‹ Histoire du consulat et de l'empireChapitre 12 sur 51 · BATAILLES DE LUTZEM ET DE BAUTZEN · texte numérisé non relu

BATAILLES DE LUTZEM ET DE BAUTZEN

cercle des manœuvres qu'a conçues l'Empereur. Quatre corps d'armée sont à sa disposition ayant qu'il ait opéré sa jonction avec celle du prince Eugène. Les chefs sont Ney pour le troisième, Bertrand pour le quatrième; le sixième est aux ordres deMarmont, dont nous yenons de voir la blessure et les malheurs auprès de Salamanque; et le douzième est sous ceux d'Oudinot. La liste des généraux de division rappelle une foule de faits éclatants. Le maréchal Soult, que nous avons laissé sous les murs de Cadix ^ figure dans cette armée, où il a été appelé par l'Empereur sous le titre de major-général. Mais le péril extrême de nos armées dans la Péninsule, déjà rejetées au delà de l'Èbre, exige qu'un général de haute renommée soit opposé à Wellington ^ et Soult reprendra un commandement qu'il rendra encore une fois, mais stérilement glorieux pour nos armées.

C'est à des historiens militaires qu'il appartient de retracer et de juger les belles manœu^ vres par lesquelles l'Empereur opère sa jonction avec Farmée d'Eugène. Celle-ci est composée de trois corps sous les ordres des maréchaux Victor et Macdonald et du général Lauriston. Macdonald, dans sa marche d'avant-garde, a goûté le plaisir de culbuter le corps prussien du

général Yorck^ dont la défecti<m Ta placé dau nne situation fii périlleuBe. L'avant-garde die te grande armée obtient deux succès plus décisif» sur celle des Russes. Us sont dus à rimpétuosité du général Souham , que nous avons vu figurer ayee éclat daoB les premières campagnes de la Révolution , et que Napoléon avait cessé d employer. Cette avant-garde, divisée en quatre carrés distants de cinq c^its toises^ et dont les intervalles ne sont remplis que par quelque» escadrons de cavalerie badoise, maU soutenus par une artillerie imposante ^ a fait reculer en désordre de beaux régiments et une cavalerie qui insultait à de si faibles ennemis. C'est ks coup d'e»3ai de nos jeunes conscrits. «Nous n'aurions pa» mieux fait, j» disent les vétéraM de la ganie elle-même. La jonction » opère^ M le Tainqumir dléna s'applaudit de pouvoir ti* vrer encore bataille avec quafare-vingt mille <m quatm^vio^t-dix mille boeames qui lui lOat sii£Gl peur tantde triomphes. Mais sa joie est troub^ par «ïie perte craelk; c'est eeïle du Biaréiè«i BessîèTOy qui senirlait ne r^piner qm ppur h serviee M la ^k>ire de sso E^dapeneur. ftenv^asé par un pieukr boulet^ il a lété frappé par Wl seceod qm a terminé «eette «arrière de 4éif am» «est*

BàTAILLES DE UDTZeH ET M BAU1EEN (1813). 121

Il faat que Napoléon s'arrache à ses regrets; riiAiire de la çfande bataille a sonné. L'avanlgarde de Sonham s'est emparée de Lutzeo^ et Napdéon Yy a suiyie avec toute son armée. Nni lieu n'est plus célèbre dans les fastes militaire : c'est là qne se sont mesurés comme deux lions ce grand Gustave-Adolphe , créateur du savoir militaire ehes les modernes^ et ce comte de Wallenstein^ si longtemps redouté desesemie* mis, de tous las peuples de l'Allemagne et de eon maître^ Le premier y a été enseveli sous les derniers drapeaux qu'il devait conquérir. Na^ poléon s'enflamme encore par ces grands soa«venirs. Du premier coup d'oeil il a conçu toutes ses dispositions; JXey et les autres maréchaux les exécutent comme s'ils les avaient eençuee ^Ormém^s* Ce n'est pas seulement par un brit laat courage^ c'est par des marches habiles et des xBAMBvtvres ea ifuelque sorte improvisées qoe les (conamts ont dé)à r^ndu à l'espoir ds ^rand lawiaie. C'est Ney qui va dnaduire lew prunier eboc; quel bonheur pour eux de mnv iàer SMS ks lois du vainquenr de la Ifosîkeiia, de Yimm&tid héros de la reiraâle I Napolten vent isûraUser d'ardânr ame lui; i^iodlle ass rep^âeaataÉkMis de ms gé^éraax^ et vonUnt ' tait le fiw dct aniase dass

128 HISTOIRE D£ L'EMPIBE.

conscrits 9 il brave tous les périls. Macdonald se tient prêt à seconder l'attaque du maréchal Ney ; le prince Eugène et Lauriston les appuieront ensuite dans un ordre savamment combiné. Une vaste plaine se couvre de carrés fermes pour soutenir l'attaque , mobiles pour charger l'ennemi à leur tour. C'est l'artillerie qui fait leur principale force; les ennemis n'ont à cet égard aucun avantage sur l'armée française, ou plutôt il lui appartient, si ce n'est par fe nombre des pièces, du moins par la justesse du coup d'oeil et la prestesse inouïe des mouvements de nos artilleurs. Les efforts de Wittgenstein ont été vains pour déborder la droite du maréchal Ney et pour s'emparer de Lutzen. Ney, qui voit tomber autour de lui son chef d'état-major, le général Gouvé, plusieurs généraux, dont deux sont amputés, un autre, le général Gruner, tué, se défend, attaque et poursuit comme si nul boulet ne pouvait l'atteindre. L'ardeur semble égale des deux côtés : ce sont deux jeunes armées qui se combattent , car l'ennemi aussi a eu à réparer les pertes énormes de la campagne de Russie. L'armée prussienne compte surtout un très-grand nombre de volontaires fournis par les universités, par les collèges, par de jeunes prêtres et de jeunes professeurs.

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