LIVRE DIXIÈME
flattait de rentrer dans Tindépendance , et le gouvernement provisoire qui aspirait à retenir le pouvoir , furent fort mécontens <le cette nie* sure de haute politique qu'ils n'envisageaient que dans leur intérêt propre et sans rapport avec la sûreté de lltalie. Le député de Gènes adressa, le lo décembre i8i4f au Congrès, une déclaration dans laquelle il protestait avec énergie, au nom de ses commettans , contre une résolution contraire à leur indépendance , fondée, suivant lui, sur les titres les plus respectables, sur une existence politique , aussi ancienne que celle de plusieurs monarchies (i), sur des traités, pendant une longue suite de siècles, avec les principales cours, notamment sur celui d'Aixla-Chapelle , de 1 748 , dans lequel la république de Géoes concourut formellement avec elles , à la garantie réciproque de leurs états. Il alléguait la nullité de son agrégation à un empire usurpé et détruit, une administration indépendante depuis sa chute ^ et plus que tout cela, les déclarations immortelles des hautes puis- ' sances alliées. « Les villes de Chaumont et de
(i) n faut pourtant reconnaître que -l'indépendance de Gènes avait souffert de grandes atteintes, et qu'elle fut dans les XV* et XYI* siècles tour à tonr soumise aux rois de France, aux marquis de Montferrat, aux ducs de Milan.
Chàtillon- sur- Seine, disait le député génois, retentissent encore de ces nobles assurances : (c Que les nations respecteraient désormais leur (c indépendance réciproque ; qu'on n'élèverait « plus d'édifice politique sur les ruines d'états x( jadis indépendans et heureux; que l'alliance « des monarques les plus puissans de la terre ce avait pour but de prévenir les envahissemens ce qui, depuis tant d'années, avaient désolé le ce monde ; et qu'enfin une paix générale , digne ce firuit de leur alliance et de leurs victoires, as- « surerait les droits , l'indépendance et la liberté <c de toutes les nations. La justice des gouverne- <c mens qui ont garanti ces maximes tutélaires, « pourra être tardive ; mais ses résultats s'ac- « compliront tôt ou tard. Le devoir des états (c faibles et méconnus est de l'invoquer sans <c cesse, et de l'attendre avec confiance et couce rage. » Sur la proposition du prince de Talleyrandy cette protestation fut déposée dans les archives du Congrès; ce qui indiquerait que ce ministre l'approuvait.
Le gouvernement provisoire de Gènes adressa, le a6 décembre , une autre protestation au général anglais Dalrymple, qui occupait cette ville avec ses troupes; mais elle ne' put suspendre la décision du Congrès. Le comte de Reyel vint prendre possession, au nom du roi deS^rdaigue,