‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 136 sur 214 · LIVR£ SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVR£ SEIZIÈME

Rasoumoffski et les comtes Nesselrode et de Capo-d'Istria , à l'efFet de régler avec la France , le mode d'entretien et de nourriture de leurs troupes, et le prompt licenciement de l'armée retirée derrière la Loire, laquelle sous le commandement de Davoust, persistait, malgré les ordres du roi 9 à ne pas vouloir se séparer, et avait même pris des positions défensives. Vainement, une ordonnance royale avait licencié les troupes qui avaient passé sous les drapeaux de l'usurpateur, et défendu de se soumettre à de prétendues lois de conscription remises en vigueur par lui et ses adhérens ; des excitations accompagnées de violence, avaient arraché à leur fidélité, beaucoup d'anciens soldats et de jeunes gens. Louis XYIII , quoique porté à la clémence , s'était déterminé d'après les événe* mens , non moins que d'après les conseils des monarques alliés, à faire des actes de sévé-^ rite envers quelques - uns de ceux qui ayant le plus contribué au retour de l'usurpateur, se trouvaient dès -lors responsables dés maux qu'il avait amenés à sa suite. Le colonel La Bédoyère qui avait livré la place de Grenoble, et entraîné son régiment dans la révolte , fut condamné à mort par une commission militaire. C'était une tête ardente : sa jeunesse iqu'embellisu. 25

saient plusieurs belles qualités, eût intéressé dans d'autres circonstances.

Le maréchal Ney avait , lors de la rentrée de Bonaparte , protesté à Louis XY III, de son attachement avec tant d'effusion et d'apparente sincérité, que ce monarque lui avait confié le commandement de l'armée rassemblée à Lons-le« Saunier, pour arrêter la marche hardie de Bo* naparte; et il avait juré de l'amener pieds et poings liés. Loin de tenir celte promesse, Ney infidèle à l'honneur et à ses sermens, s'était réuni avec ses troupes à Bonaparte, er avait ainsi assuré les succès de l'usurpateur. Proscrit par l'ordonnance royale du 24 juillet ^ il avait cherché à se soustraire au sort qui le menaçait, en se cachant dans une petite ville du Midi. Découvert et amené à Paris , il avait été traduit devant une commission militaire présidée par le maréchal Jourdan. Par une erreur d'amour» propre, le maréchal Ney l'avait récusée, prétendant qu'en sa qualité de pair, il n'était justiciable que de cette chambre. Renvoyé devant elle, il fut presque à l'unanimité condamné k mort, le a6 décembre f8i5 ; et subit le lendemain, son jugement avec la résolution de quelqu'un qui avait souvent envisagé la mort de près. Ney, brave soldat, général noédiocn-e et

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