‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 62 sur 214 · LIVRE ONZIEME. l3l · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIEME. l3l

une indemnité à Ferdinand. Le duc de Serra- Capriola ayant observé quHl n'était pas possible de lui trouver une indemnité pour cinq millions d'ames, le duc de Wellington répliqua que Ferdinand était maître de tenter la conquête du royaume de Naples avec ses propres forces ; mais qu'étant insuffisantes , il devait attendre , et craindre de gâter par trop de chaleur l'intérêt que plusieurs puissances prenaient à sa cause. Cependant, d'après les démarches du commandeur RufFo, le cabinet des Tuileries, en vue de £siire revenir les cours de Vienne et de Londres sur le compte de Murât, s'était attaché à démontrer que ce dernier n'avait jamais coopéré sincèrement avec les alliés, dans la campagne de i8i4; et le comte de Macas avait envoyé de Paris, différentes pièces à l'appui de cette insinuation. Au nombre de ces pièces étaient, i ® une lettre du vice-roi, Eugène Beauharnais, à Napoléon, en date du ao février 18149 portant : <x Que le roi « de Naples qui paraissait avoir l'intention de <c marcher contre les Français , et de se rendre «c aux sollicitations des Autrichiens , s'était ar- <c rêté dès qu'il avait connu les victoires de Na- « poléon des 10, ir et la février (1).»

(1) Ces victoires étaient les combats de Champaubert , de Montmirail et de Châtean -Thierry.

l3a CONGRÈS DE VIENNE.

2^ Le consul français , à Ancône , avait mandé .que Murât ^ pendant qu'il faisait le siège de cette ville ^ lui avait dit, « que la nécessité seule l'avait contraint à se réunir aux princes coalisés , Que ses intentions étaient d'autant plus

pures, à cet égard ^ qu'il était convenu que son armée ne se battrait jamais contre les Français; qu'il se rappellerait constamment qu'il l'était lui-même , et tout ce qu'il devait à son illustre beau-frère. » Dans la même lettre , le roi Murat invitait 1& consul d'Ancône à rester sans inquiétude à son poste , et à continuer ses fonctions, l'assurant, « que sa correspondance sec( rait libre, puisqu'il n'était point en guerre « avec la France. »

3^ Lord Castlereagh ayant demandé à lord Bentinck de lui faire connaître son opinion touchant les vrais sentimens de Murât, lord Bentinck avait répondu, le 7 janvier ^ 81 5, « qu'il pouvait, sans hésiter, affirmer que Murât n'avait pas rempli ses engagemens , et que sa conduite avait eu un caractère négatif beaucoup plus avantageux à l'ennemi qu'à la cause commune ; que partout il y avait une intelligence manifeste entre les troupes françaises et napolitaines; qu'on permettait aux garnisons françaises d'évacuer les forteresses, et d'aller renforcer le vice-roi dans le nord deTltalie. )> Ainsi

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