LIVRE HUiriÈATE
répandre le bruit dans le peuple et dans l'armée , que les puissances divisées allaient se faire la guerre. Mais l'artifice qui réussit le mieux ^ quoique; le plus grossier, fut celui de la coopération armée de l'empereur François I, en faveur de Bonaparte , par attachement pour sa fille Tarchiduchesse Marie-Louise (i). Cette fourberie ne pouvait séduire les esprits éclairés qui connaissaient les liens nombreux qui attachaient l'empereur d'Aùtriclie à ta cause générale, et
(1) Ce. serait avilir la ^ignité-de l'histoire que de s'attacher à réfuter les aksur<£tés calculées que répandirent les agens de Bonaparte sur les dispositions de l'Autriche à son égards et sur un prétendu traité d'alliance conclu entre lui et François I , dans l'île d'Elbe, en octobre 1814; traité en vertu duquel « sa Majesté apostolique s'engageait « à fournir à l'empereur Napoléon cent mille hommes , aus- 4 sit6jt qiie celui-pi aurait débarqué en France ^ et, en re- « tour, Napoléon devait fournir deux cents millions à sa « Majesté apostolique , qui se serait engagée à ne poser les « armes qu'après la reconnaissance faite par tous les mo- « n arques , de la légitimité des droits de Napoléon à la cou- «ronne de France. » Voilà ce qu'on publia k l'époque du débarquement de l'usurpateur ; et voilà ce que des administrateurs, des colonels, des généraux en chef crurent: fable ridicule repoussée par le bon sens , et qu'on vient pourtant de répéter encore avec une présomptueuse ignorance , dans les Mémoires d'une femme de qualité , et autros ouvrages de ce genre.
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GÔirGRlfes DE VIENNE.
en Italie , une lettre pour l'archiduchesse Marie- Louise. Cette princesse & qui était alors à Schœnbrunn , l'envoie à son père , sans même vouloir l'ouvrir. Cette lettre contenait le rappel à Paris, de Tex-impératrice , et du jeune Napoléon. Mais Marie-Ijouise, désabusée de sa grandeur passée , avait déjà déclaré qu'elle ne retournerait jamais en France , quand même l'usurpateur resterait sur le trône. C'est alors.qu'on forma à Paris le dessein d'enlever le jeune Napoléon. Ce projet , fut dénoncé par Marie-Louise elle-même; et la gouvernante de l'enfant, madame de Montesquiou, accusée de complicité, fût destituée, et mise à Vienne en surveillance. Afin de déjouer toutes les intrigues de tout genre, le fils de Bonaparte fut transféré au palais impérial àYienne. On sut à Paris tirer parti de cette translation, en répandant le bruit que c'était pour honorer le père et Venjant; et le peuple, toujours fisicile à tromper, le crut.
Bonaparte tenta de faire arriver à Vienne différens émissaires. Des individus, que l'histoire dédaigne de nommer, pénétrèrent jusque dans cette capitale , à la faveur de vils travestissemens. Ils avaient la mission de séduire la légation française, qui ne reçut les propositions insidieuses faites par ces émissaires , que pour en