LIVRE DôuziànrE. ait
«mènerait beaucoup de lenteur dans la marche des affaires ; qu'ils devaient être convaincus que la principale force de l'Allemagne consistait à ne faire qu'une seule puissance, et que la défiance entre les états qui la composaient, provoquerait sa ruine. »
Les plénipotentiaires wurterobergeois remirent, le i6 noverùbre, au comité germanique, une note qui y jeta le trouble , et amena une longue suspension de ses délibérations. La note portait : « Qu'à peine les discussions sur le premier projet remis au comité, étaient commencées , que sous la forme de développemens né* eessaires, on avait voulu lui substituer un autre projet diamétralement opposé , puis un second , et ensuite un tifoisieme; que les points mêmes sur lesquels on avait été d accord généralement, dès le principe, avaient été écartés pour des vues nouvelles, et que la multiplicité de ces projets partiels contribuait toujours à éloigner de l'ob-^ jet principal sur lequel il importait de se déterminer, soit pour un rejet, soit pour «ne acceptation;
c( Que sur l'ensemble du projet il n'avait jamais été déterminé d'une manière précise, de combien de membres se composeraii la cor^édé^ ratiorty quelle serait la circonscription de leurs
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territoires et V étendue physique et politique de la confédération ;
«Que néanmoins, à la suite des propositions qui avaient été faites, on avait voulu imposer . des obligations ; qu'il avait été demandé de renoncer à des droits qui ne pouvaient être contestQ^; ce à quoi cependant on ne pouvait se déterminer qu'en considération d'avantages clairement établis qui auraient été acquis d'un autre côté. »
« La. confédération , ajoutait la note y ne peut avoir d'autre but que d'établir l'ordre et la tranquillité dans l'intérieur, et de pourvoir à la défense extérieure. Comment serait-il possible de juger si ce but sera atteint, tant qu'on ne connaîtra pas de quelle manière cette confédération sera composée, les rapports de s^es membres entre eux, les forces de chacun en particulier, et de l'ensemble de confédération; et enfin lorsqu'on ignore avec qui on se lie, et contre qui on prend des engagemens ?
a Sa Majesté se trouve sur tous ces points, dans la plus parfaite ignorance; eb quoique l'empressement avec lequel plusieurs membres de rassemblée ont donné leur adhésion à divers articles de projets qui ne présentaient aucun rapport entre eux, et qui même se contrçdi-
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saient, pourrait lui faire croire qu'iU ne sont pas dans la même ignorance sur les vues ultérieures ; Sa Majesté , par cette même raison , n a pas cru devoir suivre leur exemple. Elle a chargé y en conséquence, ses plénipotentiaires de déclarer aux plénipoieruiaires des hautes puissances t que j quelque ardent que fût son desir de concourir au but de la confédération^ elle ne poussait considérer que comme contraire au bien de ses états et aux droits de sa maison, tout ce qui -tendrait à lui faire émettre son opinion sur des parties séparées du projet, ou à lui faire prendre des engagemens auant que S. M. ne connût tout l'ensemble du projet, et quelle eût obtenu les éclcUrcissemens désirables^ etc. »
Cette note ne parut pas aux ministres d'Autriche et de Prusse , renfermer des dispositions bien favorables à l'exécution des plans qu'ils avaient présentés. £n conséquence , après s'être concertés, le premier plénipotentiaire autrichien , le prince de Mettemich , adressa , le 2a novembre, aux plénipotentiaires de Wurtemberg une réponse de sa cour, dans laquelle il disait : « Que la déclaration que contenait leur note menaçait d'apporter de nouvelles et graves difficultés à la conclusion si désirable du projet d'un acte d'union pour l'Allemagne. »
a £n présentant, observait le prince de Met^
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temich , le plan d'un système de fédération germanique j les plénipotentiaires d'Autriche et de Pnisse n'ont pu perdre de vue que l'on avait à considérer deux questions capitales :* savoir ^ i"" l'état territorial des puissances qui doivent former l'union germanique; a^- la constitutiob politique de l'îinion elle*méme. Mais comme la fnremière question rentre dans les arrangemens à prendre pour la reconstruction de l'empire d'Autriche et de la nâonardite prussienne , et pour la détermination des frontières des autres états allemands, il est incontestable que cette matière appartenait aux grands travaux euro* péens sur lesquels le comité allemand n'était point appelé à prononcer.
« Le désir exprimé dans la note wurtembergeoise, de vouloir remettre la décision de la question politique après la fixation définitive des compensations territoriales^ serait la même chose que de vouloir différer jusqu'à la fin du Congrès , l'important établissement de l'union germanique. Une pareille intention étonnerait d'autant plus les plénipotentiaires d'Autriche et de Prusse, qu'ils ne peuvent se dissimuler que la conclusion si désirable des affaires du comité allemand, a été principalement arrêtée (comme les protocoles des séances le prouvent), par l'opposition du Wurtemberg à la plupart des