‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 6 sur 214 · LIVRE HUITIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. l

roi de Saxe les résolutions prises à son sujet. Ce fut dans le cours de ce voyage, que les trois plénipotentiaires arrêtèrent la déclaration adressée au peuple français et à Tarmée. A peine de retour à Vienne, le prince de M etternich , prenant la parole, le i a mars, dans la conférence du comité Ae^ huit puissances ^ dit : «Qu'il serait digne des puissances , et utile dans la conjoncture actuelle , de se prononcer sur un événement qui ne pouvait manquer de faire une grande sensation dans toutes les parties de l'Europe ; que Napoléon Bonaparte , en quittant l'île d'Elbe, et en débarquant en France avec des hommes armés, s'était ouvertement constitué ennemi et perturbateur du repos public; que comme tel, il n'était plus sous la protection d'aucun traité, ni d'aucune loi; que les puissances signataires du traité de Paris se trouvaient particulièrement appelées à déclarer à la face de l'Europe que tel était le jugement qu'elles portaient sur ce fait ; en ajoutant que le traité de Paris , et tout ce qui avait été réglé et stipulé à la suite de ce traité , serait invariablement maintenu , et que toutes les puissances étaient prêtes, en cas de besoin , à fournir au roi de France les secours que S. M. Très-Chrétienne pourrait juger nécessaires pour rétabKr la tranquillité publique,

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dans la supposition peu probable qu'elle fut troublée par cette entreprise insensée, d

Tous les plénipotentiaires ayant à l'unanimité agréé ces propositions, on arrêta qu'un projet de déclaration analogue serait présenté dans la séance du lendemain. Cette déclaration était de la teneur suivante :

« Les puissances qui ont signé le traité de a Paris ^ réunies en congrès à Vienne , informées a de Véi^asion de TSapoléon Bonaparte et de son a entrée à main armée^ en France j doivent à leur « propre dignité et à l'intérêt de V ordre social , a une déclaration solennelle des sentimens que a cet événement leur fait éprouver.

a En rompant ainsi la convention qui l'avait « établi à Vile d'Elbe^ Bonaparte détruit le seul « titre légal auquel son existence se trouvait atta^ « chée. En reparaissant en France y avec des proa jets de trouble et de bouleversement ^ il s'est a privé lui-même de la protection des lois, et a a manifestéà la face de l'univers^ qu'il ne saurait « y avoir avec lui, ni paix, ni trêve,

« Les puissances déclarent en conséquence que « Napoléon Bonaparte s'est placé hors des relaie tions civiles et sociales^ et que , comme ennemi <f et perturbateur du repos du monde y il s'est « livré à la vindicte publique.

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« Elles déclarent en même temps, que fermeci ment résolues de maintenir intact le traité de tf Paris du 3o mai 18149 et 1^^ dispositions «sanctionnées par ce traité, et celles qu'elles «t ont arrêtées ou qu'elles arrêteront encore a pour le compléter et le consolider; elles ema ploieront tous leurs moyens, et réuniront tous ce leurs efforts pour que la paix générale, objet «c des vœux de l'Europe et but constant de leurs <x travaux , ne soit pas troublée de nouveau , et ce pour la garantir de tout attentat qui menacer «c rait de replonger les peuples dans les désor- « dres et les malheurs des révolutions; et quoique a intimement persuadés que la France"" entière <c se ralliant autour de son souverain légitime, c( fera incessamment rentrer dans le néant cette a- dernière tentative d'un délire criminel et im- « puissant , tous les souverains de l'Europe^ ani- « mes des mêmes sentimens , et guidés par les a mêmes principes , déclarent :

<{ Qtae si , contre tout calcul , il pouvait résul- « ter, de cet événement un danger réel quelcona que , ils seraient prêts à donner au roi de (c France et à la nation française, ou à tout autre « gouvernement attaqué, dès que la demande a en serait formée^ ies secours nécessaires pour a rétablir la tranquillité publique, et faire cause

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a commune contre ceux qui entreprendraient « de la troubler. »

Les puissances de TEurope devaient cette manifestation de leurs sentimens en faveur de Louis XVIII et de la France elle-même. Elles déploraient dans Tintérétdu peuple français, la témérité de Farmée qui, par le seul droit de la force, s'était placée au-dessus du gouvernement légitime, et prêtait son appui au perturbateur du monde. Elles ne pouvaient prudemment tolérer un désordre qui menaçait de subversion tous les gouvernemens légitimes, les institutions tutélaires, tous les principes consacrés; et eut conduit au despotisme militaire ou à Fanarchie sociale. Les puissances satisfaisaient donc à un devoir fondé sur la protection universelle , en invitant Farmée française à rentrer dans les limites de la subordination, vis-à-vis d'un souverain qui ne s'était occupé qu'à cicatriser ses blessures; et elles ne pouvaient reconnaître aucune espèce de pouvoir à un individu devenu , par son abdication, inhabile à régner en France , et que le jugement dé FEurope entière avait flétri. Toutefois, la déclaration du Congrès n'eut pas le succès immédiat qu'on devait en attendre , parce que le gouvernement de Fusurpateut* s'attacha , autant qu'il put, à 1^ cacher à la nation. Il faisait

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