‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 184 sur 214 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

SOMMAIRE

Ex^alîon des dëcisions du Congrès de Vienne. — Traifé» difen entre rAutrlcbe, la Pttisse et divers princes d'Ailemagne. — Ouverture de la noBvelle diète gertnàniqUe. — Traité an snjel de la tiiçpcssioa de Parme. -^Gonsîdénitions sur la pragmatique de rempereur d'Autriche au sujet du fils de Marie-Louise. — Convention entre les puissances alliées et la ("rance — Réunion d'Aix-la-Chapelle. — Intimité des souverains. — Convention concernant Tévacuation du territoire français. — Alliance de la France avec les quatre grandes puissances. — Déclaration des souverains alliés. — Observations. — Recès de la commission territoriale de Francfort. — Considérations sur le système conservateur.

Xj £ Congrès de Vienne ne doit point être assimilé à plusieurs assemblées de ce genre qui n'offrirent que de stériles conférences, ou des discussions non terminées. Un des principaux caractères de ce Congrès est que la plupart des

LIVHK DIX-NRUTli;ME. 49^

des RÉUNIONS consacrées aux grands intérêts communs, et à l'examen des mesures les plus salutaires pour ass\irer la prospérité des peuples et la paix de l'Europe. Ce furent ces motifs qui déterminèrent la réunion d'^ix-la-Chapelleen vue de mettre le sceau aux résolutions du Congrès de Vienne du 20 mars 1 8x5, et de compléter le grand oeuvre de la restauration de la France.

Les monarques alliés choisirent pour le lieu dé leurs délibérations, Aix-la-Cbapelie dont la position centrale entre l'Allemagne, la France et les Pays-Bas, semblait justifier ce choix déjà indiqué par d'honorables souvenirs ; cette ville ayant été autrefois le siège d'un congrès et de négociations importantes. Le roi de Prusse , comme souverain d'Aix-la-Chapelle, y arriva le premier, le 27 septembre , avec deux de ses fils. Le lendemain , il se porta à la rencontre des empereurs d'Autriche et de Russie auxquels furent rendues toutes sortes d'honneurs civils et militaires. Les princes de Metternich et de Hardenberg^ lord Castlereagh, le duc de Wellington, les comtes de Nesselrode, de Bernstorff, de Capo-dlstria et le duc de Richelieu , arrivèrent presque eh même tems, comme ministres de leurs cours respectives. Beaucoup de personnages du plus haut rang , ainsi qu'une foule d'étrangers , accoururent à Aix*la-Chapelle. On y vit Timpéra-

494 OONGilàs DB yiBKlTE.

trio6, mère d'Alexandre, etsafitle, la princesse héréditaire des Pays-Bas « les grands-ducs Constantin et Michel , le duc de Kent , frère du roi d'Angleterre, etc.

Le roi de Prusse rechercha potur ces hôtes il^ lustres, tout ce qui pouvait les iktter; et, si les circonstances et l'éloignement de Berlin , ne lui permirtent pas d'être ausâ magnifique que Tavait été François 1 dans sa capitale , Frédéric-Guillaume suppléa à la splendeur, par toutes les attentions de la plus vive amitic^. Le mot de frère employé par fiction dans le protocole royal , trouva ici son application la frfus étendue. Si Alexandre charmait tout le monde par une affabilité gradeuse, Vempereur François I charmait non moins par l'aménité de ses manièl res, et sa complaisance à écouter dans des audiences fréquentes, ces bons Allemands toujours dévoués de cœur à la maison d'Autriche, leur protectrice pendant tant de siècles.

La première conférence entre les ministres , eut lieu naturellement le 3o septembre , chez le prince de Hardenberg : la seconde se tint le lendetpain chez le pnnce de Metternich. Les ministres s'y rendaient sans étiquette, ainsi que les souverains eux-^mémes, quand ils jugea^it à pro« pos d'y paraître ; ce qui arriva quelquefois* Dans la séatice du a octobre , l'évacuation du territoire

LIVAE DIX«-«£UVIJS]irE. 4^^

français fut arrêtée à runanimité. Les seuls points qui entraînèrent quelque discussion, furent la quotité de la somme due par la France^ ei l'époque du paiement des deux cinquièmes de la oontri*bution ^e guerre. Mais le duc de Richelieu, en se prèskoitalit avec une valeur de vingt «-quatre millions de rentes ^ résolut bien tôt les diffi** cult^ ; et , après quelques nouvelles explications^ il fiit signé, le 9 octobre^ UM oonTeti^' tiou pottaut en substance : i^ « Que les troupes composant l'armée d*occiq?ationjSéraie/ii minées du territoire de France^ le 3o novembre pro^ chain ouplus iôt^ si faire se pouvait ; »

a^ « Que tous les comptes entre la France et les puissances alliées, ayant été réglés et arrêtés; la somme à payer parla première, restait dé* finitivement fixée à deux cent soixante-cinq roiU lions de irancs, sur laquelle somme, cent millions seraient acquittés en inscriptions sur le grand-Uvre ; et le surplus , au moyen de traites mt de^ maisons de banque, et payables par t)euvième ^ de mois en mois , etc. a

9^v uiie convention additionnelle^ les puis^^ sauces alliées avaient, bien voulu consentir à re* culer de dix^buit mois , les ttomes des paiemens fixés à neuf mois ; et k donner ^ux maisons dé banque, Hope et Baring, chargées de fournir, les fonds de la dette françaiise , la &eulté d'ae-

496 COiyGRÈS DE VIENNE.

quitter une partie dé leurs engagemèns en let* très de change sur certaines places hors de France. Les cours de Berlin et de Vienne n'avaient pas paru d'abord très-portées pour l'entière éva- Guation du territoire français : elles redoutaient de nouvelles explosions de la part de la nation française; mais les cours de Pétersbourg et àfi Londres manifestèrent des opinions différentes avec un zèle qui dissipa toutes les oppositions.

Du moment que les conditions de l'évacuation> immédiate eurent été ratifiées^ les monarques alliés donnèrent des ordres pour le plus prompt départ de leurs troupes. L'empereur de Russie et le roi de Prusse partirent pour Paris , où ils arrivèrent le ao octobre. Après plusieurs entretiens intimes avec Louis XYIU , Alexandre revint à Aix-la-Chapelle. Le roi de Prusse prolongea à Paris, un séjour qui paraissait lui plaire.

La convention du 9 octobre avait effacé les traces de la victoire , et rendu à la France toute la liberté de ses mouvemens et de ses affections politiques : mais par cela même , les partis qui cherchaient à se relever; et des souvenirs d'une rivalité non encore éteinte à Tégard de Tétrariger, pouvaient éloigner Louis XYIII affaibli sous l'âge et la maladie, des puissances qui l'avaient replacé sur le trône. Aussi les monarques alliés sentirent-ils qu'il importait de rattacher la cour

Page 1