BATAILLES DE LUTZEN ET DE BAUTZEN
Ils portent ce drapeau noir qui exalte leur ven« geance au souvenir de leurs parents et de leur reine adorée Louise de Prusse. Sur un autre points l'affaire est encore plus vivement dis* puiée; Tennemi s'est emparé du village de Kaya, qui compromet notre situation. C'est par des efforts obstinés et avec une grande perte que le prince Eugène et le maréchal Marmont sont parvenus à le reprendre. La vieille et la jeune garde ^ et la terrible artillerie, décident enfin la retraite de Tenùemi à la chute du jour. Nulle des victoires de Napoléon n'a reçu moins de trophées éclatants : peu de prisonniers , point de drapeaux y de canons, de bagages; et cependant, il n'en est aucune qui atteste autant la puissance de son génie et de son caractère. Remportée sans cavalerie, par des conscrits, par quatre-vingt-cinq mille hommes contre une armée qui en compte plus de cent mille, elle est considérée comme un phénomène militaire, fait pour frapper d'admiration et Gustave et Wallenstein s'ils se sont réveillés sur ce champ de leurs combats. Les manœuvres qui l'ont précédée sont un objet d'étude pour tous les homnies de guerre. On admire par quelles combinaisons ou par quelle suite d'heureux accidents Tarmée française a pu, dans le moment n 9
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décisif, se trouver forjpaéoren ua croissait dont k)8 deux coins victorieux enveloppaient une armée supérieure en ncHubre et forte en cava^ lerie* C'est ainsi que s'était ternimée la bataille de Cannes 9 chef-d'oeuvre d'AnnibaU Une grande extermination d'ennemis en avait été la suite.; ici f avec l'inégalité des forces, la merveille était d'avoir pu tenir ferme et de viuncre. La bataille s'était livrée le 2 mai, dix-sept jours après le Répart de Saint-Gloud, avec une armée qui semblait sortie de terre et rappelait les souvenirs de la Fable.
Il est bien vrai qu'après cette journée les deux armées triomphaient chacune de son côté, et le canon annonçait la victoire à. j^rlin, à Pétersbourg, tandis qu'il en proclamait une plus réelle à Paris. Le résultat ne put laisser aucun doute. Huit jours après, Napoléon rentrait à Dresde, d'où Alexandre et le, roi de Prusse avaient été forcés de se retirer après avoir œ** nonoé une. victoire.
Ce n'est point là un résul);at qui puisse prom^ttxe une paix prochaine dont la France est avide. Cette Autriche, qui veut appayer sa préteodue œàdiatiiQn par une armée de trois Mat wiUb^lumiMs, garde encooe sis sûrs altîen. U &at'uae oouveUe victoire. fNwr la: doûder. Na^
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p^léoa y ¥d16 , et quelle «st sa joie loi^ il u^ fSBuà que Tannée «lliée TatteDd sur les bords de laS^rée, dans une positÂtm beaucoup plus locte que œlle de Lutzen et où les retranebemeiils les plos habiles sont éleyés ici sur un tareaia faageux, là sur des hauteurs escarpées d'où sa puissante artillerie peut foudroyer une armée migagée dans des ravins tortueux ! Elle y sera cependant attaquée , et ce qu'il y a de mieux ^ elle y sera tournée par des marches qui échapperont à sa surveillance.
L'Empereur était descendu aanleBioas de luinKèrae dans la guerro de ftusBÎe. Si l'on de* mande qui dans cette csœipagne désastreuse a vamiaé le plus grasid xuuractère^ l'histoire, édio de tons nos braves, répond : k CûsI; le mare* filiialJ>fey. » Maintenaait Napdéon est redevenu le rfOttne Bonaparte; il ne cède pointa cette astentation xle evurage que mimfarait le roi de Nbfdes^ lûraqu'ainec soii aigrette fibUjuate.et la pooiïpre de son manteau reyal £1 serablart s» déngiter aux eoups de l'enn^ni. iC'est un eoutagepbis cainie, plus réfléchi, cdui 4'iiq gé* la^si qui, portaait avec lui le destixi de son OHfm, «t ■» raeidattt deraiit aucmi édmget, ae pemetpas ifoe l'on recule. C'est d'«n air èigB^ ip'il teste 4eB efforts que fon jugerait
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impossibles. 11 a des saillies de gaieté; il a tu des soldais italiens se baisser à la rencontre des boulets : « Poltrons , leur dit-il, le canon ne fait point de mal. » Lorsqu'il voit ses disposi* lions bien comprises , bien exécutées, il s'en* dort au milieu des batteries du ^maréchal Marmont. Il applique sa lunette sur tous les points deThorizon; écoute et, charmé du bruit lointain des canons, il voit que sa grande manœuvre s'effectue et s'écrie , ou plutôt il chante : « La victoire est à nous. »
Voyons maintenant Tefifet de ses dispositions. Toute la journée du 21 mai a été employée à déloger l'ennemi de la forte position qu'il occupe en avant de Bautzen. Le succès de ses différentes attaques n'a été que partiel. Les maréchaux Oudinot, Marmont et Macdonald n'ont pu parvenir qu'à rejeter l'ennemi dans les lignes de son camp retranché. Un corps d'élite de l'armée russe, sous les ordres de Miloradowitclj^ a soutenu l'effort de notre armée; mais il a été forcé de se icplier après avoir souffert une grande perle; Blûcher est resté Immobile et se croit inexpugnable sur les hauteurs qu'il occupe avec l'armée prussienne; La nuit sépare enfin les combattants, a A demain donc la vie-* toirc; » dit Bonaparte en souriant/ car il tient
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déjà la manœuvre par laquelle il va Topérer; et la constance de Blucher n'a fait que seconder ses desseins.
Le lendemain, Tattaque recommence avec une vigueur apparente. Le maréchal Oudinot a jeté un pont sur la Sprée^ et Bliicher parait menacé d'être tourné dans sa position; mais ce n'est point là l'effort sérieux de notre armée. Bonaparte a voulu rester maître de choisir le champ de bataille qui lui convient. Pendant que l'action reste encore engagée versBautzQUi il fait filer la plus forte partie de ses troupes vers Wurtchen , distant de cinq ou six lieues* Le corps de Lauriston ouvre la marche. 11 a été aperçu par Blucher, qui se prépare à repousser ce nouvel adversaire» Lauriston s'est détourné; il se joindra au maréchal Ney . C'est une armée de soixante mille hommes qui va livrer sous Wurtchen une nouvelle bataille. Blttcher a senti quel danger le menace sur son flanc ; il abandonne à regret tant de beaux ouvrages, qui la veille ont fait sa protection et sa gloire ; il marche vers le maréchal Ney qui culbute tout sur son passage. Alors les généraux Soult, Marmpnt, Bertrand, Latour-Maubourg, Macdonald, se pré* cipitent. La jeune garde, sous les ordres de Mortier, fait des prodiges de valeur. Le camp
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refiralnehé est emporté; vais Black«r, protégé par m tavalerie^ a pu se retirer dans le plus bel ordre. Napoléon en frémit; eepenâaoÉ il espère encore envelopper l'arrière-^gaEde^ La nuit le force à renoncer à son attaijoe;. ii fiant un troisième jour ponr compléter cette Tkteics et lui donner des résultats dignes de lai* La perte paraît égale des deux cètésf on révaloe à dix mille hommes amis ou ennemis, tms eo blessés. Cependant Napoléon ^ent faire aesaer baiil une victoire qui ne lui laisse (fa' une satia^ IkctioB fort troublée d'inquiétude, et voici le décret qu'il dicte dans sa tente p^idan4; la n«t :
(f Un monument sera élevé sur le moBtCnsnie^ eemme un tém^gna^ de kureeennanssaïKe d» rEmpereur envers ses peupies' db Fl-anee et â'Italie. Ce monument transmettra d'âge en âge le souvenir de cette grande époque, e4 en trorn moîe douze cent mille kommes on(; couru an armes pour assurer l'intégrité' de rËmpive&sHV çais. n
Ce décret fastueux psn^t se ressentir chi tteuble qui suit le' combat. H »'en; flaUait' d« beaneoup que douze cent milie bonunes sefti» sffiiit levée à sa v>eiX| et surtout mec k< tonas f ésoluti^Hi de ne rien pwdre d'un Emptte< qsi n'étendait jlsNpi'i Roauiy Ajttatetdbm et fin»^
BATAILLES OB' tlïTZBN ET DB BAtlTZEN (1813). US
bbui^g. On démêle ici rintention de trompef les alliés sur ses forces; mais cet artifice était démenti par le témoignage de leurs yeui. Une ÎBSeription aurait paru plus digne de ce mo^ miment et plus caractéristique des deux ex^ ploits nouveaux qui venaient de s'accomplir. Il eût été beau de lire : u Napoléon à ses jeunes conscrits et à ses vieux compagnons d'armes, en souvenir des victoires de Lutzenet de Bautzen.» Bien de plus étonnant dans Fhistoire que la promptitude avec laquelle s'est accomplie l'éducation militaire dans la Révolution et dans l'Em» pire, depuis Jemmapes jusqu'à Lutzen, depnis les petits et fougueux Carmagnoles de Dumou*^ riez jusqu'à ces savants conserits de Napoléon, qui ont étudié et coneu' l'art de la guerr^î d^étape en étape. La jemie gsfrde avait éfé'snr^ tdut ^n objet d'aâihira;tion pour nos généraux. Les grognards de la vieille garde, qui avaient échappé à tous les fléaux de Mbseou et à qua<-^ râ»te batailles, se montraient àussé lestes, aussi dififpo& -que lewr jeunes compagnons, et ceux<^ semblaient - avoir reçu l'inspiration , le * s«roir de leurs «vétérauBé Cependant dans cettt^ armée réj^it^^pour la'secondci fois un grand désir de la paix» Était-ce fàti^uB dé la part des vieux généraux; tin^besoin' de j6uiî^ des douceurs-de
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la famille^ des splendeurs de leur établissement, et enfin des délices de Paris? On Ta beaucoup dit; on en a fait presque un reproche à ces martyrs glorieux et dévoués de la guerre. Non, leur grand sens leur disait que le terme des grandes prospérités était arrivé pour leur Empereur. Dévoués à la patrie, ils s'identifiaient à ses vœux, à ses besoins. Tels on les avait vus à la brillante ouverture de la campagne de Moscou, tels ils se retrouvaient maintenant dans la Saxe. Le mot ce arrêtons-nous! » glorifié par la victoire, était le cri de la sagesse et du dévouement à leur chef suprême. Lejars nombreuses cicatrices et vingt titres de gloire, leur donnaient le droit de le proférer. C'était pour eux un cruel souvenir que de Tavoir vainement fait entendre aux oreilles du conquérant à Yitepsk et à Smolensk. Cependant ils brûlaient autant que Napoléon d'ajouter à cette victoire de Bautzen des résultats qui pourraient promettre une paix honorable, dût-elle être achetée par des sacrifices dont la nécessité n'était que trop démontrée. Le mot que Napoléon avait inscrit dans son projet de monument les inquiétait, vu l'exirême extension qu'avait reçue cet Empire, grossi des trois bonnes villes, Rome, Amsterdam et Hambourg. Et puis, faudrait-il garantir