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AU MONASTÈRE DES AUGUSTINS

Pour la commodité d'un chacun, mesmes d'autant que rintention des confrères est d'employer une partie de leur dévotion en aulmosnes, et qu'entre les quatre mendians, ledit monastère des Augustins se trouve grandement nécessiteux pour aucunement subvenir leur pauvreté, sera la dicte confrairie exercée en la dicte Eglise et monastère des Augustins.

Auquel lieu, tous les dimanches de l'an, de 9 à 10 heures do matin, se célébrera une basse Messe, par l'un des religieux de lii ditte Eglise, où il fera prières pour le Roy, et les Princes, estât et conservation du Royaume, et pour la paix et union de l'Eglise Chrestienne et Catholique, et pour l'âme des fidelles trespassez^ et spécialement pour les confrères décédez. Au commencement de laquelle messe il y aura eaue benitte, et y assisteront les dictz confrères (si leur est possible, et selon leur dévotion) pour unanimement louer et prier Dieu.

Aussi tous les derniers dimanches de chacun moys se célébrera à pareille heure, et à mesme intention une grand'Messe avec la Musique et les Orgues : en l'assistance des dictz confrères.

Auquel jour chacun d'eulx en son ranc et ordre fournira d'un pain benist et d'un cierge de la valleur pour le moins de [en blanc dans V original).

Lequel pain benist, sera distribué ausdictz confrères présens,

(1) Nous avons cru devoir f:-iiie figurer ces Statuts parmi les documents qui se rattachetit à rÉtablisscmcnt du Conservatoire.

lesquels aussi feront leurs offrandes et oblations es mains du prestre qui célébrera la messe, chacun selon sa dévotion.

Et où il adviendroit que Tun des dictz confrères, estant en son ranc et ordre de fournir ledict pain besnit, fut lors absent : les raaistres de la ditte confrairie seront tenuz de le fournir et advancer des deniers d'icelle confrairie, à la charge de s'en faire rembourser par le dict confrère estant de retour, dont sera faict registre.

Chacun an le vingtuniestne jour de novembre^ vigile de sainte Cécile, s'assembleront les dictz confrères, pour assister à vespres et compiles qui se diront solennellement en la dicte Eglise des Augustins, avec la Musique et Orgues, et ainsi qu'il sera advisé par le superintendant, qui en prendra la charge et conduicte.

Et le lendemain jour et feste sainte Cécile, se célébrera aussi solennellement, une grand'Messe, avec la Musique et les Orgues, auparavant laquelle sera faicte procession autour du dict monastère des Augustins, et sera baillé à chacun des dictz confrères, un cierge blanc qui sera présenté à l'offrande, et se feront telles prières, et à mesme intention que dessus : comme aussi se diront le dict iour, Vespres et Compiles solennellement.

Après lesquels Vespres et Compiles, se diront Vigiles des morts, ^peciallement à Tintention des confrères décédez, et le lendemain un obit solennel à mesmes fin.

Et pour obvier au désordre et confusion qui pourroit intervenir en ces prières solennelles, mesme en la Musique et Orgues : aucun Musicien, quel qu'il soit, ne s-ra receu pour chanter en la dicte assemblée, s'il n'est devant appelé et invité à ce faire par le dict superintendant, qui pareillement déléguera tel qu'il advisera pour toucher les dictes Orgues.

Seront avertis tous bons et excellentz Musiciens de ce Royaume, et autres : d'envoyer si bon leur semble, au dict iour et Vigile Saincte-CécîVe, quelques Motelz nouveaux, ou autres Cantiques honnestes de leurs œuvres, pour estre chantés : afin de cognoistre et remarquer les bons autheurs, nommément celuy qui aura le mieux faict, pour estre honoré et gratifié de quelque présent honorable ainsi que l'on advisera.

Après le décès de lun des dictz confrères, l'on célébrera en îa dicte Église des Augustins un obit solennel pour le repos de son âme : Auquel obit seront invitez tous les confrères qui se trouveroni le dimanche prcsc dont à la messe ou bien en leurs maison?

pour y assister si bon leur semble, et faire prière à ceste fin, si la confrayrie en est priée par les héritiers du defunct, auquel cas, ils seront tenus contribuer pour le dict service.

Pour faciliter toutes choses qui dépendent de la police d'icelle confrayrie, y aura quatre maistres du corps d'icelle confrayrie, et néanmoins d'an en an, après le divin service faict et célébré le dict iour de Saincte-Cécile après Vespres et Complies, sera procédé à l'élection de deux nouveaux maistres, qui exerceront la dicte maîtrise, auec les deux anciens qui demeureront, lesquels anciens ad- ' iiinistreront les deniers d'icelle confrayrie, et seront tenuz rendre compte de leur administration , ausdictz quatre maistres qui leur .succéderont.

Auquel compte , seront pareillement appelez quatre notables personnages delà dicte confrayrie tels qu'ils seront nommez, lors que Ton procédera à Télection des dictz nouveaux maistres.

Sera fait registre des Musiciens, qui seront à présent destinez et à l'advenir pour la célébration du dict divin service, en la forme (|ue dessus est dict. Et toutefois selon que l'occasion le permectra, les dictz maistres et superintendant en pourront adjouster, tel que bon leur semblera. Tous lesquels seront receuz et enregistrez comme confrères, sans rien payer, si bon ne leur semble.

Nul ne sera receu confrère en icelle confrayrie, sans le congé et consentement des dictz quatre maistres et superintendant.

Et pour fournir aux frais nécessaires, pour Tentretenement des choses susdites, et satisfayre aux bienfaitz et aumosnes, qui se feront annuellement : chacun confrère entrant en la dicte confrayrie, payera pour Tentrée, la somme de deux escuz : Et chacun an, le dict iour ou vigile Saincte-Cecz7e, un escu.

Faict à Paris , le dix-huitième jour de May mil cinq cens septante-cinq.

Sigjié : Henry.

Et plus bas : De Neufville.

Et au dessoubs est escrist :

Registre, oy surce le Procureur gênerai du Roy, pour jouir, par les impetrans, de l'effect et contenu en icelles.

A Paris, en Parlement^ le vingseptième iour de luin, Tan mil cinq cens soyxante quinze.

Signé ; Du Tillet.

Ensuit la teneur des lettres du priuilége octroyé par le Roy, et vérification d'icelles en la Cour de Parlement.

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et de Pologne. A tous présens et advenir salut.

Comme sur toutes les choses que nous ayons jamais eu en sinsingulière recommandation, ayt esté, et soit d'aymer la vertu, caresser et fauoriser ceulx qui Tensuyvent, chacun en son art et vacation, et ayant tousiours (ensuyvant les vestiges de nos prédécesseurs Roys de France) tant honoré la Musique, comme Tun des sept arts libéraux, nécessaire et utile à la P.epublique : que nostre Chapelle en soit encores de présent aornée et décorée, pour le service de Dieu, et de son Eglise très chrestienne et catholique, delàquelle sommes protecteur et defîenseur : et mesmes ayons esté advertiz, de la bonne et saincte délibération, que les Musiciens, zélateurs et amateurs de musique, ont à présent d'instituer, ériger et fonder à perpétuité, en TEglise et monastaire des Augustins, de ceste nostre bonne Ville de Paris, une société en confrayrie, à l'honneur de Dieu, de la Vierge Marie, et de Saincte Cécile, pour y faire dire, chanter et célébrer le service divin à tel jour, ou jours qu'ilz adviseront entre eux. Ce que toutefois ils n'ont voulu entreprendre, sans avoir sur ce nos congé et permission, qu'ils nous ont très-humblement supplié leur vouloir octroyer.

Scavoir faisons, que nous inclinant libéralement à Phumble supplication qui nous en a esté faicte , par aucuns de nos spéciaux seruiteurs pour estre telle entreprise si saincte et si louable, laquelle ne peut que réussir à bonne fin, et à Thonneur de Dieu et de son Eglise.

Et après avoir faict veoir en nostre conseil priué, les articles de l'institution d'icelle société et confrayrie, signez et approuvez par aucuns de noz principaux officiers en nostre cour de Parlement, cy attachez soubs nostre contrescel, les avons louez, ratifiez et approuvez, etc.

Si donnons en mandement à nos amez et féaux conseillers, etc.. Que ces dictes présentes ils facent garder et observer Nonobstant quelconques edictz et ordonnances à ce contraires : signamment celles faictes en l'assemblée des estats tenuz à Orléans,

par lesquelles nous aurions deffendu telles associations, et assemblées, etc.

Donne à Paris, au mois de May, Tan de grâce 1575, et de notre règne le premier.

Signé : HE^RY.

Et sus le reply, par le Roy,

De Neufville.

Et à cosle Visa, Contenter le Roy.

Et scellées en laz de soye rouge et verd, en cire verd, du grandscel. Et sus le dict reply, est encores escrit ce que s'ensuit.

Registrees, oy sur ce le Procureur General du Roy, pour jouir par les impetrans, de Teffect et contenu en icelles.

A Paris, en Parlement,, le 27® iour de luin, Tan 1575

Signé : Du Tillet.

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