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CHAPITRE XXXIX

BATAitLEd DE LUTZEI7 ET DE BAUTZEIV (1813).

MMOIAMB.

Départ de TEnipereur pour sa campagne de Sate. — It arme à Erfurlh qui lui rappelle les jours les plus fastueux de sa puissance. '— Tout est chaugé pour lui. •— Parmi les souverains qui l'entouraient , les plus puissants sont ses ennemis déclarés , les plus faibles sont des alliés suspects. — Dénombrement des forces nouvelles qu'il a pu rassembler. — Ardeur de la vieille, de la jeune garde et des conscrits. — Tout se dispose pour une bataille à Lutzen.»^ La mort du général Bessiére parait une sinistre ouverture de la campagne. — La bataille se livre à Lulzen , tombeau de Gustave-Adolphe. — Phénomène d'une victoire remportée presque sans cavalerie ; victoire peu décisive , mais qui permet à Napoléon d'entrer à Dresde. — Bataille de Bautzen ; elle est gagnée sur deux théâtres à la fois. — Enthousiasme des deux armées .produit par deux mobiles différents. ~ La victoire n'est obtenue qu'après trois journées de combat. — Mort du maréchal Duroc et du général Bruyère, -r Profonde a£Qiction de Bonaparte.

Napoléon 9 après avoir conduit avec une activité merveilleuse ses préparatifs pour une nouvelle campagne 9 était poursuivi par la crainte qu'un nouveau Malet ne vînt encore dans son absence ébranler son trône , et faire oublier aux Parisiens qu'il existait une impératrice et un roi de Rome. Il se prêtait à regret à la nécessité

BATAILLES DE tUTZEIT ET I» BADTZEN (1813). Ii9

d'une r^ence^ mais elle lui était démontrée par ce triste épisode de son règne. Le caractère de Marie-Louise 9 à laquelle cette régence devait être dévolue^ ne lui inspirait ni grands motifs de sécurité ni grands motifs de crainte. Rien n'annonçait dans cette princesse une héritière de sa glorieuse bisaïeule Marie-Thérèse ^ et la destinée devait la faire passer par de plus cruelles épreuves. Elle en porta légèrement le poids. Tendrement chérie de son époux ^ pour lequel elle montrait plus de déférence que d'amour^ elle restait fort étrangère à la cour, au peuple et encore plus aux affaires. Mats le nom de la fille des Césars, qu'on lui donnait par une métaphore à l'usage des cours, avait une soleo* nité imposante. Un tel choix devait flatter l'amour paternel de l'empereur d'Autriche, qu'on avait alors un si puissant intérêt à séduire. Le cabinet de Vienne pouvait espérer trouyer en elle, si son crédit s'établissait, une habile mais dkerète auxiliaire de ses deisseins politiques* La régence lui fut décernée par un sénatus^-con* suite que le public et cette princesse même psH nïrent recevoir avec une complète indifférence. La grande image de Napoléon se présentait seule aux esprits , et lui vivant, on ne pouvait plus imaginer une autre autorité que la sienne.

120 HISTOIRE DE L*£|IPIRE.

L'Empereur, parti de Saint-Cloud le 1 5 avril 4811, était arrivé à Mayence le 16 à minuit. On eût dit que Tardeur de sa volonté suppléait au secret de Fulton, qu'il avait eu le malheur de dédaigner. Dès le 25 il couchait à Erfurth , dans ce même lieu où il avait siégé en grand suzerain de l'Europe, ayant à ses pieds tant de princes, tant de rois, et à ses côtés l'empereur Alexandre, son ami. Ces princes ne viennent plus lui faire une si humble cour, mais ils lui sont encore fidèles en dépit de l'arrêt de la for* tune et du cri de leurs peuples. Aucun d'eux n'a mis du retard dans l'envoi d'un nouveau contingent par lequel il a fallu remplacer celui que les neiges du Nord ont englouti. Le roi de Wurtemberg s'est signalé par son zèle de courtisan. Il s'honore d'avoir avec TEmpereur une correspondance assidue , dans laquelle il s'établit le surveillant ombrageux des rois et des princes vassaux comme lui, et dont il imitera bientôt la défection. Ce qui cause à l'Empereur une satisfaction plus légitime, c'est de voir avec quelle promptitude et quelle intelligence ses ordres sont exécutés. Ses soldats ont volé vers lui des sommets de l'Apennin et des rivages de la Baltique. Les conscrits vont être en foule dans sa nouvelle armée. Ce n'est pas pour lui un

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