‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 166 sur 214 · L1VR£ DIX-SEPTIEME · texte numérisé non relu

L1VR£ DIX-SEPTIEME

Iriictions, à ne le qualifier que de général^ il en résulta une contestation d'étiquette, intenui-* nable; prétention de misérable orgueil de la part de Fexilé dont le but était de s'arroger sous le titre ^empereur ^ une suprématie qui l'eût placé au-dessus même du gouverneur, en sorte qu'il fut devenu le monarque honoraire de l'île de Sainte-Hélène. La prétention de Bonaparte était soutenue par sa suite composée de deux gentilshommes ruinés ^ vivant de sa table, et le surplus d'honnêtes bourgeois, tous fiers d'un dévouement dont ils attendaient le prix. Un des grands officiers de Bonaparte ayant insulté le lieutenant -colonel, Lipter^ refusa de se battre avec lui, en déclarant qui! ne rendrait raison qu'au gouverneur, comme étant seul de son rang. Au fond, jamais l'Angleterre n'avait reconnu Bonaparte pour empereur. En 1806, la cour de Londres ne voulut traiter <\VLau,ec le chef du gou* vernement\ et sur le désir manifesté par le ministre Talleyrand , que Napoléon fut qualifié d'empereur par son gouvernement, lord Yarmouth dit a qu'il sentait que cette déférence pouvant « contribuer à l'affermissement dç la dynastie « de Napoléon , l'Angleterre devait y mettre un a prix D ; réponse qui n'était pas une reconnaissance. Si des communications quelconques avec Un usurpateur , pouvaient lui valoir la confir-

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mation de son titre, il n'en est aucun, que quelque événement ne pût mettre à même de se faire légitimer. JJultimatum des puissances alliées signé à Chàtillon par lord Castlereagh , au nom de l'Angleterre, ayant été complètement rejeté, était dès-lors comme non avenu; et les choses durent, suivant l'usage en politique , rester sur l'ancien pied. Mais, aux yeux même des Français , Bonaparte n'avait-il pas été déchu de l'empire pour forfaiture, par le sénat et le corps législatif? n'avait- il pas abdiqué en 18 1 4 ^t 1 81 5 ? Mis hors de la loi des nations par le Congrès de Vienne , n'avait-il pas été privé de cettcî ombre de souveraineté que hii avait laissée le traité du 1 1 avril 1 8 1 4 ? Les monarques alliés et l'Angleterre le désignaient- ils autrement que sous le nom de général Bonapartei N'est-ce pas misérable de voir im de ces hommes qui dé* butèrent par attaquer le pouvoir royal, et qui définissait le trône , une planche couverte de "velours sur quatre bâtons dorés ^ le convertir en un siège enchanté qui eût communiqué une vertu indélébile à celui qui par usurpation, l'occupa quelques années? Si, moins aveuglé parla vanité , Bonaparte eût regardé autour de lui , il aurait vu que Gustave IV, quoique n'ayant jamais perdu le titre de roi , ne l'avait point réclamé, et se contentait du titre de colonel.

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