214 · LIVRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIÈME

entière. Fréquemment il répétait la maxime, <( que a le pardon fait partie de la justice ; » maxime vraie, quand le pardon peut toucher le cœur des méchans ; mais s'il est probable que le pardon ne fera que des ingrats, la prudence comme la justice l'interdisent. Le roi avait éprouvé les dangers de la clémence; et Fouché lui-même en offrait l'exemple. Livré à la manie des conseils, il eut l'impudeur de proposer au roi d'entrer dans Paris avec la cocarde tricolore , de Ucencier sa maison militaire, et de se placer luimême à la tête de la révolution. Ces propositions ayant été débattues dans un conseil du cabinet, sont repoussées par le roi principalement qui dé* clara avec fermeté, qu'il préférerait à la honte de les accepter , retourner en Angleterre.

Louis XVIII reprit, le 8 juillet, possession solennelle de Paris; et rien ne troubla la joie d'une rentrée qui formait un nouveau pacte de fidélité entre la nation et son roi. Ce jour mit fin au règne de l'usurpateur , appelé le règne des cent jouis; courte mais fatale durée. Le peuple de Paris, plus ami des plaisirs que des combats, s'estima heureux d'avoir échappé encore une fois aux horreurs d'un siégç et au pillage dont se flattait la soldatesque ennemie.

Pour satisfaire à des préventions suscitées par un parti, Louis XVIII avait éloigné de sa

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personne , le comte de Blacas , en l'envoya'nt à Naples, en qualité d'ambassadeur, pour négocier le mariage du duc de Berri avec la fille du prince royal. Sa faveur offusquait plusieurs personnes, parce que son zèle pour la monarchie était très-prononcé. Le prince de Talleyrand reprit le portefeuille des affaires étrangères et la présidence du conseil. Le ministère de la police fut confié à Fouché , à la recommandation . du duc de Wellington, qui persuada au roi de se l'attacher comme un homme redoutable par ses talens et sa perversité ; politique dangereuse , parce que la perversité innée peut de nouveau se tourner contre le bienfaiteur.

Les empereurs d'A.utriche et de Russie, et le roi de Prusse, après avoir séjourné quelque tems à Nanci, étaient arrivés, le i o juillet, à Paris, où ils se conduisirent, non en vainqueurs courroucés ou avides, mais avec leur magnanimité ordinaire : attestant ainsi que la véritable grandeur d'ame-iie se laisse pas éblouir par la. fortune. Néanmoins, comme les puissances- alliées se trouvaient vis-à-vis de la France, dans une position qui nécessitait de nouveaux arrangemens, elles nommèrent dans leur intérêt et dans celui de l'Europe, pour leurs plénipotentiaires, lord Castlereagh , le duc de Wellington , le prince de M etternich, le baron de Humboldt, le prince de

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