‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 69 sur 214 · LIVRE ONZIÈMK. l · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈMK. l

équivalente, du moins honorable. Murât fut un de ces hommes médiocres , qu^une fortune capricieuse élève au milieu des désordres politi* ques, mais qu'un destin plus juste se plait à renverser. ^

Par le traité général dû 9 juin 1 8 1 5 , le roi des Deux*Siciles , Ferdinand lY fut obhgé de céder au grand-^duc de Toscane la propriété des Présides et sa part de Tile d'Elbe.

Le prince de Talleyrand tenta en vain de faire ' réunir au royaume de Naples, les deux principautés de Bénévent et de Ponte^Corvo , dont la première lui avait été conférée par Bonaparte. Ces pays appartenaient au saint-siége.

Outre les cessions ioiposées par le traité du 9 juin, le roi Ferdinand, par des arrangemens particuliers avec la cour de Vienne, s'obligea à payer à cette puissance, pour frais de guerre, une forte somme d'argent, et à entretenir chez lui jusqu'à son entier acquittement, un corps de 20,000 Autrichiens (i). Mais tous ces sacrifices étaient peu de chose, en comparaison de l'inap-

(i) La cour de Vienne tint la même conduite à Tégard du pape et du grand-duc de Toscane. L'un et Vautre , en reconnaissance de ses secours, lui payèrent une somme d'argent ; et des troupes autrichiennes occupèrent , pour un tenis déterminé y Anconc et Livourne.

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préciable avantage de rentrer dans le beau royaume de Naples. Ferdinand lY ne tarda pas à regagner le cœur de ses anciens sujets par cette affabilité qui Favait toujours distingué. Le retour de ce monarque à Naples^ était aussi nécessaire au repos de l'Italie qu'à l'harmonie de l'Europe ; car la maison de France n'eût jamais ratifié le dépouillement d'une de ses plus illustres branches persécutée pour son dévouement constant à la cause des rois. Ferdinand se montra à la fois débonnaire envers ses sujets , et généreux en* vers ses amis. Le commandeur Ruffo reçut une riche dotation et le titre de prince; le feld-maréchal Bianchi fut créé duc ^ et reçut en don une terre considérable; d'autres personnes furent magnifiquement rémunérées. C'est par cette sagesse de conduite , comme par la juste sévérité dont il usa envers l'usurpateur rentré, que la couronne a été raffermie sur la tête du souverain légitime, et que les grands intérêts du Midi de l'Europe furent fixés.

L'empereur Paul !•', doué de l'esprit de chevalerie , était devenu grand-maître de Tordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, par un choix irrégulier, mais que légitimaient ses bienfaits et ces circonstances. A sa mort, Pie VIT, en qualité de premier supérieur de l'ordre, avait nommé pour grandmaître le bailli Tomasi, et toutes les couronnes

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