LIVRE DIXIÈME
de la ville et de Tétat de Gènes ; et une députadou se rendit à Turin à la fin de janvier 18149 pour assurer le roi de Sardaigne de leur entière soumission»
Les antagonistes de la réunion de Gènes au Piémont, ont prétendu qu'elle était une atteinte aux droits des nations. Mais l'état de Gènes pouvait^l avec fondement réclamer son indépendance, après avoir favorisé les vues en va* hissantes de la république française en Italie , vet avoir demandé à lui être incorporé? Ce pays était du nombre de ceux qui ayant sollicité des chaînes, avaient perdu tout droit k une entière liberté. Telle^ avait été du moins la conduite d'un grand nombre de G^énois. Les états médiatisés en Allemagne, et les villes impériales, étaient dans une situation bien plus intéres* santé; et néanmoins le Congrès, ne put les rétablir dans leurs immunités. L'on pourrait même dire que cette assemblée, en réunissant Gènes au Piémont, aux conditions indiquées, fit beaucoup pour le peuple génois qui n'avait point mérité de l'Europe. Les Génois réclamaient les eugagemeûs pris par les généraux anglais ; mais les promesses des chefs militaires doivent toujours être ratifiées par le cabinet; et T Angleterre n'a^ vait pas confirmé celles de lord Bentinck. ^ Le Congrès ayant résolu pour la sûreté de n. 7
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l'Europe, de fortificF le nord de Fltalte, il était évident qrfon ne pouvait y parveiiif qn'en réunissant Tétat de Gènes au Piémont. On pén^ qu'il valait mieux confier au roi dé SitAinp^ la garde entière des Alpes, que de la partager entre lui et un petit éfat qiïî n'avait d'afufue défense qu'une neutralité jstmais respectée;
Les ennemis de la réunion disaient qtré le "commerce de Gênes succomberait 'slotls le poids des nouveaux impôts , et que les intérêts du peuple piémontais , partie principafe de la monarchie sarde, seraient toujours préférés àwx intérêf^ de Gênes. Ils faisaient valoir l'opposition des moeurs, des caractères, des habitudes, uùe antipathie, cflet de deux siècles de querelles, et ne voyaient dans Tunion que des élémens de discorde et de faiblesse, de décadence , de misère ou d'avilisse-
ment. Le mêm?e pâriî chercbâit à ii^téresser l'Angleterre, en lui oSratit de metwe Géneâ 90f>s sa protection', par Fappât des avantage» qu'^^lle tirerait de son port dans ta paix et dans la guerre. Mâts la plupart de ce» motife se trouh vaient détruits par les faveurs accordées anse habitans et au coimnerce de Gènes , ou disparurent devant la raison d'état éttropéenâe.
L'acquisttvdn de Pétat de Gênés et la neutralité perpétuelle du Chablais çt du Faucigny reconstituèrent la monarchie sarde, qui, quoique
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état secondaire, fa,it partie essentielle de Tordre général, comme un des remparts de la Péninsole. Cette monarchie a acquis des étémens de force maritime et de prospérité commerciale qui rélèvent au second rang des états. Elle a, sans coup férir, atteint ses plus hautes espérances qui s'étaient toujours portées vers l'acquisition de l'état de Gènes, comme moyen de communication libre avec la Sardaigne. Ce qui a du accroître la satisfaction de la cour de Turin, c'est qu'elle Iht invitée à s'agrandir, et n'eut d'autre sollicitude que de régler avec le Congrès les formes d'un bienCadt sans prix. Toat vint au^^yant de ses vœux, comme pour honorer ses (Hsgraces, et confirmer par son exemple que la sagesse politique est à ' la longue plus forte que les armes.
On a vu, dans Fintroductiou , les événemens qui avaient successivement enlevé la Toscane au grand-duc et à l'infant de Parme devenn roi d^Étrurie. Le roi de Naples , Murât, à la suite de 9on alliance avec l'Autriche du 1 1 janvier {8i49 avait fait occuper la Toscane, et en avait expulsé les Français; mats lord Bentinck ayant débarqué, le 8 lùars, à Livourne, avec des Anglo-Siciliens; et de plus, une convention pour l'évacuation de toute l'ItaKe par les Français , ayant été conclue, le 17 avril, entre le général
lOO COIfGRfes DE VIEN9E.
i\fi Bellegarde et le vice-roi d'Italie, la Toscane avait été rendue à son ancien souverain, Tarchiduc Ferdinand, qui n'avait pas hésité à quitter la ville de Wurtzbourg où, par des combinaisons bizarres, il avait été transféré en 1 809. La cour de Madrid songea à faire valoir les prétentions sur la Toscane, de Finfant don Charles-Loiiis, fils de Louis I , roi instantané d'Étrurie. Le plénipotentiaire espagnol, le chevalier Labrador, qui avait également les pleins pouvoirs de la reine douairière d'Étrurie, tutrice de son- fils, remit, le aa novembre 18149 au prince de Mettemich une note portant en substance , « que la Toscane , cédée par l'Autriche à la France, par le traité de Lunéville, avait été transportée à l'Espagne par le traité de Madrid du ai mars 1801, en échange du duché de Parme et de la Louisiane; que Napoléon avait depuis usurpé la Toscane sur la reine Marie-Louise et son fils , sans leur donner d'indemnité; et que l'envahissement nouveau de ce pays en 1814? par le roi de Naples, et peu après par les alliés, ne les avait point autorisés à en disposer, au préjudice de l'infant don Charles- Louis, en faveur de l'ancien grand-duc, pourvu successivement des pays de Saitzbourg et de Wurtzbourg. »
Le plénipotentiaire du grand-duc de Toscane, don Neri Corsini, dans sa note du 5 décembre