LIVRE NEUVIÈME
de médiation ; que cette opinion étant devenue celle de toutes les puissances , la France y ac* quiesçait d'autant plus que le canton de FArgovie avait fait déclarer depuis, que la force seule pourrait le faire consentir à des cessions , et qu'ainsi la France n'avait donc plus aucun intérêt à faire le sacrifice qui résultait pour elle de réchange projeté, lequel, d'après les informations reçues, était contraire à l'opinion pu- | blique en France, et par cela même aux véritables intérêts du roi. » j
Le plénipotentiaire anglais, dans des observations sur la déclaration française , insistait pour qu'on consommât un échange utile au système helvétique, en donnant à Genève, une communication directe avec sesco-états, et lui assurant une frontière militaire ; mais la France ne crut pas devoir revenir sur sa première résolution.
Les députés de Genève, MM. Pictet et d'Ivernois, présentèrent, le 17 décembre, un mémoire dans lequel ils témoignaient leurs regrets de ce que les propositions d'échange faites par le plénipotentiaire français, et qui leur paraissaient acceptables, avaient été retirées. Ils se flattaient que les augmentations de territoire qu'on leur accorderait, placeraient leur canton parmi ceux de moyenne étendue, et opéreraient ledésenclavement complet d'un petit domaine de
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leur république ei^pQ$é aux vexations des au*^
tof ités administratives de leur principal voisin*
Ainsi i tandis que les autres cantons se bornaient
à être indemnisés de leurs pertes > Genève qui
n'avait assurément rendu aucun service à la
cause des souverains, Genève, seule entre tous
« les cantons , et si réceniment rendue à la liberté
sqtUçitftit déjà un accroissement territorial. Ses
députés réclamaient aussi avec chaleur, contre
l'article III du traité du 3o mai 1814» qui ré^*
servait aux puissances , a la faculté entière de
(( fortifier tel point de leurs états qu'elles juge-
a i?aient convenable pour leur sûreté ; » tandis
que le traité de Saint-Julien, du 1 1 juillet 1603»
entre le duc de Savoie et la république de Ge<-
nève, statuait ( art. XIX), « que le premier s'in*
«( terdisait la faculté d'élever des fortifications et
(f de tenir garnison à quatre lieues de la ville de
« Genève;» que, d'après le droit des gens, la
condition de la ville de Genève ne pouvait
empirer par le fait de la cession , à la France,
d'une partie de la Savoie; que la puissance
qui acquiert ne peut entrer que dans les droits
de la puissance qui cède. Les députés gène*
vois menaçaient même d'une protestation contre
l'application abusive qu'on pourrait faire au
préjudice de Genève et de la Suisse, du traité
de Paris.