‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 70 sur 214 · LIVRE ONZIÈME. l5l · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME. l5l

'<»iit reconnu. Il résidait à Catane en Sicile, î Ml ait également le sacré conseil de l'or- . I os langues et les grands prieurés encore -iil^islaiis correspondaient avec lui. Ce grandniaitre étant décédé en i8o5, une assemblée de chevaliers lui avait donné, le 17 juin , pour successeur le bailli Caracciolo , Sicilien ; mais les sollicitations du cardinal Fesch , ambassadeur de Napoléon k Rome, et l^s réclamations élevées contr^ la régularité de son élection , ayant déterminé le pape à ne pas la confirmer, le conseil de Tôrâre avait nommé, pendant Ti nterrègne , un lieutenant du grand-maître, ou UeutenaM du Magistère^ lequel joui&sait à peu près des mêmes droits. La paix d*Amiens avait rendu à Tordre de Saint-Jean, File de Malte ; mais le traité de Paris du 3o mai 1 8 1 4 Tavait transportée , sans motif énoncé comme sans indemnité , à la Grande- ]fo«tagne. Celle-ci avait bien pu en i8oa', refuser d'évacuer Màlfe par l'appréhension que Bonaparte -ne cherchât à s'en empai^er ; mais , à la chute de ce personnage, les alarmes de l'Angleterre n'avaient plus de motif suffisant ; et le ddta dé Charles-Quint à la noblesse catholique de l'Europe, eût dû revenir à Tordre de Saint- Jean. Ija disposition arbitraire du traité du 3o mai, à Tégard d'un état indépendant, et renversé par le pouvoir révolutionnaire français, en haine des trônes, eut donc pu fournir matière à de

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justes plaintes de la part de l'ordre , si sa faiblesse ne lui eût pas conseillé des ménagemens politiques.

L'ordre de Malte se flattant de trouver dans le Ck>ngrès, le réparateur de ses pertes, avait envoyé à Vienne , en qualité de plénipotentiaires les baillis Miari et Berlinghieri, de la langue d'Italie. Ces ministres ayant présenté leurs pouvoirs au comité de vérification , avaient été reconnus, malgré l'avis de ceux qui ne voulaient admettre au Congrès, que les ambassadeurs des souverains ayant territoire; opinion d'après laquelle la souveraineté^ ne serait pas un droit, mais^ un simple fait- soumis aux vicissitudes de la fortune. La commission des trois langues de France, réunie à Paris, sous la présidence du prince Camille de Rohan , grand bailli d'Aquitaine , avait député à Vienne , auprès du Congrès , le bailli d'A lion ville, accompagné d'un secrétaire de légation. Les deux plénipotentiaires , Miari et Berlinghieri , et le sacré conseil de Catane refusèrent de les admettre d'après le principe que la souveraineté était dans l'ordre en masse , et non dans ses divisions. Le bailli d'AUonville n'ayant pu même se faire agréer pour conseiller de la légation maltaise , partit de Vienne fort mécontent, etleS^ Vie de Césarini y resta seul , comme député des langues de France^ qualité sous laquelle il ne put pourtant se légitimer

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auprès du Congrès. Il fut en mésintelligence ouverte avec les deux plénipotentiaires maltais ; et cette brouillerie nuisit, sous plus d'un rapport, aux intérêts de l'ordre» .

La légation française /près le Congrès, avait reçu pour instruction formelle de solliciter Corfou pour Tordre de Malte, parce que cette île, dans ses mains, n'ins{Hrait aucun ombrage. D'ailleurs, il était digne de Louis XYIII de protéger une noblesse dont une partie avait été écrasée sous les débris du trône , ainsi qu'un ordre qui avait donné à Louis XVI, dans un moment critique , une marque signalée de dévouement (i). Néanmoins le premier plénipotentiaire français se montra peu ardent pour les intérêts de l'ordre. Le comte Alexis de Noaiiles et le duc de Dalbetg qui en portaient la décoration, étaient plus disposée à soutenir sa cause, qui du reste ne fut pas traitée au Congrès. Cependant l'Angleterre , qui sentait le poids deis réclamations que Tordre avait à exercer soit à . cause de la possession de Malte, soit à cause d'un immense mobilier dont elle avait profité ,

(i) Ce monarque , partant pour Varennes, et manquant d'argent, s'adressa à la caisse de l'ordre à Paris , qui lui fit remettre à l'instant deux cent mille écus, dont le roi ne donna une reconnaissance que quinze jours après son retour de Varennes. Louis XVIil acquitta les intérêts de cette sommes

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n'avait manifesté aucune opinion positive à ce sujet. Ses plénipotentiaires au <k>ngrès se mon* traient fort enveloppés, et avaient évité d'entrer dans des explications. Il est vraisemblable que la cour de Londres eût fini par accorder au moins à Tordre de Malte des indemnités pécuniaires. Les états d'Italie, l'Espagne et la Rus* sie étaient favorables à l'ordre 4 qui pourtant manquait d^un protecteur ardent. Le pirince de Metternich avait bien promis de porter la parole en sa faveur, et de stipuler ses intérêts; mais ce ministre étant préoccupé de soins bien plus sérieux^

TjCS plénipotentiaires maltais agissaient toujours- avec une noble modération t{ui commande l'estime, mais qu'il ne faut pas qu'on puisse confondre afvec la timidité.^ Ils adressèrent , le ao septembre 1814, sm Congrès* un 'premier mémoire dans lequel, après avoir rappelé les services de l'ordre , ils sollicitaient pour lui un emplacement convenable et la re^itution die ses biens non vendus. Ils se prévalaient de )a neu* tralité permanente de l'ordre <c et /du soin qu'il «f avait porté à veiller rigoureusement au mainte tien de la preuve de noblesse dé nom et'd^ar- « rnesj de cette noblesse que le pouvoir même ne « saurait accorder, mais que le mérite fonde , et « que le tems seul consacre ; noblesse qui était

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