LIVRE X
SOMMAIRE
De l'Italie. — Reconstnictioo de la monarchie autrichienne.
— Discussion au sujet de la réunion de Gènes au Piémont.
— Commission pour concilier les intérêts des deux pays. — Protestation du député de Gènes, marquis de Brignole , contre leur réunion. — Décision du Congrès an sujet de la succession au trône de Sardaigne. Considérations. — Prétentions de rinfant Charles-Louis sur la Toscane. — Note du plénipotentiaire espagnol, Labrador. — Réponse du plénipotentiaire toscan, don Neri Corsini. — Opinion de la France sur cette contestation. — Autre note du chevalier Labrador. — Réintégration du prince de Piombino dans se» possessions. — Concession des Présides au grand~duc de Toscane. — Possession du duché de Modène par Tarchiduc Ferdinand d*£st. — Réclamation de la cour de Rome au sujet des légat tons perdues.
vJif sait comment l'aDcienne Rome, favorisée par des circonstances uniques , et surtout par le défaut de concert entre les états qui l'entouraient , parvint à les soumettre successivement ;
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mai§ on sait non moins que les difïérens peuples d'Italie ne se soumirent qu'avec douleur aux lois d'une maîtresse détestée par son orgueil , et que l'amalgame des vainqueurs et des vaincus ne fut ni l'œuvre de la sympathie ni l'effet de la confiance. A la chute de l'empire ropain, lorsque lés chaînes forgées par la violence , et limées par le temps , tombèrent, l'Italie ne tarda pas à se décomposer en un grand nombre d'états qui , au gré des chefs ou des factions , adoptèrent toutes les formes de gouvernement, depuis le despotisme jusqu'à la démocratie la plus turbulente. Entre ces divers états s'élevèrent, dans le moyen âge, des guerres acharnées qui ne furent suspendues que par les divisions entre les familles patriciennes , ou entçe celles-ci et le peuple ; mais jamais on ne vit de disposition à une réunion de tous les peuples d'Italie, en une puissance unique. Qui ignore les jalousies existantes encore de nos jours entre Naples et Rome, entre les Vénitiens des Lagunes et ceux de Terre-Ferme , entre Gènes et Turin ? Toutes ces fractions de l'Italie , alors même qu'elles sont en paix, par la faiblesse des gouvernemens , ou par la vertu des princes, se déchirent par des sarùÂsrùés méprisans ; ' et pour donner à leurs jalousieë uri taractère violent, il n'y manque que là liberté et la puissance. Indépendamment de