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. Tout ce qui se passait en ce moment , annonçait la confiance des monarques dans Louis XVIII. Aussi éclairé que conciliant, ce prince n'aspirait qu'à réparer Théritage de ses aïeux plus ébranlé par les invasions des Français que par les succès des alliés. La religion politique du monarque était la fidélité aux engagemens ; toute la doctrine de son cabinet était désormais dans la foi publique et dans le maintien d'une bonne intelligence universelle, par tous les moyens compatibles avec la sûreté et Vhonneur pris dans son vrai sens. Les monarques français n'ont pas besoin ainsi que les enfans de la fortune, de se jeter dans la carrière aventureuse des armes, pour acquérir de l'illustration ; et , à leur exemple, le peuple français désabusé retourne à cette modération dont le dédain luiavait causé des maux qui avaient failli en peu d'années, amener sa ruine entière, tapdis que l'adoption de l'ancien système lui avait valu des siècles d'une existence honorée.
Au moment où la France recouvrait sans fiction la plénitude de son indépendance , il était ' convenable qu'elle fut admise dans l'alliance gé* nérale , et concourut par des engagemens personnels, à un ordre de choses dans lequel elle trouvait une garantie de sa stabilité. Sa réunion aux grandes puissances affermissait l'unité ^
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oistres et plénipotentiaires respect i£i , pour y traiter en commun de leurs propres intérêts, en tant qu'ils se rapportaient à l'objet de leurs délibérations actuelles ; l'époque et l'endroit de ces réunions seraient chaque fois préalablement arrêtés au moyen de communications diplomatiques ; et que , dans le cas où ces réunions auraient pour objet des affaires spécialement liées aux intérêts des autres états de l'Europe , elles n'auraient lieu qu'à la suite d'une inritation formelle de la part de ceux de ces états que lesdites affaires concerneraient^ sous la réserve expresse de leurs droits, et d'y participer directement ou par leurs plénipotentbires. »
Les souverains déclaraient» qu'en formant cette union auguste, leur invariable résolution était de ne jamais s'écarter, ni entre eux, ni dans leurs relations avec d'autres états , de Vobseivation la plus stricte des principes du droit des gens; principes qui , dans leur application à un état de paix permanente, pouvaient seuls garantir efficacement l'indépendance de chaque gouvernement, et la stabilité de l'association générale ; que fidèles à ces principes, les souverains les maintiendraient également dans les réunions auxquelles ils assisteraient en personne, ou qui auraient lieu entre les ministres; soit qu'elles eussent pour objet de discuter en commun leurs propres in-
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présent acte , avaient unanimeoient reconnu ^ et (léclararent en conséquence :
a i^ Qu'elles étaient fermement .décidées .à ne point s'écarter ni dans leurs relations mutuelles , ni dans celles qui les lient aux autres états, du principe d'union intime qui avait présidé jusqu'ici à leurs rapports et intérêts communs ; union devenue plus forte et indissoluble par les liens de fraternité chrétienne que les souverains avaient formés entre eux ;
a 2K^ Que cette union d'autant plus réelle et durable qu'elle ne tenait à aucun intérêt isolé , à aucune combinaison momentanée , ne pouvait avoir pour objet que le maintien de la paix générale fondé sur le respect religieux pour les engagemens consignés dans les traités, et pour la totalité des droits qui en dérivent ;
ce 3^ Que la France associée aux autres puissances , par la restauration du pouvoir monarchique , légitime et constitutionnel, s'engageait à concourir désormais au maintien et à l'affermis* sèment d'un système qui a donné la paix à l'Europe, et qui peut seul en assurer la durée;
<r 4^ Que si , pour mieux atteindre le but cidessus énoncé, lespuissancesquiavaient conoouro au présent acte , jugeaient nécessaire «feto^/iîr des réunions particulières ^ soit entre les augus* tes souverains eux-mêmes, soit entre leurs mi*
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était accompagné de la promesse de ne procéder dans ces réunions, que conformément aux principes du droit des gens, et d'après Finvitation des parties intéressées. Néanmoins, l'annonce de Tintervention des puissances pour le maintien des droits des gouvememens , provoqua des observations malveillantes de la part de ceux qui redoutaient cette intervention. Des politiques affectèrent de craindre pour l'indépendance des peuples, et d'entrevoir dans les intentions des monarques, une .ligue contre la liberté de TEù* rope. Ils demandèrent avec une feinte anxiété si tout changement dans le gouvernement d'un pays ou dans sa constitution, donnerait lieu k l'intervention étrangère; et si l'on forcerait un peuple à accepter des lois ou des personnes qu'il aurait repoussées. Mais le caractère connu des monarques alliés suffisait pour répondre à ces cris d'alarmes et à ces insidieuses observations. Aussi la partie saine des nations s'empressa-t* elle de remercier les monarques alliés, d'intentions magnanimes dont ils devaient bientôt fournir d'éclatantes preuves dans les subversions du midi de l'Europe.
Ck>nformément à une circulaire de leurs ministres primitive, les souverains nedevaient point s'occuper, à Aix-la-Chapelle , des objets traités entre leurs ministres à Paris» à Londres et à Franc-
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téréls;soit qu'elles se rapportassent à des questions dans lesquelles d'autres gouvernemens auraient formellement réclamé leur intervention; que le même esprit qui dirigerait leurs conseils et qui régnerait dans leurs communications diplomatiques, présiderait aussi à leur réunion , et que le repos du monde en serait constamment le motif et le but ;
<c Que c'était dans ces sentimens que les souverains avaient consommé leur ouvrage; qu'ils ne cesseraient de travailler à l'affermir et à le perfectionner; qu'ils reconnaissaient que leurs devoirs envers Dieu et envers les peuples qu'ils gouvernent, leur prescrivaient de donner au monde, autant qu'il est en eux, l'exemple de la justice, de la concorde , de la modération ; heureux de pouvoir consacrer désormais tous leurs efforts à protéger les arts de la paix , à accroître la prospérité intérieure de leurs états, et à réveiller ces sentimens de religion et de morale , dont le malheur des tems n'a que trop affaibli l'empire. »
Rien de plus noble et de plus vertueux que ce langage dont le type était gravé dans le cœur des souverains qui l'employaient. L'engagement pris par eux de se concerter dans des réunions futures, soit en personne , soit par l'entremise de leurs . ministres pour assurer le repos du monde, était d'im augure d'autant plus favorable qu'il
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fixées de manière à prévenir, dans la Péninsule comme en l'Allemagne , toutes les discussions qui pouvaient i*ésulter de la translation et de la répartition de tant de provinces. Le recès de la commission de Francfort est comme le complément du Congrès de Vienne , et des desseins des coalitions de i8i3 et de 181 5, d^ailleurs si différentes.
Le développement de la première coalition fut le résultat d'événemens successifs. La Russie jetée toute seule, pour ainsi dire , dans l'arène, jusqu'au moment où elle eut repoussé les Français au-delà du Niémen, se fut sans doute arrêtée sur les rives de ce fleuve, heureuse d'avoir délivré son sol d'un ennemi qui l'avait frappée au cœur ; la prompte alliance avec la cour de Berlin, avait conduit sur l'Oder, les troupes russo - prussiennes. L'adjonction insensible de l'Autriche et de l'Allemagne, en complétant la coalition de 181 3, avait entraîné les alliés sur le Rhin. Il est assez vraisemblable que, sans les immenses libéralités de l'Angleterre qui soldait un million de soldats; les alliés déjà fatigués et épuisés d'argent, eussent conclu la paix à Francfort, sur la base de la limite du Rhin et de l'indépendance de l'Italie; mais, échauffés par le génie anglais qui touchait enfin au comble de ses vœux, ils jurèrent de ne faire la