LIVRE DOUZIÈME. 2I
fédératif , l'intérêt de l'Europe exigeait que ce lieu existât, et s'opposait à ce que l'Europe per* mit qu'un état allemand put par sa séparation d'avec l'union , combattre le bien général ; comme il s'opposait à une séparation indirecte, en rejetant les moyens qui seuls pouvaient conduire au but proposé. »
Les plénipotentiaires de Wurtemberg, dans une note du a4 9 ^Q réplique à la précédente , après avoir témoigné qu'on n'avait pas envisagé leurs observations sous leur vrai point de vue , disaient en substance « que le roi de Wurtemberg, persuadé depuis long-temps de la néces* site et de l'urgence d'une étroite union entre les états allemands , avait déclaré qu'il était prêt à entrer dans une fédération, qui, si on ne voulait point en changer la nature, devait reposer sur un accord libre, et qu'il n'avait jamais cessé de montrer ces intentions;
«Qu'en conséquence, S. M. n'avait fait aucune di£Bculté d'accéder aux dispositions essentielles, proposées dans la séance du 16 octobre, mais que les autres disposition^ devaient nécessairement être séparées des principes émis dans le projet soumis aux délibérations par l'Autriche , d'accord avec la Prusse ;
« Que S. M. avait ainsi donné une preuve irrécusable de son adhésion, et de l'admission des
3l8 CONGUès DU VIENNE.
bases du projet présenté, et que les observations ne portaient que sur des modifications également désirées par d'autres puissances ; « Que non seulement les plénipotentiaires de Wurtemberg ne s'étaient point éloignés des dis* positions essentielles de l'acte d'union , mais qu'ils avaient même présenté des vues d'ordre en parfaite harmonie avec le projet dHinion;...
« Que dans la note wurtembergeoise du i6 no^ Vembre, on avait témoigné le désir d'avoir un aperçu général du nouveau plan, d'après les chaitgemens faits dans le premier, parce qu'un examen approfondi et une comparaison sévère avaient prouvé que ces changemens modifiaient jusqu'aux parties essentielles du premier plan; qu'ainsi, on avait d'abord accordé au premier conseil exclusivement comme pouvoir elcécutif , la décision de la paix et de la guerre, et que la division des états allemands avait eu lieu en cercles; mais que lé premier point avait été changé, et que le plénipotentiaire arutricfaien avait proposé une autre espèce de division qui n'avait pas même été encore discutée ;
« Que Ces divers changemens avaient fait naturellement désirer qu'il fut communiqué un plan général contenant les nouvelles vues qui , énoncées par rapport à quelques articles, n'étaient que simplement annoilcées à l'égard d'un
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autre; ce qui justifiait la dédaratioh des pléni* potentîaires wurtembergeois d*étre hors d*état de prendre une réscrfution sur des dispositions isolées, avant que Veosemble des nouvelles vues ne donnât le moyen de juger de leur enchaînement; opinion partagée par tous les membres du^ comité, de sorte qu'il avait été convenu unanimement dans les douzième et treizième séances , de dresser un tableau des projets , déda» rations et dispositions présentés jusqu'alors; que rAutriche et la Prusse s'étaient occupées égale* ment de ce travail, et que Wurtemberg avait en** trepris d'en faire un dans le même but. » En conséquence, lesplénipotentiaires de cette puissance se croyaient obligés, autant par l'importance de la diose que pour eux-mêmes, de repousser l'inculpation dirigée contre eux dans la note autrichienne, et ils renouvelaiait leur déclaration du f 6. '
On ne peut nier la force des raisons alléguées par le plénipotentiaire autrichien sur la nécessité de poser les bases du pacte fédéra tif germanique avant la distribution définitive des territoires et la fixation dçs nouvelles limites, puisque tous 'les états de quelque importance àdmisii ce pacte, étaient déjà connus, et ne pouvaient être que légèrement modifiés dans leur étendue et leur puissance. Ne vouloir s^occuper
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du pacte fédératif, que quand toutes les distributions territoriales auraient été arrêtées, équivalait à un ajournement indéfini de ce pactç. La Bavière et le Wurtemberg craignaient de perdre des droits inhérens à la souveraineté , et demandaient quels avantages balançaient cette perte; mais ces avantages se trouvaient dans la sûreté et la garantie résultant du nouveau pacte. I^ Wurtemberg, en particulier, n'ayant que i,3oo,ooo âmes, se trouvait à cette époque menacé par plus d'un ennemi à cause de ses accroissemens subits. Voisin d'états plus puissans , il ne pouvait que gagner infiniment à être affilié à une confédération protectrice de son existence. Peut-être le roi de Wurtemberg se flattait-il qu'il pourrait se soutenir par des alliances particulières; mais de telles alliances ne sauraient avoir la solidité et la durée d'une fédération. Il peut arriver des crises où un état qui n'a que des rapports particuliers, et non des liens généraux, soit même sacrifié par. des alliés temporaires.
Les plénipotentiaires wurtembeçgeois fondaient encore l'adhésion sur une entière liberté des contractans; ce qui semblait indiquer que leur souverain pouvait à son gré, se séparer de ses co*états; prétention inconstitutionnelle. C'est ici que l'argument de la majorité contre la minorité se reproduit dans toute sa force, llest vrai