LIVRE BIX'SEPTIBME
L'empereur d'Autriche fit ramener à YeAise, les. fameux chevauùa de Corintke qu'on avait placés fiur l'arc de triomphe des Tuileries, ainsi qu'une figure représentant le lion de Saint-Marc. Il exigea aussi la remise des manuscrits pris dans les bibliothèque^ de Vienne. Le roî de Prusse ne laissa rien de ce qui avait. été soustrait de bes états ^ et même des pays récemment réunis à sa monarchie; mais on ne' put retrao*ver l'épée victorieuse de Frédéric II qui avait été déposée à l'hôtel des Invalides.
ht roi dés Pays-Bas s'était adressé pour le fe*couvrement de ce qui lui appartenait, au duc de Wellington qui commandait ses troupes; oe général en parla au ministre de Talleyrand ^ en le priant de mettre la demande sous les yeux, du roL Mais le ministre avait donné à entendre qu'il ne serait rien prescrit de positif à ce sujet; et que le duc de Wellington pouvait faire, ce qu'il jugerait à propos. Le S'. Denon, directeur du Musée , se prévalant de ce qu'il était sans autorisation pour, livrer les tableaux', avait ré^ pondu qu'il ne céderait qu'à la force; et aussirtôt Wellington avait fait prévenir le gouverneipent, de sa résolution d'envoyer des troupes pour enlever les . tableaux réclamés : mais ces voies de rigueur furent inutiles , parce que déjà un détachement prussien occupait la galerie-; et
4fO COSGKis DE VICMHE.
renlèvement se fit sans ré^tance. Cette opération qui avait la forme d'nne exécution mili* taire, excila dans Paris du mécontentement. Le doc de Wellington, dans une lettre du ^3 septembre à son gouvernement, justifiait sa conduite par difiérens motife.
Les monarques alliés avaient 'nommé des plénipotentiaires qui se réunissaient presque tous les jours, chez lord Castlereagh , dans de longues conférences dont on tenait protocole. Les plénipotentiaires étaient, outre lord Castlereagh pour l'Angleterre, le duc de Wellington; pour TAutriche, le prince de Mettemich et le baron de Wessenberg; pour la Prusse, le prince de Hardenberg et le baron de Humboidt; pour la Russie, ie prince de Rasoumoffski et le comte de Nesselrode. Ce dernier fut depuis remplacé par le comte de Capo-d'Istria.
Les premières négociations entre ces minis* très et ceux de Louis XVIII, eurent pour objet, I® de régler le mode de nourriture et d'entretien des troupes alliées qui étaient sur le territoire français;
2® De déterminer l'autorité qui serait exercée par les administrateurs , ain^i que par les gouverneurs nommés par les alliés, sans que le pouvoir des fonctionnaires français fût entravé.
La difficulté la plus sérieuse se rencontra
LIVHE OIX-SKPTIÈME. 4ll
au sujet de l'armée française qui, ayant évacué Paris, le 5 juillet, après la conclusion de l'ar-* mistice, avait passé la Loire; et ne voulait point se séparer malgré l'intimation qu'elle en avait reçue. Elle menaçait même de se maintenir par là force dans les départemens où elle était cantonnée. Des batteries de canon avaient été disposées sur les rives de la Loire; des ponts avaient été coupés, des redoutes avaient été élevées, des villes avaient été misés en état de siège, et des réquisitions de tout genre avaient lieu par ordre de Davoust qui commandait cette armée. Les puissances exigeaient le prompt licenciement des troupes qui n'avaient point encore reconnu Louis XVIII; et comme cette mesure tardait à s'exécuter, les mêmes puissances avaient ordonné de diriger contre l'armée de la Loire, trois cent mille Russes^ autrichiens et prussiens pour la désarmer à la fin de Taripistice. Quoiqu'il fut expiré,les troupes françaises restaient toujours sur pied, ne voulant reconnaître que Davoust pour leur général ; et ce ne fut qu'après de Ion* gués négociations entre celui-ci et le ministère, qu'on parvint à lui faire résigner le commandement entre les mains du maréchal Macdonald , et à opérer le licenciement des corps de l'armée de la Loire. Les dispositions de ces troupes, leur obstination, et les intentions rebelles
4ia CONGRÈS DE YIENITE.
qu'on leur supposait, nuiâireut beaucoup aux intérêts de la France dans l'esprit des alliés , et servirent de prétexte poUr prendre des sûretés contre une nation dont l'esprit guerrier se montrait encore sous des dehors si dangereux. Ainsi, les dispositions des monarques et des Cabinets étrangers envers la France, reposaient sur deux sentimens dont Tun se rapportait à la maison de Bourbon qui leur inspirait toute confiance; et l'autre était relatif à la nation française qui, malgré toutes les forces accumulées sur son terri* toire, et sous lesquelles elle était Contrainte de plier, continuait à être un objet sinon de terreur, du moins d'inquiétude^ et nécessitait une active vigilance.
On a vu que Bonaparte, pour s'affectionner la cour de Londres, avait décrété l'abolition ifnraé* diate de la traite des noirs pour tout l'empire français et des colonies : le ministre anglais qui avait suivi Louis XVIII à Gand , n'avait pas manqué de faire valoir cette prohibition de l'usurpateur, pour obtenir du roi une décision pareille; et Louis XYIII, jeté dans une position où il ne pouvait rien refuser à rAngleCerre , avait promis ftussi l'abolition immédiate de la traite* Dans la quinzième conférence tenue à Paris, le 27 juillet, entre les plénipotentiaires des al* lié$, lord Gastlereagh, après avoir annoncé qu^