LIVRE OlfZIfCMR
entre les quatre grandes puissances et la France. La cour de Vienne , voyant que là brouillerie entre la France et Naples tendait à alluiner la guerre en Italie , remit , le a5 et le a6 février, aux légations de France et de Naples près du Congrès, une note portant : « que S. M. I. était « décidée à maintenir la tranquillité de Tltatie , a et à regarder comme ennemie, toute puissance c< qui y ferait marcher des troupes. » Cette déclaration qui au fond était favorpble à Murât, suspendit , pour quelques tnstans , ses résolutions d'aut^t plus que la cour de Vienne ordonna de porter son armée dltalie à 1 5o,ooo hommes. Mais Murât , après avoir flotté entre divers partis, se livre tout à coup à ces espérances insensées , et à cette aveugle confiance qui devaient , en peu de mois, le conduire à sa perte. Déjà il s'était permis plusieurs démarches qui l'avaient irendu suspect à la cour de Vienne et aux princes italiens. Il sentait lui-même tout 'le vice de sa position vis-à-vis du Congrès , et ses dangers du coté de la France, qui ne pouvait le laisser paisible possesseur d'un trône, apanage d'une branche de la maison de Bourbon. Divers écrits (i) publiés contre lui à Paris et ailleurs, le signalaient
fi) Voyez Des Bourbons de Napies ^ \\x\\\c\. 1814, etc. Murât essaya d'y répondre par un pamphU^t , et par des arlicles insérés dans le Journal fie Francfort.
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comme indigne d'une couronne , autant par son intrusion et ses ridicules, que par son intime liaison avec celui auquel il devait son existence. Le faible cerveau de Murât en avait été ébranlé, et se voyant menacé de descendre du trône ^ il osa attaquer l'Autriche; il ignorait vrai* semblablement qu'il agissait en sens inverse du plan adopté par Bonaparte alors occupé à persuader à la nation qu'il était d'intelligence avec l'empereur François I.
Persuadé que la cour de Vienne était d'accord avec ses ennemis, Murât s abandonne aux plus folles combinaisons , en vue de faire une dévolution générale en Italie ; et par-là il seconda merveilleusement la politique de la France, de l'Espagne, et surtout delà cour de Palérme qui pouvaient craindre que TAiitriche ne crut, par suite de ses engagemens, devoir maintenir Murât sur le trône de Naples. Ainsi, quoique celui-ci , k la nouvelle du débarquement de Bonaparte, eût déclaré aux ministres étrangers près de sa personne, et mandé à ses plénipotentiaires, qu'il persistait dans ses engagemens avec la cour de Vienne ; tout à coup, par versatilité, aveuglement ou mauvaise foi , il donne ordre à toute son armée de s'avancer sur l'extrême frontière de ses états, et ne tarde pas à porter son quartier-général à Ancône, dans l'intention de seconder, par sa diversion , les opérations de Bo.naparte. Plein d'il-